LES MONDES
ment, les conditions d'existence sont possibles pour des êtres vivants, dans des conditions peu différentes de celles qui se rencontrent sur la Terre, ou, tout au moins, qui s’y sont rencontrées au cours de son histoire dans le Passé, à travers les périodes géologiques.
Nous laisserons de côté, également, les fantaisies sur les « Martiens »: c'est du roman, ce n’est pas de l'astronomie scientifique. Mais, en revanche, nous chercherons dans quelles conditions un germe vivant, parti d’un astre sur lequel la vie existe déjà, pourrait arriver sur un autre astre où la vie n'existe pas encore, et en devenir le point de départ, par suite d’une longue évolution d'êtres dérivés de sa cellule initiale.
La question, ainsi simplifiée, est cependant très obscure encore; mais nous verrons comment l'admirable théorie du physicien suédois Arrhenius l’a éclairée d’un jour nouveau.
182. Les théories anciennement proposées. — Nous ne parlerons que pour mémoire de la théorie, définitivement réfutée par les expériences et les découvertes de Pasteur, de la « génération spontanée »; la vie ne peut provenir que d'un germe déjà vivant lui-mème. Récemment, il est vrai, on avait cru voir naître des cellules vivantes dans de la gélatine sous l’action des rayons du radium; la discussion approfondie de ces expériences a montré qu'il n’en était rien et qu'on avait pris des apparences pour des réalités.
Un premier pas fut fait pour l'explication des transports de germes vivants d'un astre à un autre, et c'est à lord Kelvin qu'on le doit. Il a exprimé ses idées dans le discours inaugural qu'il fit à Edimbourg, en 1871 :
« Quand deux corps célestes se rencontrent, dit-il, une grande partie de ces deux corps entre certainement en fusion.