L'ÉCORCE
Ch. LALLEMAND, membre de l'Institut, inspecteur général des Mines.
DEÉRRIESIRIE
sez considérable; la masse du Soleil est, en eflet, 325000 fois plus grande que celle de la Terre, et l’astre se trouve à une distance de 23400 rayons terrestres. En calculant l'attraction d'après la loi de Newton, on trouve ainsi que la force perturbatrice serait la treize centième partie de la pesanteur.
Mais il faut réfléchir que la Terre, sous l'influence de cette force attractive du Soleil,exécute déjà sa translation autour du Soleil et parcourt son orbite sur laquelle c’est précisément cette attraction qui la retient. Or, c’est un principe fondamental en Mécanique, qu'une force déjà obéie ne doit plus entrer en jeu qu'à la condition que l’on tienne compte de l'effet déjà produit par elle. Un corps pesant suspendu à la surface de la Terre et sollicité, par l'attraction solaire, de s’écarter de la ver-
Ph . Kudaux.
TRONCS D'ARBRES, provenant de la destruction de l’ancien littoral, découverts à marée basse au nord de GRANVILLE (Manche).
ticale, se meut déjà avec la Terre elle-même sous l'influence de cette attraction; il ne restera donc, comme force perturbatrice réelle troublant la verticale, que la différence entre l'attraction à la surface et l'attraction au centre de la Terre. Le chiffre obtenu ainsi est vingt mille fois plus faible que le précédent, soit un vingt-six millionième.
La Lune, de son côté, a une masse beaucoup plus faible que celle du Soleil, 1/80 de la masse terrestre; mais la petitesse de sa masse est largement compensée par sa proximité, de sorte que, tout calcul fait, la diminution de pesanteur due à l’action troublante de notre satellite est d'environ un douze millionième. Dans ces condi‘ions, l'angle dont devrait dévier un fil à plomb sous cette influence serait d'environ 1/60 de seconde, c'està-dire une « tierce ».
Cet eflet à mesurer est ainsi très petit; au bout d'un fil à plomb long de 100 mètres, il ne se traduirait que par un écart d'un centième de millimètre. Les expériences de vérification sont donc d’une telle difficulté qu'on s'explique aisément les insuccès de la plupart d’entre elles. D'ailleurs, cette non-réussite a une autre cause que la petitesse de l'effet à
Pot. H. Manuel,