‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 323 sur 390 · ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

ÉLECTRICITÉ

lourds, comme ceux du thorium ou de l'uranium, qui doivent provenir de l'intégration de la matière à partir des atomes simples comme ceux de l'hélium et de l'hydrogène, sous l'influence d'une énergie considérable manifestée par de hautes températures et de fortes pressions. Nous sommes ainsi conduits à concevoir le mécanisme inverse de celui que l'on invoque pour expliquer la formation des nébuleuses, dont les atomes constitutifs d'hélium et d'hydrogène pro viennent de la désagrégation des corps composés qui constituaient deux corps célestes volatilisés par la haute température résultant de leur rencontre dans l’espace.

Si la Terre contenait un cinq millionième de gramme de radium par centimètre cube, cela suffirait à arréter son refroidissement. Or l'observation, l'expérience montrent que la teneur des matériaux qui forment l'écorce est 20 fois plus grande ; le globe, à cecompte-làä, non seulement ne devrait pas se refroidir, mais devrait, au contraire, se réchauffer.

Aussi les savants anglais ont-ils justement été conduits à penser qu'au lieu d’être répartie avec cette teneur, dans toute la masse de l'écorce, la matière radioactive y était localisée dans une couche épaisse seulement de quelques kilomètres et située au voisinage de la surface même du sol.

Mais alors, nous voici ramenés à envisager l'alternative sui-

vante : ou bien l’intérieur du globe ne contient ni uranium, ni thorium, ou bien les atomes lourds de ces corps s'y sont formés par intégration de la matiere, sous la double influence de la haute température et de la haute pression qui règnent nécessairement au centre de la Terre.

Et ainsi nous retombons sur la nécessité d'envisager la vie de la matière comme dépendant d’un cycle éternel; s'il y a désagrégation de celle-ci lors de la rencontre des corps célestes dans l’espace, il se fait, inversement, au centre des noyaux nébulaires déià formés, une «intégration » inverse de la matière, intégration qui, à partir des atomes, toujours survivants, d'hélium et d'hydrogène, donne naissance à la série des atomes plus lourds qui constituent ce que nous appelonsles « éléments chimiques » et que nous baptisons, dans notre naïve vanité, des « corps simples », tout simplement parce que nous n'avons encore pu les décomposer

Mais voici justement que les phénomènes de la radioactivité sont en train de nous faire voir que cette décomposition, que nous avons été impuissants à réaliser, malgré tous nos efforts, se produit, dans le sein même de la matière, spontanément, sous nos yeux !

275. L'électricité atmosphérique. — Son origine. — Non seulement la masse du globe terrestre est le siège de phénomènes électriques, mais il s’en produit encore dans l'enveloppe gazeuse qui l'entoure, c'est-à-dire dans l'atmosphère. 11 suffit d’avoir été témoin d'un orage pour en avoir la certitude, et l'intensité que prennent, dans le milieu aérien, les manifestations de l'électricité que les physiciens ont appelée « statique » suffit à montrer leur importance.

D'abord, l'atmosphére est le siège d’un « champ électrostatique » : si avec un électromètre sensible, on mesure le potentiel de l’air en un point élevé de quelques mètres au-dessus du sol, on constate qu'il y a une valeur diflérente de celle que l'on trouve au niveau du sol; le potentiel augmente régulièrement à mesure que l'on s'élève, et cette augmentation est d'environ 100 volts par mètre d'élévation.

A l'intensité près, ce phénomène est analogue à celui que l’on observe en s'éloignant graduellement d'une sphère métallique isolée et chargée négativement.

On a donc été naturellement conduit à identifier la avec une sphère conductrice, chargée d'électricité négative et parfaitement isolée dans l’espace. È

Comment la ‘Terre a-t-elle reçu cette charge négative ?

Lord Kelvin admet qu'elle l'a reçue à l'origine de sa forma-

Terre

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