‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 327 sur 390 · LES RAYONS · texte numérisé non relu

LES RAYONS

d'admettre que notre globe joue le rôle d’une électrode positive : il peut arriver que des décharges, dont les deux pôles seraient situés sur ou dans le Soleil, traversent l'espace en y promenant leurs corpuscules cathodiques.

Ainsi, pour M. Deslandres, le Soleil est un centre d'émission de rayons cathodiques, et c'est à l’eflet de ceux-ci que serait due l'illumination de la couronne solaire.

Dans une conception d'une très haute philosophie, l'éminent astronome est conduit à penser que tous les corps célestes : soleils, planètes, comètes nébuleuses, doivent présenter les mêmes phénomènes, à l'intensité et à la proportion près. La diflérence des apparences ne proviendrait, alors, que de la différence entre les intensités. En partant de cette idée, M. Deslandres rapproche tout naturellement l'électricité solaire de l'électricité atmosphérique terrestre.

Nous avons vu que les couches supérieures de notre atmosphère étaient chargées positivement par rapportà la surface du sol terrestre. Si, donc, le Soleil estle siège d'un champ électrique analogue, ce champ doit y provoquer une décharge lumineuse continue. Le phénomène doit être plus marqué aux endroits où la surface est plus haute, c'est-à-dire au-dessus des facules, tout comme il est plus accentué, dans notre atmosphère, au-dessus des montagnes. La seule diflérence serait dans le signe de la charge de l'atmosphère solaire qui serait chargée négativement, comme l'a démontré Arrhenius.

Les couches de la haute atmosphère, étant donc chargées négativement, se trouveraient dans les mêmes conditions que le milieu raréfié des tubes à rayons X ; des décharges cathodiques peuvent s'y produire, arriver jusqu'à la Terre, et y engendrer les aurores polaires et les manifestations électriques et magnétiques que nous pouvons y observer.

De telles théories ont, on le comprend sans peine, une importance capitale. Si l’on peut assimiler l'atmosphère terrestre à l'atmosphère solaire, un grand progrès aura été accompli, car nous pouvons, à l'aide du télescope, du spectrohéliographe, étudier sur le Soleil des mouvements généraux de son atmosphère, ce qu'il nous est impossible de faire pour l'atmosphère terrestre dont nous ne pouvons connaitre et observer les mou-

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