HORIZONTAL
horizontale I, portant à son extrémité une masse pesante M, et suspendue par deux fils parallèles à un solide support S. Soient À «a, A' a', les deux fils de suspension; l'appareil prend une position d'équilibre, et s'en dérangera à la moindre inclinaison du support, et cela d'autant plus que les verticales des points d'attache a et a' des deux fils seront plus rapprochées.
A la moindre inclinaison du support, le pendule, écarté de sa position d'équilibre, se met à osciller pour y revenir, et ses oscillations sont tres lentes; la théorie indique qu'elles ont la méme durée que celles qu'aurait un pendule ayant comme longueur la distance M V qui sépare la masse M du point d'intersection de la verticale M V avec la ligne qui joint les points d'attache a et a’. L'oscillation sera donc d'autant plus longue que les points « et a' seront plus rapprochés de la même verticale et que le levier T sera plus long.
Le D' Hecker a pris deux pendules ainst construits, équivalant respectivement à des pendules simples de 175 et de 117 mètres de long; ils les a installés dans des directions perpendiculaires, et leurs oscillations étaient enregistrées à l’aide de miroirs sur des papiers photographiques entrainés par des mouvements d'horlogerie.
En comparant les oscillations des deux pendules et en faisant la résultante des deux composantes qu'indiquaient leurs déviations respectives, le D' Hecker est arrivé à construire les courbes représentant les déviations de la verticale en un même lieu, sous l'influence de la Lune et suivant sa déclinaison. Ces courbes sont reproduites par la figure 175.
Indépendamment des expériences du D' Hecker, ces déterminations avaient été tentées par une méthode difiérente, appliquée pour la première fois en 1890 par le professeur Berget et l'ingénieur des mines Gustave Léon, à Paris, dans les galer es des caves de l'observatoire.
La méthode consistait à réaliser deux vases communicants, réunis par un tube long de 30 mètres, orienté est-ouest. L'un des vases avait une section 100 fois plus grande que l'autre : les 99/100 de la dénivellation se portaient donc sur le petit récipient, où les variations de niveau du liquide, produites par l'attraction de la Lune, étaient mesurées par des franges d'interférence. L'installation d'une ligne de chemin de fer souterraine est venue interrompre ces expériences en en rendant l'observation impossible. Elles ont été reprises par le physicien américain Michelson, qui mesurait la aénivellation à l'aide d'un microscope micrométrique : il en a tiré des résultats dont les conclusions sont identiques à celles du D° Hecker.
Ainsi, on est arrivé à constater par l'expérience et à mesurer méme la déviation, pourtant si faible, de la verticale sous l'influence de l'attraction de la Lune. On a pu déterminer que l'amplitude de la marée de l'écorce terrestre l'abaissait et lélevait alternativement de 15 centimètres. Et l'on a pu ainsi faire toucher du doigt l'instabilité de cette écorce toujours en mourvement, non seulement par suite des déplacements complexes que subit la Terre dont elle est l'enveloppe élastique, mais encore par suite des frémissements tantôt brusques, tantôt lents ou rythmiques dont elle est, en permanence, le siège.
Le double PENDULE HORIZONTAL du D' Hecker
PHOTOGRAPHIE D'UNE AURORE POLAIRE, prise à Bossekop (Norv ege) par le professeur Carl STORMER, le 28 fevrier 1910