‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 258 sur 390 · HIPPARQUE, ÉRATOSTHÈNE · texte numérisé non relu

HIPPARQUE, ÉRATOSTHÈNE

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Le TEMPLE DU CIEL, à Pékin.

qui leur permettait de les prédire à l'avance, moyennant l'observation faite pendant une période complète. C'est des Chaldéens que nous vient le premier document astronomique connu : l'observation, faite en 720 et 719 avant J.-C., de trois éclipses de Lune dont Ptolémée fit usage pour édifier sa théorie de la Lune.

En Egypte, l'Astronomie fut également cultivée à des époques très anciennes ; à l'époque de la construction des pyramides, c'est-à-dire vers l'an 4200 avant notre ère, les connaissances astronomiques étaient suffisantes pour que les faces desdites pyramides fussent orientées exactement suivant les points cardinaux, ce qui montre que les Egyptiens savaient déterminer avec précision la direction de la méridienne. Le renom descience dont les prètres égyptiens étaient entourés fit venir chez eux les plus illustres des philosophes grecs : Thalès, Pythagore, Platon, par exemple, qui allèrent s’y instruire dans les choses du ciel.

Pythagore fut l'un des plus complets parmi les maitres de l'Astronomie ancienne: en particulier, dans son école de Tarente, où il dut s’exiler, 1/ enseignait la sphéricité de La Terre et celle du Soleil; il apprenait à ses disciples que les planètes et la Terre tournaient autour du Soleil, que la Terre tournait sur elle-même, que les étoiles répandues dans le ciel sont autant de Soleils autour desquels circulent des planètes qui, sans doute, sont habitées par des êtres vivants analogues aux hommes.

Ainsi les vérités fondamentales de l'Astronomie, qui ont eu tant de peine à conquérir, 2000 ans plus tard, leur place dans la science, étaient enseignées par le Maître de l’école pythagoricienne, près de 600 ans avant Jésus-Christ !

Avant et après Pythagore, il convient de citer Thales (de Milet), né l'an 693 avant J.-C., qui découvrit les causes des éclipses de Lune et de Soleil; de l’astronome athénien Méton 900 ans avant J.-C.), auquel on doit la découverte du cvcle lunaire de 235 lunaisons, cycle qui ramène les nouvelles lunes aux mêmes dates de l’année. Ce cycle avait été trouvé tellement admirable par ses contemporains, qu'onlefitinscrire en chiffres d'or sur la façade du temple de Minerve: de là le nom de Nombre

d'or qui lui est resté dans le Comput ecclésiastique. 223. L'Ecole d'Alexandrie. — Hipparque. — Le système de Ptolémée. — On sait qu'après la mort d'Alexandre le Grand,

ses Etats I rt lémée Soter re l'élite des sa:

d'Alexandrie q dans l'antiquité.

Parmi les savants \ illustrèrent cette école, il faut citer Aristarque, Eratosth rque et Ptolémée.

ses entre ses principaux officiers. Pto- Ypte et réussit à attirer dans sa capitale \insi fut fondée la célèbre Ecole

> dire, le berceau des sciences

INSTRUMENT ASTRONOMIQUE du xuri° s., de l'ancien observatoire chinois.

Aristarque, de Samos {281 ans avant J.-C.), mesura le diamètre apparent du Soleil et fit une première évaluation de sa distance à la Terre.

Eratosthène eflectua la première opération géodésique connue, mesura le premier «arc de méridien » et, ce qu'il ya de remarquable, il le fit avec une précision vraiment surprenante pour l'époque à laquelle ces mesures ont été faites. Il avait remarqué que, le jour du solstice d’été,au moment de midi, les puits de la ville de Syène (aujourd'hui Assaouan) étaient éclairés jusqu'au fond, et que les obélisques ne portaient pas d'ombre. Il en conclut que, ce jour-là, le Soleil passait au zénith de la ville. Mais, au même moment, à Alexandrie, la distance zénithale du Soleil, déterminée par la mesure de l'ombre des obélisques, était de 7°,12'. Il en conclut que la distance des deux villes, comptée en « degrés terrestres », était de 7°,12'; d'autre part, à cette époque, des nuées d’arpenteurs effectuaient, par ordre du souverain, le cadastre de l'Égypte. En profitant de leurs travaux, Ératosthène put connaître en « stades olympiques » la distance qui séparait Syène d'Alexandrie: il trouva que cette distance était de 5000 stades. Il en déduisit que la circonférence de la Terre entière devait être de 250 000 stades et que la longueur d’un degré de méridien devait être de 694 stades, 4.

Grâce aux travaux et aux découvertes archéologiques des égyptologues, nous pouvons aujourd’hui traduire ces résultats en mètres.

Le stade égyptien valait 600 pieds et le pied d'Egypte équivalait à 27 centimètres. La mesure d'Eratosthène donne donc, pour circonférence d'un méridien, 40 500 000 mètres. Aujourd'hui, par définition, cette circonférence est de 40000 000 de mètres. C’est donc avec une précision, étonnante pour son époque, qu'Ératosthène a fait la première mesure de la Terre.

Mais le plus remarquable des astronomes de cette époque fut Hipparque, qui vécut entre les années 160 et 125 avant J.-C.; c'est lui que l’on doit considérer à juste titre comme le créateur de l’Astronomie mathématique. Plus de 1500 ans avant Képler et Newton, cet homme de génie avait entrepris d'établir les rapports entre les astres au point de vue de leur grandeur, de leur distance et de leur mouvement.

C'est à lui que l'on doit le premier catalogue d'étoiles.

Quand on pense qu'à lui seul il découvrit la précession des équinozres et l'inégalité du mouvement propre du Soleil, on ne peut s'empêcher d'admirer de pareils travaux réalisés avec des moyens aussi rudimentaires que ceux dont il disposait. C'est lui encore qui donna la manière de fixer la position d’un point à la surface de la Terre par sa longitude et sa latitude ; c'est lui qui inventa l'astrolabe, instrument qui permettait pour la première fois de déterminer avec exactitude la position des

Les INSTRUMENTS ASTRONOMIQUES de l'ancien observatoire de Pékin: vue prise sur la plate-forme de la tour

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