L'ACTION DES
m 0002, 02,0003; les botanistes savent bien que beaucoup de bactéries ont des dimensions de 15 nul doute, il en est encore de bien plus petites: les progrès de l'ultramicroscope commencent à nous permettre d'apercevoir ces germes, dont l’ordre de grandeur est
dixième de micron.
Re un tel germe, un tel « microorganisme » arraché de la surface de la Terre par un courant d'air ascendant qui
l'enlève sans difficulté jusqu'à l'extrème limite de la haute atmosphère, c’est-à-dire à une altitude d'environ 100 kilomètres. Arrivé là, ce germe se trouvera soumis à une série
d'autres forces qui vont agir sur lui. Ces forces sont, cette fois, des forces électriques.
C’est, en effet, vers cette altitude de 100 kilomètres que se produisent les radiations des aurores polaires. Ces aurores ont pour origine l'arrivée, dans notre atmosphire, des poussières cosmiques lancées par le Soleil lors de ses éruptions et chassées loin de son globe par la pression de radiation. Ces poussières sont chargées d'électricité négative et leur décharge rend luminescente la portion de l'atmosphère dans laquelle elles pénètrent; de là, lumière des aurores boréales.
Les choses étant ainsi, supposons qu'un germe, venant de la Terre, se charge aussi d'électricité négative par contact avec un grain de ces poussières électrisées ; aussitôt il va être repoussé par celles-ci, comme étant chargé d'une électricité de même signe qu'elles, et, par suite, il pourra étre chassé vers l'espace intersidéral par l'action de la répulsion électrostatique.
Le calcul, appliqué à ce cas particulier, montre que, pour une sphérule de 0®»,00016 de diamètre, il suffit d'un champ électrique de 200 volts par mètre pour produire sur elle une répulsion supérieure à la pesanteur. Or, le champ électrostatique couramment observé dans l'air atmosphérique a une valeur supérieure. La répulsion électrostatique des germes arrivés dans la haute atmosphère est donc non seulement possible qualitativement, mais encore quantitativement.
Ainsi, nous pouvons dès maintenant considérer un germe, enlevé de la surface du sol par un courant d'air ascendant, arrivé dans la haute atmosphère, s'y chargeant d'électricité négative par contact avec une poussière électrisée et, repoussé par celle-ci, partant dans l'espace pour son voyage intersidéral.
184. Le voyage du germe vivant dans l’espace.— Laissons de côté, pour l'instant, les conditions de destruction que notre germe voyageur est appelé à rencontrer au cours de son voyage transastral; nous y reviendrons dans un moment. Étudions d'abord les conditions de durée d'un tel voyage.
Au cours de sa route, notre germe se sera accroché, au voisinage d'un corps céleste, à rue grain plus volumineux de poussière cosmique, de l’ordre de grandeur du micron(1/1000 de millimètre). Une fois soudé à ce grain qui lui sert de véhicule et qui, plus gros, est plus soumis à l'action de l'attraction qu'à celle de la force répulsive, il pourra pénétrer dans l'atmosphère des planètes qu'il viendra à rencontrer sur sa route.
Si nous supposons à ce germe errant une densité égale à celle de l’eau, c'est-à-dire égale à l'unité (ce qui est sensiblement exact pour les germes vivants), nous trouvons qu'il lui faudrait à peu près s 20 jours pour atteindre la planète Mars, 80 pour arriver jusqu'à Jupiter, et 15 mois pour parvenir à la plus lointaine planète de notre système, à Neptune. Mais ce ne sont là que des planètes sœurs, des astres faisant partie de notre système solaire. Si nous calculons ainsi le temps que mettrait ce germe à atteindre le système solaire le plus rapproché du nôtre, c’est-à-dire celui dont le soleil est l'étoile Alpha du Centaure, nous trouverons que son voyage devrait avoir 9000 ans.
Examinons maintenant les conditions de destruction ou de conservation, en un mot les conditions d'existence » auxquelles sera soumis ce germe voyageur au cours de sa randonnée céleste. |
Tout d'abord, il sera soumis à l'action du froid intense qui règne dans l’espace intersidéral.
Quand cet espace est absolument vide, les travaux de notre grand physicien Amagat ont montré que sa température était le zéro absolu; 273 degrés au-dessous du zéro usuel de nos thermomètres, c'est-à-dire du zéro, « de la glace fondante ».
Si, au lieu d'être absolument vide, la portion de l'espace est