‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 215 sur 390 · LE GRAND ÉQUATORIAL COUDE · texte numérisé non relu

LE GRAND ÉQUATORIAL COUDE

MONTAGE des AXES de l'équatorial de Yerkes.

devait alors prendre l'observateur, ont amené les astronomes et les constructeurs à chercher des solutions plus pratiques au problème des grands équatoriaux.

Une des plus élégantes est celle de l'équatorial coudé, imaginé par Maurice Loewy, directeur de l'observatoire de Paris : elle consiste à placer l’oculaire sur l'axe même de rotation de l'instrument, axe qui, par suite, doit être creux ; deux systèmes de miroirs sont installés, l’un à la base de l'axe de rotation, l'autre à l'extrémité d’un tube perpendiculaire qui porte l'objectif. Dans ces conditions, l'observateur est commodément assis devant l'oculaire immobile, comme devant un pupitre, et l'instrument, entrainé par un mouvement d'horlogerie, suit la marche des étoiles et maintient au réticule celle que l’on y a amenée pour en faire l'étude.

Cet équatorial, dont l'objectif a 5$ centimètres d'ouverture et 18 mètres de distance focale, a pu être installé à Paris en 1891.

I a une grande stabilité ; il dispense de l'emploi des coupoles tournantes, si coûteuses et d’un entretien si compliqué; enfin, il diminue, pour l'observateur, la fatigue et la perte de temps. C'est grâce à lui que MM. Loewy et Puiseux, puis, plus tard, M. Le Morvan, ont pu obtenir les splendides photographies de

L'ÉQUATORIAL de l'observatoire de YERKES, de 1 metre d'ouverture et de 19 metres de longueur focale. (Le PLANCHER MOBILE de la coupole est relevé jusqu'à la hauteur de l'oculaire.)

la Lune dont ils ont fait de magnifiques publications. Mais cette solution, quoique très élégante, n’a pas encore satisfait ceux qui révent de lunettes « monstres », pour lesquelles mème le système coudé offrirait de grandes difficultés de construction, à cause de la mobilité qu'il faut assurer au tube, toujours long et lourd, de la lunette.

Ceux-là se sont ramenés à la solution imaginée par Léon Foucault, et consistant à maintenir fixe le tube de la lunette, toujours disposé horizontalement, en renvoyant dans son axe optique l’image du point du ciel choisi, à l’aide d’un miroir plan commandé par un mouvement d'horlogerie convenablement étudié.

Ce miroir ainsi mû mécaniquement a été réalisé pour la première fois par Léon Foucault, et s'appelle le sidérostat.

Grâce à cet appareil, à condition qu'il soit construit avec un miroir de dimensions suffisantes, on n'a plus à se préoccuper de la mobilité de la lunette ; celle-ci, étant fixe et toujours horizontale, pourra avoir des dimensions quelconques; et la seule pièce mobile sera le miroir.

Aussi, tenté par cette combinaison, le constructeur Gautier, « artiste » faisant partie du Bureau des longitudes, eut-il

Le grand ÉQUATOI I UD

(18 metres de Jon focale, 0,63 d'ouverture).

le l'observatoire de Paris, construit par Gautier

L'OCULAIRE de l'équatcrial coudé (On voit le châssis photographique installé au centre)

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