‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 354 sur 390 · MASSE · texte numérisé non relu

MASSE

Nébuleuse « Trifid * du Sagittaire ; photographie prise à l'observatoire du Mont Wilson.

minent astronome Deslandres de dire que «les étoiles étaient les creusets où s’élaborait la matiere ». On a essayé de reproduire ces hautes températures dans des expériences de laboratoire : la décharge brusque d'un condensateur à travers un fil de tungstène l’a porté instantanément à une température de 30 000 degrés, ce qui a amené, non seulement la volatilisation du métal, mais encore sa désagrégation en atomes d’hélium. Or, comme nous l'avons vu en parlant de l'évolution des mondes, l'hélium est avec l'hydrogène et le nébulium l’un des éléments primordiaux des nébuleuses d'où procèdent les Soleils qui peuplent l’immensité de l'espace.

298. La variabilité de la « masse ».— La notion des électrons a changé complètement celle de masse. Dans certaines expériences de physique « nouvelle », on a pu suivre des cortèges d'électrons chassés à des vitesses effrayantes: 100000 kilomètres à la seconde, dans le tube de Crookes, et plus de 250000 dans le cas des rayons béta du radium. Et des mesures précises ont établi que la masse, au lieu d'être une grandeur invariable, dépendait de la vitesse et croissait avec elle : ceci avait éte démontré dès 1903, bien avant Einstein, par conséquent. De plus, on put établir un autre fait, à savoir que la vraie masse de l’électron n'est pas sa masse matérielle, sa masse « mécanique », mais bien sa masse électromagnétique.

Mais une autre découverte, autrement importante, avait été faite par l'illustre physicien anglais Clerk-Maxwell, dès 1873: ce savant, l'immortel auteur de la théorie électromagnétique de la lumière, avait démontré, comme conséquence de cette théorie, que chaque rayon de lumière devait exercer une pression materielle sur les corps qu'il rencontre. Les-physiciens se mirent à l'œuvre pour vérifier la chose, et, au prix de mille difficultés patiemment vaincues, le fait fut vérifié expérimentalement en 1892 : donc la pression de radiation existait ! Nous avons vu le parti qu'en ont tiré les astronomes pour expliquer de nombreux phénomènes célestes tels que l'existence de la couronne solaire, celle des queues cométaires, etc. Mais du moment qu'un rayon de lumière peut exercer une pression, c'est-à-dire un efiort mécanique, il faut nécessairement qu'il ait une masse, Ainsi ce fait si important de la « matérialisation de l'énergie », dont on attribue la découverte à Einstein, était connu bien avant lui, puisque les travaux de Maxwell datent de 1873

[l est donc tout naturel que ce rayon de lumière, qu? possède une masse, puisse ètre attiré, dévié de sa route par le voisinase d'une autre masse considérable qu'ileffleure au cours de son tra jet dans l'espace: c'est le principe de la vérification expérumen tale des principes de la relativité qu'Einstein avait demandé aux astronomes de faire lors des éclipses totales du 29 mai 1919etdu 20 septembre 1922. On voit que le fait s'explique simplement, st est vérifié :

photographiques [ut tres faible, presque de l'ordre de grande

en réalité, la déviation observée sur les plaques

des erreurs possibles, et la question reste à peu près entièr Voilà les principaux faits acquis par la science avant le ment où Einstein a fait son entrée en scène,

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