‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 236 sur 390 · LE CALENDRIER · texte numérisé non relu

LE CALENDRIER

210. Le calendrier. — Nous avons indiqué, en étudiant le Soleil, les grandes lignes de la question de la mesure du Temps, et nous avons donné les différentes mesures de l’année qui ont abouti d'abord à la réforme julienne, ensuite à la réforme grégorienne.

Si l'on se bornait à considérer l’année et le jour comme uniques divisions du temps, l’année grégorienne serait une solution remarquable, puisqu'elle ne nécessite qu'une correction d’un jour tous les 32 siècles.

Mais le jour et l'année ne suffisent pas comme division du temps : les usages de la vie, les mouvements de la Terre, ont introduit de nouvelles divisions qui sont le mors et la semaine, celle-ci étant composée uniformément de 7 jours.

Or, la durée des mois, qui varie de 28 ou 29 jours pour février à 30 ou 31 jours pour les autres mois, n’est pas divisible par 7 (excepté quand février comprend 28 jours); le nombre des jours de l’année, 365 ou 366, n'est multiple exact, ni de 30, ni de 51, ni de 7.

Il en résulte des inconvénients assez sérieux, surtout au point de vue de la chronologie et des dates de l'histoire.

Notre calendrier, en effet, est, en somme, un compromis entre la période solaire (365 jours 1/4) et la période lunaire (semaine et mois). Or, le Soleil et la Lune font leur chemin, chacun de son côté, sans souci l’un de l’autre; quand ils repassent ensemble au même point du ciel, ce n'est jamais aux mêmes jours ni aux mêmes heures. De là l'impossibilité d'un calendrier parfait au point de vue de l’année et au point de vue de la semaine.

Au point de vue purement astronomique, comme nous l'avons déjà dit, le calendrier grégorien est une manière de chef-d'œuvre, et les savants actuels ne sauraient guère faire mieux. Mais c'est au point de vue des subdivisions de l’année qu'il laisse à désirer, et les inconvénients qu'il présente atteignent surtout le monde des affaires.

Ainsi, l'inégalité de durée des mois, trimestres et semestres, rend plus difficiles, en les compliquant, les calculs d'intérêts, de salaires, ainsi que la répartition du travail. Il arrive, parfois, que les jours d'échéance tombent un dimanche, ce qui oblige de faire un « décalage ».

En outre, le calendrier ne se répète jamais : le même quantième d'un mois tombe sur un jour différent de la semaine, d'une année à l’autre.

Ce n'est pas tout. La semaine n’a aucun rapport avec les mois; les années et les mois commencent par des jours quelconques : tantôt un lundi, tantôt un mercredi, tantôt un samedi..…, etc. Le mois de février, s’il a 29 jours, peut parfaitement avoir 5 dimanches, tandis que les autres mois peuvent n'en compter que 4.

Enfin, les fêtes à dates fixes, comme la Toussaint, la Noël, l’'Assomption, tombent à des jours différents, d'une année à l'autre : c'est pour cela qu'on les appelle « fêtes mobiles ».

Un dernier inconvénient résulte de l'institution, assez récente, du régime des « ponts », si bien fait pour satisfaire au sentiment de paresse générale qui, depuis la guerre, semble s'étendre de plus en plus. Prenons un exemple : Supposons que la fête de Noël tombe un mardi, comme cela s'est produit en 1917. Ilen résulte 6 jours de congé, et, par suite, 6 jours de chômage successifs :

PARTÉGEMIDIER eee à ous ecole ei dimanche.

eee lundi (pont).

mea eee à mardi (Noël).

Puis, 4 jours après :

AURTÉCEMOTE. ... .. : sise ces + o dimanche.

31 = snoop ete te te lundi (pont).

RATE eee sale csne le lie oo veue mardi (jour de l'an

Remarquons, enfin, que la désignation abrégée des mois, d'après l'étymologie de leur nom, est fausse. On désigne couramment octobre par l'abréviation SPre, alors qu'il occupe le 10: rang dans la liste des mois comptés à partir de janvier. De même pour novembre (91e),

Et nous avons gardé, pour terminer, l’un des plus grands griefs que l’on puisse adresser à notre calendrier : la variabilité de la fête de Pâques, dont la date peut varier du 22 mars au 25 avril, ainsi que la variabilité concomitante des fêtes qui en dépendent, comme la période du carème, l'Ascension, la Pentecôte, Cette variabilité constitue une gène universelle,

L'HORLOGE ASTRONOMIQUE de la cathédrale de Strasbourg donnant les éléments du Comput ecclésiastique

étant donné que des vacances sont généralement déterminées pour la date de cette fète ou de ces fètes.

Pour résumer cet exposé, l'année grégorienne est scientifiquement parfaite dans son ensemble; dans ses subdivisions, au contraire, elle présente le maximum d'incommodités.

211. Les projets de réforme du calendrier. — longtemps les astronomes d'une part, les législateurs et les hommes d'aflaires d'autre part, avaient été frappés

Depuis

decesinconvénients multiples, et de nombreux de calendriers

)rOJets pro]

avaient été proposes.

Tout d’abord, il ne saurait étre ques tion de toucher aux subdivisions extrèmes : l’année et le jour, détinis, l’une et l’autre, astrono miquement. Il est vrai que la durée de l'année n'est pas un multiple rigoureux jour ; mais, comme nous l'avons vu,cettenonmultiplicité obli-

de celle du

Mécanisme réalisant la PRÉCISION des & a l'horloge de Strasbourg

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