SUR
liser industriellement les eaux d'alimentation, en utilisant l'action microbicide des rayons ultra-violets dégagés dans une lampe de quartz à vapeur de mercure.
Or, ces rayons, que l'atmosphère terrestre absorbe en grande partie, ne trouvent pas, dans le vide intersidéral, le moindre élément absorbant, et ils s’y propagent, par conséquent, en toute liberté. Ne vont-ils pas tuer nos germes voyageurs au cours de leurs pérégrinations interastrales et détruire ainsi, d'un seul coup et à jamais, leur puissance germinative ?
Précisément des expériences de Paul Becquerel paraissent venir à l'appui de cette possibilité de la mort des germes sous l'influence des radiations ultra-violettes. Ce savant a placé des spores sèches dans des tubes à vide fermés par une lame de quartz qui laissait passer sans les absorber des rayons ultraviolets que l’on concentrait sur les germes soumis à l'étude ; au bout de six heures, il a constaté que les germes les plus résistants étaient tués, étaient « morts » définitivement. L'itinéraire d'un germe vivant, dans un espace librement éclairé par la lumiere ultra-violette, serait donc, pour lui, une route pleine de dangers et il devrait ètre exposé, semble-t-il, à une mort rapide.
Mais, à ces expériences exécutées avec un soin et une habileté qui en rendent le résultat encore plus intéressant, il y a cependant à opposer quelques raisons.
Tout d'abord, il faut remarquer que la mort du germe n'est pas instantanée ; il a fallu plusieurs heures pour arriver à le détruire, et encore fallut-il, pour cela, «concentrer » sur lui les rayons ultra-violets produits par une puissante lampe électrique à mercure placée à proximité du tube où se faisait l'expérience.
Or, on sait que l'intensité desradiations varie en raison inverse du carré des distances. Déjà, à la distance de l'orbite de Neptune, l'intensité de rayonnement solaire est mille fois plus faible qu’à la distance où se trouve la Terre; à la moitié de la distance de l'étoile A/{pha du Centaure, cette radiation serait vingt milliards de fois moins forte. Tel individu résiste à la chaleur d’un fourneau devant lequel il se trouve, qui mourrait si on l'introduisait dans le foyer. Ajoutons que le milieu intersidéral n’est pas absolument vide ; il renferme des nébuleuses, des « milieux ultra-gazeux » dont le rôle est précisément, comme nous l'avons vu, d'arrèter au passage les radiations ultra-violettes; elles exerceront donc, dans le cas qui nous intéresse, leur action salutaire et protectrice, qui garantira notre germe voyageur d'une irradiation ultra-violette par trop prolongée.
Enfin, des travaux très remarquables du D' Roux paraissent avoir montré que c’est une action oxydante due à la constitution même du milieu atmosphérique qui produit l'eflet mortel de la lumière sur le germe, car l'illustre savant a fait une série de recherches au cours desquelles des spores ont pu résister pendant plusieurs mois, dans le vide, à l'éclairement d'une très forte lumière solaire qui, dans l'air, les aurait infailliblement tuées.
186. La vie sur les mondes. — Ainsi l’on peut concevoir sans absurdité qu'un germe vivant, provenant d'un astre sur lequel la vie s’est déjà manifestée, puisse voyager, en errant à travers l’espace, en échappant aux causes de destruction dont il est environné, et qu'il arrive sur un monde encore inanimé, mais à la surface duquel les conditions de température soient telles que la vie commence à y devenir possible.
Or, il suffit que parmi les milliards de milliards de germes, ainsi lancés dans l'espace infini par la pression de radiation, un seul atteigne une planète jusqu'alors privée de vie pour y devenir le point de départ d'organismes multiples qui y évolueront lentement, mais sürement.
La petitesse d’un tel germe rend assez lente sa chute à travers l'atmosphère de la planète sur laquelle il tombe, pour qu'il ne s'échaufle pas par suite de son frotte-
ment contre les molécules de cette atmo- & PLEUROCOCCUS VULGARIS »
Sphère. Une fois qu'il y a pénétré, il en
(grossissement : 800 fois),