‹ Le ciel intérieurChapitre 6 sur 8 · LES PARFOIS · texte numérisé non relu

LES PARFOIS

Les parfums sont souvent de fortes symphonies Dont les âpres accords rendent nerveux les cœurs, Parfois ce sont aussi de frêles mélodies Qui font sourdre les pleurs.

Et la sublimité de leurs gammes antiques Est si miraculeuse et si douce à sentir Que nous ne pensons plus à ces formes rustiques Dont on les fit sortir.

Et pourtant c'est des fleurs, de ces fleurs que l'on aime, Qu'a jailli pour jamais ce merveilleux trésor... Mais qui songe en humant ces arômes suprêmes Qu'ils sont dus à leurs morts .^

Oublions donc, parfums, votre atroce naissance, Puisque une œuvre ici-bas ne vient pas sans martyrs, Et laissons-nous griser un peu par votre essence Pour nous anéantir!

Emportez-nous encor dans un sublime rêve, Puissants évocateurs des plus chers souvenirs, Et faites retomber le voile que soulèvent Les doigts de l'Avenir.

Présentez de nouveau votre divin mensonge Quand vous ressuscitez quelque bonheur défunt, Alors que vient mourir sur la mer de nos songes Votre souffle, ô parfums!...

LE IiÉVRIER

Page 1