‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 193 sur 390 · COSMOGONIQUE DE · texte numérisé non relu

COSMOGONIQUE DE

L’'ABBE MOREUX

Un RESSORT der

ntre déroulé en DOUBLE SPIRALE

Que se passe-t-il donc en ces circonstances? Un fait très simple : l’astre a rencontré sur sa route un de ces nuages sombres qui pullulent dans le ciel et qui sont probablement composés de substances analogues à nos bolides et à nos étoiles filantes. C'est le choc formidable de l'étoile contre ces météorites qui a engendré cette luminosité inaccoutumée, et une nébuleuse s'en est suivie.

Quelle est, alors, la cause qui préside à l'ordonnance des spires divergentes? Il y a quelques années, on pouvait croire à des jets s’'échappant de l'astre en rotation; mais il fallut vite renoncer à cette idée lorsqu'on se rendit un compte exact de l'échelle des grandeurs. Méme dans notre minuscule système solaire, Neptune, la dernière planète connue, se trouve à quatre milliards et demi de kilomètres du Soleil, et ce dernier, malgré sa prodigieuse activité, ne saurait vraiment bombarder de ses projections des zones aussi éloignées.

Il faut donc trouver autre chose; c'est ici qu'intervient l'hypothèse nouvelle, développée à l’aide des ressources de l'analyse mathématique.

C'est l'attraction de l'étoile qui, en pénétrant au sein du nuage de météores, groupe ceux-ci autour de l’astre central, et c'est elle qui les dispose également en deux appendices opposés.

La première branche est ainsi formée de tous les matériaux rencontrés en cours de route; mais, comme l'étoile tourne sur elle-même, la dispersion a lieu au fur et à mesure et aboutit à un enroulement rappelant tout à fait celui d’un ressort de montre.

Mais que deviennent ceux des météores qui passent dans le voisinage? À première vue, on pourrait croire que la plupart d'entre eux doivent être attirés, « happés » par l'énormité de la masse stellaire, passant comme un obus au milieu de leur essaim ; ce serait une grave illusion de penser ainsi.

C'est que les vitesses, dans les cas que nous examinons, sont énormes : 80 à 100 kilomètres par seconde. Dans ces conditions, les trajectoires des météorites en question ne peuvent être déviées que faiblement, et il en résulte que leur ensemble doit former, derrière l'étoile, une sorte de cône s'allongeant indéfiniment.

Mais, alors, nos météorites vont se rencontrer, se heurter les uns les autres; des chocs auront lieu, qui réduiront notablement leurs vitesses individuelles, et la masse centrale en profite pour les capter d'une façon définitive.

N'ayant plus l'énergie suffisante pour continuer leur course intersidérale, les corps vagabonds n'échapperont plus à la puissante attraction qui les précipitera vers l'étoile, en une procession incessante, formant un panache opposé à la pre

mière branche, et bientôt, comme celle-ci, dispersée en spirale. Ces circonstances ont été étudiées à l'aide des lois et des for mules de la mécanique; l'auteur a trouvé, pour la forme résultante, l'équation caractéristique qui détinitune courbespiraloïde. La formation des planètes, dans ce milieu bien déterminé, est fatale, pour peu que le Soleil central tourne un peu « penché par rapport à la direction générale du nuage rencontré. C’est lui, maintenant, qui va « façonner » le système, reléguant loin de son voisinage immédiat les colosses comme Jupiter et Saturne, et ne gardant auprès de lui que les sphères de moindre im pol tance comme Mercure, Vénus, la Terre, et parsemantenfin, d'une poussière de petits globes, le grand vide interplanétaire dont Képler faisait pressentir l'existence entre Mars et Jupiter. Telle est, réduite à ses points essentiels, l'ingénieuse théoric de l'abbé Moreux. Elle explique, on le voit, la formation des nébuleuses spirales et celles des planètes, en admettant la pri « nuage ) que le savant astronome explique également la formation et

exislance d'un essaim, d’un de météorites., Ajoutons l'orbite allongée des comètes,

C'est une excellente page ajoutée au livre des hypothèses cos mogoniques.

Les disques de clarté, les points de lumière que l'on voit sur le firmament, sont des « Soleils » autour desquels éravitent des planètes des « Terres du ciel » inconnues.

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