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L'ÉCORCE TERRESTRE : SES CONVULSIONS, SES MOUVEMENTS, SES MARÉES

256. L'écorce terrestre et son épaisseur. — Le degré géothermique. — Nous avons vu, en étudiant les divers mouvements dont le globe terrestre est animé, combien ils sont nombreux et complexes : nous sommes donc bien loin de la stabilité que notre imagination se représente si facilement et qui, on le voit, n'existe pas pour l'ensemble de notre planète.

Mais, puisque l'axe terrestre n'est pas stable, au moins l'écorce terrestre l’est-elle ?

Nous allons voir qu'il n’en est rien; que l'écorce sur laquelle nous passons nos brèves et fragiles existences est animée, tantôt de mouvements brusques qui sont les phénomènes sismiques, tantôt de mouvements lents qui sont les phénomènes d'exhaussement et d'abaissement, et tantôt de mouvements à rythme périodique qui sont les marées de l'écorce terrestre.

Quand l'écorce fut réalisée par la solidification de la partie extérieure du noyau igné qui constituait la Terre primitive, elle a enfermé au-dessous d'elle de colossales réserves d'énergie, énergie qui correspond à l'accumulation de chaleur dont le noyau central, porté sans doute à des températures qui défient toute évaluation, constitue l'inépuisable magasin.

Mais cette écorce est loin d'être homogène, car elle ne s'est pas formée en une seule solidification d'ensemble : le passage à l'état solide a dû se faire par morceaux isolés, sortes de scories qui flottaient à la surface de la sphère liquide etqui, peu à peu, en se soudant les unes aux autres, ont réalisé, par leur jJuxtaposition, l'écorce terrestre actuelle. L'inégale épaisseur de ces scories amorçait ainsi les premiers accidents du relief terrestre.

On a souvent comparé l'écorce terrestre à la coquille d'un œuf, au point de vue de son épaisseur relativement à ses dimensions : nous allons voir que cette comparaison est encore très exagérée et que la coquille d’un œufest bien plus épaisse, à

proportion, que l'écorce extérieure de notre petite planète par rapport au globe dont elle est l'enveloppe.

Nous allons donc tenter une évaluation de l'épaisseur de cette écorce, et cette évaluation sera basée sur l'existence du degré géothermique, dont nous avons déjà dit un mot précédemment et sur lequel nous allons revenir plus en détail.

On constate toujours et partout que, à mesure que l'on s'enfonce dans l'intérieur du sol à l'aide de puits de plus en plus profonds, la température augmente, et augmente d'une façon continue et absolument régulière.

Cette augmentation varie un peu suivant la nature des terrains au travers desquels est foré le puits servant à l’expérience ; mais sa valeur moyenne est d'un degré par 35 mètres de profondeur, ou, en chifires ronds, de 3 degrés par 100 mètres. C'est cet accroissement continu de la température qu'on appelle le degré géothermique.

Les déterminations faites dans les puits de mine les plus profonds (il y en a qui vont jusqu'à plus de 2000 mètres) ont permis de vérifier la constance du degré géothermique, ce qui est tout à fait conforme à la théorie de la propagation de la chaleur à travers une plaque indéfinie dont les deux faces sont en contact avec des milieux à températures diflérentes, mais constantes : la théorie indique que, dans l'épaisseur de la plaque, la distribution des températures se fait proportionnel lement à la distance aux faces extérieures.

Si donc le degré géothermique est de 38 degrés pour 100 mètres de profondeur, il sera de 30 degrés pour 1 000 mètres, de 300 degrés pour 10000 mètres; il devra ètre, par suite, de 3000 degrés pour 100 000 mètres ou pour 100 kilomètres,

Mais, à 3000 degrés, tous les corps sont, non seulement

fondus, mais encore volatilisés : par conséquent, 100 kilom

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