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LE SOLEIL ET LES PLANÈTES

Dimensions comparées.

Les mouvements de rotation et la forme des globes planétaires , qui dépond en partie de la vitesse rotatoire , vont nous fournir de nouvelles analogies. Les planètes moyennes tournent sur leur axe en des temps presque égaux, à peu près en 24 heures, vitesse 25 fois 1/2 plus rapide que la vitesse de rotation du Soleil. Jupiter et Saturne tournent encore 2 fois 1/2 plus vite; aussi la forme de leurs globes est-elle considérablement aplatie, tandis que celle des sphéroïdes constituant les planètes moyennes est beaucoup plus approchée de la sphère. Enfin, parmi ces dernières, seule notre Terre a un satellite, tandis que les grosses planètes en ont dix-sept à elles quatre et peut-être davantage. Est-ce là encore un caractère qui se rattache physiquement, à l'origine, à la plus grande vitesse du mouvement de rotation? C'est probable.

Quant aux petites planètes, ce qui, outre leur faible volume individuel, les différencie des deux autres groupes, c'est beaucoup plus les éléments de leurs mouvements que leurs caractères physiques encore à peu près complètement inconnus. L'entrelacement de leurs orbites, la grande excentricité de la plupart de ces com^bes, les fortes inclinaisons de leurs plans, voilà surtout, avec leur nombre considérable et leur accumulation en une région resserrée du monde solaire, ce qui empêche de les confondre aussi bien avec l'un qu'avec l'autre des deux groupes qu'elles séparent.

On a beaucoup agité la question de l'habitabilité des planètes du monde solaire. On s'est demandé si la Terre seule est embellie à sa surface par les productions de la vie animale et végétale, si elle est seule habitée par des êtres intelligents et sensibles. L'astronomie ne peut aborder que trèsindirectement ces questions intéressantes, dont la solution restera probablement toujours dans le domaine des conjectures. Mais nous voyons avec quel soin minutieux cette science rassemble tous les éléments du problème, toutes

les données que l'observation peut fournir sur les conditions physiques et météorologiques propres à chacun des corps du monde solaire. En partant de ces données, encore bien insuffisantes, ce sont les planètes Mars et Vénus qui paraîtraient différer le moins de la Terre, et qu'on pourrait supposer, avec le moins d'invraisemblance, en possession d'une flore et d'ime faune semblables à la faune et à la flore terrestres. Mais cette ressemblance n'est qu'une pure hypothèse ; car une simple différence dans la constitution chimique des atmosphères, par exemple, peut la détruire. Quant aux grosses planètes, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, leur faible densité permet de croire que leurs couches superficielles sont à l'état fluide, d'où l'on pourrait induire qu'elles ne sont point parvenues encore à acquérir les conditions nécessaires à l'apparition de la vie à leur surface.

Sans doute, en s'en tenant aux vagues analogies, chères aux partisans des causes finales , il y a de fortes probabilités que quelques-unes des planètes et de leurs lunes sont habitées. Mais quel est le genre d'organisation des êtres végétaux et animaux qui les peuplent? C'est ce dont il est plus difficile encore de se faire une idée, dans l'état actuel de la science. D'ailleurs n'est-il pas probable que les Ages des planètes sont fort différents, et que, même en supposant qu'elles ont dû ou doivent passer les unes et les autres par les mêmes phases géologiques, ces phases sont loin d'être les mêmes aux mêmes époques? On pourra donc longtemps encore écrire des volumes sur cette question, appuyer de semblants de raisons, basées sur des données scientifiques imparfaites, les hypothèses les plus hasardées : on ne sortira point pour cela du domaine des conjectures. Chacun, selon la tournure de son imagination, de ses convictions philosophiques ou de ses croyances religieuses, pourra toujours à son gré rejeter ou admettre de telles hypothèses.

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