DIMENSIONS EXACTES DE LA TERRE
partie à contre-balancer l’action de la pesanteur et qui agit en sens contraire; cette force antagoniste est la force centrifuge due à la rotation de la Terre.
En eflet, considérons un point A de la Terre supposée sphérique (fig. 43) :
ce point est attiré vers le centre par la force d'attraction qui est la pesanteur vraie, À F. Mais, en même temps, la rotation de la Terre autour de l'axe P P'tend à le chasser perpendiculairement à cet axe, avec une force A F’, perpendiculaire à celui-ci, et qui est la force centrifuge. De sorte qu’en réalité le point A est soumis à l'action des deux forces : l'attraction du centre, F, qui se fait suivant le rayon, et la force centrifuge, F’, qui se fait perpendiculairement à l’axe de rotation.
Le point A sera donc soumis à une force A B qui sera la résultante des deux forces F et F’. On voit, par l'inspection de la figure, que cette dernière force, la force centrifuge F, augmente à mesure qu'on s'éloigne du pôle et qu'on se rapproche de l'équateur.
La résultante des deux forces, c'est-à-dire la force A B, à
Effet de la force centrifuge sur un cerceau élastique en rotation : naissance de l’aplatissement.
Existence de la FORCE CENTRIFUGE.
F1G. 44. — Son action pour provoquer L'APLATISSEMENT de la Terre.
laquelle est réellement soumis le point de la surface terrestre, ne passe donc plus par le centre de la Terre, mais à côté.
De sorte que la Terre ayant été « à ses débuts », comme nousle verrons en parlant de ses origines, formée d’une matière fluide dont les molécules, dont les éléments constitutifs pouvaient, du fait même de cette fluidité, obéir librement aux forces qui les sollicitaient, a dû prendre une forme extérieure telle que sa surface fût une « surface d'équilibre, » obéissant en tous ses points, à la condition d'être normale, à la force résultante A B.
L'analyse mathématique démontre qu'une telle surface doit ètre un ellipsoide de révolution aplati, c'est-à-dire la surface engendrée par une ellipse tournant autour de son petit axe :
lie] Dumef
F1G. 45. — L'hémisphere continental et l'hémisphère océanique, en prenant pour pôle l'ile Dumet.
telle doit donc être et telle est en réalité la forme exacte de la Terre (fig. 44). C’est un corps de révolution dont la section méridienne est une ellipse au lieu d’être un cercle, ce qui serait le cas si elle était sphérique.
Par suite de cette ellipticité de la Terre, le pôle réel P se trouve plus rapproché du centre que le pôle p qui serait sur une terre sphérique; par contre les points de l'équateur, E, E, sont plus éloignés du centre qu'ils ne le seraient s'ils occupaient leurs positions e e’ sur une terreayant la forme d'une sphère. Le pôle se trouve ainsi rapproché de 20 kilomètres du centre de la Terre.
De là l'origine et l'existence, tout autour de l'équateur terrestre, d'une sorte de bourrelet, d'un « renflement »
équatorial, formé par la partie de l’ellipsoide qui déborde de la sphère.
Le volume de ce bourrelet est la 151° partie du volume total de la Terre.
L Em CL. À. Berget.
: = "il 3 34. Dimensions L'ile DUMET, vue du large
exactes de la Terre. — Répartition des terres et des mers. — (Quelles sont donc les dimensions exactes de l’ellipsoïde terrestre?
Nous les donnons ici, d'après les derniers calculs. Ces données, comme nous le verrons au chapitre XVII, sont fournies, d'une part, par les mesures géodésiques; d'autre part, par les résultats des mesures de la pesanteur à l'aide du pendule.
Le demi-grand axe de l’ellipsoide terrestre, c'est-à-dire le « rayon » de l'équateur terrestre, a pour longueur 6378388 mètres. Le demi-petit axe, c'est-à-dire la distance de l’un des pôles au centre du globe, a pour longueur 6 356 909 mètres.
Quant à l’aplatissement c'est-à-dire au rapport qu'il y a entre la différence des deux axes et le grand axe, sa valeur la plus probable est 1/297. Par suite de cet aplatissement, comme nous l'avons dit plus haut, les pôles sont rapprochés de 20 kilomètres du centre de la Terre.
La circonférence de la Terre atteint 40076687 mètres à l'équateur; quant à la superficie du globe terrestre, elle est de 510 100 800 kilomètres carrés, dont 365 982 450 sont occupés par des océans et 144 118 350 par des terres émergées.
Il n'y a donc pas répartition égale des continents et des mers à la surface du globe; le domaine océanique est deux fois et demie plus considérable que le domaine continental émergé ; exactement : 2,54 fois.
Non seulement il n'y a pas égalité entre le partage des terres et des eaux, mais encore la répartition en est très variable d'un hémisphère à l’autre.
C'est ainsi que l'hémisphère nord comprend 100 093 000 kilomètres carrés de terres et 153 957 300 kilomètres carrés de mers, tandis que l'hémisphère sud comprend 212025 850 kilometres carrés de mers et seulement 44025 150 de terres émergées.
Les géographes sont allés plus loin, et ils ont cherché à déterminer sur la Terre deux hémisphères tels que l’un contient le plus de terres, l’autre le plus de mers possible.
Il résulte des calculs du Professeur A. Berget que, si l’on prend pour pôle une petite ile située dans les eaux françaises, près de l'embouchure de la Vilaine, et qui s'appelle l’île Dumet, on partage le globe terrestre en deux hémisphères tels que l’un, celui qui a pour pôle l'ile Dumet, contiendra à peu près autant d'eau que deterres émergées, tandis que l’autre, celui qui a pour pôle l'antipode de l'ile Dumet, renferme neuf fois plus de mers que de continents (/ig. 49).
Il y a donc sur la Terre un hémasphère continental et un hémisphère océanique. Les superficies exactes sont, dans l'hémisphère continental: terres, 115 405 561 kilomètres carrés, soit 45,5 % ; mers, 139 646 S39 kilomètres carrés, soit 54, 9 %;