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E.Guil/emin def et $c^
de rotation du Soleil, et qu'il était naturel d'admettre par analogie un pareil mouvement dans les étoiles. Quant au fait de faces plus ou moins lumineuses, il pouvait se justifier de la même manière, en considérant les faces obscures comme produites par un envahissement de taches semblables aux taches noires du Soleil. Cependant Cassini, qui objectait à Bouillaud les inégalités d'éclat de Mira à ses diverses périodes, ne songeait pas à expliquer ces inégalités par les changements survenus dans le nombre et la position des taches : il supposait un mouvement particulier dans les pôles de révolution de l'étoile.
Aujourd'hui, l'hypothèse de la rotation est assez généralement admise, au moins pour les étoiles dont la période est régulière; mais ce n'est pas la seule hypothèse possible, et d'ailleurs elle n'indique rien de certain sur la nature intime des phénomènes qui donnent lieu aux changements d'éckt. Les faces du globe stellaire peuvent être considérées Comme inégalement lumineuses, ces inégalités restant constantes pendant de longs intervalles de temps : c'est ce que supposait Bouillaud. Ou bien, les accidents qui, à des époques inconnues, ont atteint partiellement la photosphère sont, comme les taches du Soleil, des accidents variables, et, dans ce cas, les périodes doivent être affectées- d'irrégularités, de changements plus ou moins lents. Quelques astronomes considèreiit les étoiles variables, comme des soleils dont le refroidissement a successivement coûsolidé certaines-parties de leur surface^ en un mot comme des soleils encroûtés. On peut encore admettre que les variations- d'éclat proviennent de la forme très^ aplatie du globe stellaire. C'était l'hypothèse dcMaupertuis ': mais, dans ce cas, ce n'est plus la rotation qui causé directement les changements que nous constatons périodiquement dans leur lumière. Maupertuis admettait que certaines étoiles; tournant avec une grande rapidité sur leur axe, ont uii aplatissement considérable, que des.' planètes circulant autour, de
ces astres dans des orbites très-excentriques pouvaient, en passant au périhélie, agir par leur masse sur l'étoile située au foyer, incliner plus ou moins son axe de rotation et faire ainsi qu'elles tournent vers nous des faces différentes. Tantôt ces étoiles se présenteraient à nous par un de leurs méridiens ou par leur tranchant; en ce cas, elles seraient à leur minimum d'éclat; tantôt elles se montreraient comme des sphères ayant même diamètre que leur équateur, et alors ce serait l'époque de leur maximum. Cette opinion, toute conjecturale, soulève à la vérité des objections de plus d'un genre.
On a encore imaginé d'autres causes de la variabilité périodique des étoiles : par exemple, l'occultation ou l'éclipsé totale ou partielle que des satellites obscurs, des planètes produisent en passant au-devant de l'étoile, sur la ligne qui joint son centre à la Terre. En ce cas, la période de disparition et celles de diminution ou d'augmentation qui précèdent ou qui suivent la première, devinaient être très-courtes comparativement à la période pendant laquelle l'étoile conserve un éclat lumineux constant : c'est précisément le cas pour Algol, dont la phase de diminution a une faible durée relativement à la durée totale de sa période. Il est vrai qu'alors, il faudrait supposer que le satellite occultant accomplit sa révolution totale dans le court intervalle de 2 jours 21 heures, ce qui peut sembler improbable. Au lieu de corps obscurs tels que des planètes, on a supposé des nébulosités dont l'interposition périodique pourrait produire les même effets : comme ces nébulosités peuvent former de longues traînées, analogues par exemple aux traînées météoriques de notre monde solaire, elles rendraient compte d'une manière plus satisfaisante des phénomènes observés que les satellites obscurs. Du reste, disons que cette dernière explication de la variabilité des étoiles à été suggéi-ée par un fait d'observation : quelques-uns de ces astres ont paru, pendant la période du minimum d'éclat, entourés d'une sorte de brouillard.
En résumé, il est difficile de décider laquelle de ces hypothèses diverses est la plus vraisemblable : peut-être toutes sont-elles vraies à divers degrés; mais celle qui explique les périodes très-régulières par la rotation nous paraît la plus probable, et, dans ce cas, le tableau que nous avons donné plus haut (p. 769) nous indiquerait en même temps les durées des rotations d'un certain nombre de soleils, les uns tournant sur leurs axes, comme Algol, avec une vitesse neuf fois plus grande que celle de notre Soleil, les autres, tels que l'étoile R de l'Hydre, ayant un mouvement de rotation dix-sept fois plus lent. C'était l'opinion de W. Struve. Parmi les étoiles variables, on remarque des couples binaires. Telle est y de la Vierge, dont nous avons eu l'occasion de citer le mouvement de révolution. Les deux étoiles qui la composent ont changé d'éclat, et la plus brillante est devenue inférieure à l'autre, au bout de quelques années. La variable a de Cassiopée est aussi une étoile double : Struve fait observer qu'il y en a beaucoup d'autres. « Ce qui est surtout d'une haute importance, ajoute alors cet éminent astronome, c'est qu'on peut conclure de ce changement de lumière des étoiles doubles, qu'elles se meuvent autour d'un axe de rotation, et que par conséquent nous avons trouvé une nouvelle analogie entre ce système de plusieurs soleils et notre système planétaire. » Dans l'hypothèse des satellites obscurs, on peut voir que si l'analogie est autre, elle n'est pas moins curieuse.
Les mêmes explications peuvent-elles rendre compte des phénomènes présentés par les étoiles variables non périodiques, par les étoiles nouvelles ou temporaires, par les étoiles qui ont disparu de la voûte des cieux? La régularité du mouvement de rotation ne permet point évidemment de s'arrêter à cette seule hypothèse : il y faut joindre des changements accidentels survenus dans l'astre lui-même. Nous en verrons plus loin des exemples; mais l'interposition d'astres obscurs, de nébulosités opaques étrangères au système de l'étoile va-
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riable, pourrait encore jusqu'à un certain point rendre compte d'un affaiblissement temporaire.
Quant aux étoiles nouvelles qui, comme la Pèlerine de 1 572, l'étoile de Kepler, etc., ont fait une subite apparition en atteignant presque aussitôt un éclat prodigieux, si ce sont des étoiles variables dont la période d'éclat minimum ou d'extinction complète est très-longue, comment expliquer ces brusques changements d'intensité, ces apparitions presque subites d'astres, qui, du premier coup, atteignent leur plus grand éclat? On a cherché jadis à s'en rendre compte, en supposant un mouvement très-rapide de l'étoile, mouvement qui, en peu de temps, la rapproche ou l'éloigné considérablement de la Terre; mais de toutes les hypothèses, c'est évidemment la plus invraisemblable. Arago examinant' cette question du mouvement, démontre que pour passer de la première à la seconde grandeur par un simple changement de distance, il faudrait six ans à une étoile qui se déplacerait avec la vitesse de la lumière, ou parcourant 300000 kilomètres par seconde. Or^ l'étoile de 1572 a subi en un mois ime pareille variation. Il faudrait donc supposer une vitesse 72 fois plus grande, c'està-dire deux cent mille fois supérieure à la vitesse du plus rapide des mouvements d'étoiles connu, hypothèse évidemment absurde.
D'un autre côté, si l'on explique ces phénomènes par d'immenses incendies, des conflagrations subites survenues à la surface d'astres jusqu'alors obscurs, par des extinctions progressives amenant la décroissance d'éclat, puis la disparition, de telles catastrophes sont bien faites pour frapper notre imagination et détruire cette idée si ancienne de l'immuabilité des cieux. Peut-être les forces électriques et magnétiques jouentelles un rôle dans la production de ces gigantesques coups de théâtre. Humboldt semble pencher vers cette idée. Il proteste