‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 322 sur 390 · PE · texte numérisé non relu

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Le LABORATOIRE du professeur BIRKELAND (On voit à droite la DYNAMO produisant les HAUTES TENSIONS

RADIOACTIMIEDÉE DE TA

REÉRIRE

274 LA l'atmosphère qui l'entoure agit sur les phénomènes électriques dont cette atmosphère est le siège, Les nuages supérieurs, les

ui apparaissent dans le ciel, à 10000 mètres de 1, € me de légers filaments cotonneux, sont plus abonits lors la production des aurores, ce qui s'explique par ondensation plus facile des vapeurs autour des «ions ». -mèmes s’électrisent sous l'influence des radiations ultraviolettes émises par le Soleil, que nous retrouvons insi comme l'agent créateur ou modificateur de toutes les manifestations électriques et magnétiques de la Terre. Et cette influence se fait sentir également sur les transmissions radiotélégraphiques.

273. L'influence du Soleil et de ses taches. — Nous venons de voir des anomalies se produire dans le femps, sur la valeur des éléments magnétiques : les boussoles sont aflolées de temps en temps et subissent de véritables tempêtes magnétiques. De même les courants telluriques subissent parfois des variations dont lim portance trouble ou arrête les communications télégraphiques.Enfin,lenombredesaurores polaires est variable d'une année à l’autre.

Depuis longtemps on observe ces phénomènes et on en dresse les statistiques que l’on traduit par des graphiques expressifs (p. 61, /ig. 79).

Or, voici ce que l’on constate : La périodicité des trois phénomènes est la mème : onze ans el demi. Tous les onze ans et demi, le nombre des tempètes magnétiques passe par le maximum; tous les onze ans et demi, le nombre des perturbations dans les courants électriques est maximum; tous les onze ans et demi, le nombre des aurores polaires est maximum. Nous avons déjà insisté sur cette concordance.

Et, d'autre part, on se rappelle que :

Tous les onze ans et demi, le nombre des taches solaires est maximum.

Une telle concordance dans la périodicité de ces phénomènes, indépendamment de toute théorie, amène forcément à placer dans le Soleil et dans les variations de son rayonnement la cause première de toutes ces manifestations que l'on observe à la surface du globe. Nous avons, au cours de ce livre, donné les raisons pour lesquelles le Soleil peut et doit produire tous effets : c'est donc, une fois de plus, dans l’astre central qu'il faut chercher les manifestations de la vie du globe terrestre.

274. La radioactivité de la Terre. — Lorsque, en 1896, Henri Becquerel découvrit, sur l'uranium, le phénomène de la radioactivité; lorsque, dix-huit mois plus tard, Curie découvrait le radium, qui en facilitait l'étude par ses étonnantes manifestations, on attribuait aux seuls minerais d'uranium, aux « pechblendes », les propriétés radioactives.

Mais on sait aujourd'hui qu'il n’en est pas ainsi et que, sans aucun doute, la radioactivité est une propriété générale de la matière, de sorte que, à un degré quelconque, tous les corps de la nature doivent être plus ou moins radioactifs.

Tout d'abord, on peut constater que le sol terrestre possède une radioactivité très nette et qu'il est facile de mettre en évidence; il suffit pour cela d'y enfoncer un tube à une profondeur d'un mètre environ. En aspirant ensuite l'air de ce tube, on constate qu'il est toujours plus ou moins chargé d'émanalions du radium, et l’on comprend alors pourquoi l’air des caves, des cavernes, des grottes présente toujours des propriétés nettement radioactives.

On comprend également, ainsi que l’a démontré le professeur Moureu, membre de l’Institut, pourquoi toutes les eaux minérales sont radioactives; elles contiennent ces gaz rares, en particulier l’hélium qui est précisément un produit de transformation de l'émanation du radium. Et cela permettrait même d'expliquer la plus grande efficacité de ces eaux quand on va les prendre « à la source » alors que l’'émanation n'a pas eu le temps se dissiper, ce qu'elle fait en 48 heures environ, c'est-à-dire pendant la durée du voyage des eaux au cours de leur expédition en bouteilles.

Le professeur Moureu, en poussant encore plus loin ses magistrales études sur la radioactivité des sources minérales, y a constaté la présence des gaz «rares» de l'atmosphère, et qui sont, outre l’hélium : l’argon, le néon, le krypton et le xénon. Il a constaté que, sauf pour l'hélium, qui est un produit de la désagrégation des corps radioactifs, il y a entre ces gaz un rapport mutuel constant. Et ceci touche à de hautes questions relatives aux origines mêmes de la Terre.

En effet : quand notre globe s’est formé, ces gaz, étant donné leur peu d'affinité, leur résistance à toute combinaison chimique, ne se sont unis à aucun des éléments successivement formés par les condensations des atomes primitifs : ils sont donc, à cause méme de leur inertie chimique, restés libres pendant que les autres éléments se combinaient entre eux. Et ils sont, par conséquent, des sortes de témoins de tous les cataclysmes par lesquels a passé successivement notre planète, témoins indifférents et respectés de tous ses stades antérieurs.

Comment a pu se produire cette radioactivité de la matière, et quelle a pu en être l’origine au cours de l'histoire primitive du globe ?

On sait que le rayonnement des corps radioactifs se compose de rayons de trois sortes: il y a les rayons z (alpha), qui sont formés de particules chargées positivement et se mouvant à la vitesse de 20 000 kilomètres par seconde. Ces particules sont des atomes d'hélium. I] y a ensuite les rayons 8 (bêta), qui sont des « électrons » négatifs, particules électrisées dont la masse est 1 700 fois plus faible que celle d’un atome d’hydrogène; ils se meuvent à la vitesse même de la lumière : 300000 kilomètres par seconde. Enfin, il y a les rayons +

gamma), tout à fait analogues aux rayons X.

Il résulte des expériences, très concordantes d'ailleurs, des physiciens anglais, qu'il faut environ deux mille années pourréduire de moitié l'activité d’un gramme de radium. Pendant cette durée, ila émis sans interruption 120 calories par heure, ce qui fait, en chifires ronds, un million de calories par an. Ce prodigieux et continu dégagement de chaleur a suggéré aux astronomes et aux physiciens l'idée que, si notre globe renfermait dans son noyau central une quantité de radium, il y aurait là une réserve considérable de chaleur interne.

Or, l'hélium, produit de l'émanation du radium et des corps radioactifs, se rencontre toujours dans les minerais d'où l'on extrait ces derniers. Cet hélium parait donc être un élément primordial, nécessaire, que l’on trouve comme «terminus » de la désagrégation des atomes des autres corps, comme on le trouve à l’origine de l’« intégration » des atomes plus compliqués qui formeront, plus tard, les éléments simples chimiques. Tous les corps radioactifs mettent de l'hélium en liberté.

Sir William Ramsay a fait d’autres expériences qui lui permettent de croire que le cuivre se transforme en potassium, en sodium, en lithium, et que le plomb, le thorium., se transforment en hélium sous l'influence de l'émanation du radium. Si ces expériences sont confirmées définitivement, le résultat en sera d'une importance colossale. Mais, en tout cas, ce qui est bien établi dès aujourd'hui, c'est que le potassium, le sodium et le rubidium sont radioactifs ; ils le sont peu, c'est vrai, mais ils le sont nettement et de manière indiscutable.

Ainsi les atomes lourds se détruisent lentement, mais « spontanément »; ils perdent de l'énergie en donnant naissance à des atomes plus simples.

Cette dégradation se fait rapidement pour certaines variétés de corps radioactifs: pour le radium, nous avons vu qu'il fallait 2000 ans pour réduire de moitié l’activité d’un gramme de cette substance. Quant aux autres corps, elle se fait plus lentement encore.

C'est quand cette lenteur rend la dégradation insensible à la durée de nos expériences ou même de nos vies, que nous estimons s{able la matière dont la décomposition spontanée est à ce point ralentie que nous n'en pouvons faire la constatation.

Et alors, on est amené à la conception de l’origine des atomes

Fhot. Carl. Slôrmer.

Couronne bleue d'AURORE BORÉALE (Bygdo, 13 mars 1910).

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