SYMPHONIE MACABRE
SYJVIPHOHIE MACABRE
Le soir vient d'ajouter son ombre A notre atroce obscurité...
C'est le moment d'être les Ombres Que la nuit sait ressusciter!
Soyons le bataillon farouche
Et lugubre ! Soyons les morts
Qui vont sans regard et sans bouche
Semer la peur et le remords.
Ouvrons les portes de nos tombes!
C'est l'heure d'être sur nos seuils!
Soyons la vivante hécatombe Et foulons du pied nos cercueils!
Jaillissons hors des cimetières!
Formons un régiment qui part Pour une guerre imaginaire, Mais qui se fera autre part!
Créons la cohorte terrible De ceux qui n'ont plus de repos Et qui recherchent une cible Pour la marteler de leurs os!
Soyons la meute qui se lasse De sa cage d'obscurité Et qui bondit, comme à la chasse, A la trace de la clarté!
Que nous souffrons au fond des fosses!
On y est trop assoiffé d'air!
— C'est toujours vers l'air que se haussent Nos membres dénués de chair!
Ah! L'affreux endroit où nous sommes Uniquement pour y gésir!
Mais de n'être plus chez les hommes On ne manque pas de désirs!
Et nous voulons des luttes folles!
Nous voulons aller n'importe oii Enrouler une farandole Dont on ne verrait pas le bout!
Ah! Quelle course triomphale Parmi l'épouvante et Thorreur!
Ah! saccageons de gestes sales La traîne claire du Bonheur!
Car nous méprisons bien des choses Et ce vers quoi nous aspirons Ce n'est pas un jardin de roses Où l'on trouve des liserons.
Ce n'est pas la forêt charmante Que fréquentent les amoureux, Ce n*est pas l'étang d'eaux dormantes Oii l'on rêve à des jours heureux,
Ce que nous cherchons avec rage.
Ce que nous demandons sans fin,
C'est un asile sans tapage,
Sans murs, sans fleurs et sans parfums!
Mais partout, partout oii l'on aille La vie est là qui nous poursuit.
Qui nous torture, qui nous raille Par l'éternité de son bruit.
« Et nous essayons une danse Pour nous r>,^thmer un peu d'oubli, Mais nous gardons notre souffrance Dans nos squelettes affaiblis.
Ah! Quel spectacle ridicule
Que notre pitoyable effort!
Ah! Qu'on nous brûle, qu'on nous brûle 1
Peut-être alors serons-nous morts!
Et notre cendre éparpillée Aura sans doute le destin De la matinale rosée Qui va se poser sur le thym.
Elle aura l'ardeur qui parfume Puisque parmi l'aube et le soir C'est un peu nous qu'elle résume Dans un idéal bleu et noir.
Hélas! Nous souffrirons encore!
Nos âmes ont un feu secret Qui nous consume et nous dévore Sans nous anéantir jamais!
Car si l'on a brûlé nos membres, Si l'on a pourri nos esprits, Nos squelettes d'âmes se cambrent En contorsionnant leurs débris!
Notre douleur est éternelle!
Nous souffrirons toujours, encore!
Car le monde se renouvelle
Sur tous ceux qui ne sont pas morts!
PROMENADE DRJiS LE SOIR
PHOpE^flDE
DAHS LiE SOIR
Par ces beaux soirs d'automne où votre cher visage,
Contre le mien serré, Examinait au loin le mouvant paysage
D'un regard enfiévré,
Par ces beaux soirs dorés où nous allions ensemble
Sur les chemins poudreux Devenus pour un jour d'immenses colliers d'ambre
Que reflétaient nos yeux,
Par ces beaux soirs brûlants où vous trembliez toute
Chaque fois qu'un détour De notre interminable et sinueuse route
Cachait l'horizon lourd,
Par ces beaux soirs ombreux qui venaient sur nos têtes
Doucement se poser Afin de dérober aux foules indiscrètes
Le geste des baisers,
Par ces beaux soirs ardents oii l'odeur du pétrole
Se mêlait au parfum De vos cheveux défaits, comme elles étaient folles
Nos étreintes sans fini
Comme c'était troublant et superbe d'entendre,
Sous les arbres bleuis, Un souffle frémissant, mystérieux et tendre
Où gémissait la nuit!
Que c'était donc charmant d'avoir dans notre course \ I Et pour nous diriger
Piqués au Ciel les sept grands points de la Grande Ourse Avec l'étoile du Berger!
Inoubliable instant où tout l'être se pâme D'angoisse et de langueur
Pour avoir cru sentir dans le fond de son âme Palpiter l'autre cœur!
LES PfllRFOMS