De l'Autel (3645 H
les points lumineux se pressent comme vers une masse prépondérante. Dans les amas de la figure 303, on ne voit plus rien de pareil. Une forme bien singulière est celle de l'amas étoile de la planche XLIV bis.
Avant de continuer notre description des nébuleuses, il n'est pas sans intérêt d'arrêter un instant notre attention sur
1. Le mot informe est peut-être ici incorrect. Et, en effet, l'amas n" 1 de la figure forme, dans sa partie centrale, un cercle, dont les étoiles semblent coupées suivant deux diamètres à angle droit par des espaces vides, et qui est enveloppé d'un anneau pareillement vide d'étoiles. L'amas n° 2 a l'apparence d'un triangle circonscrit à distance par les trois côtés d'un carré formé d'autant de files de points lumineux.
les amas de forme globulaire ou sphérique. Rappelons d'abord que, sur un nombre total de 637 amas que renferme le catalogue général des nébuleuses d'Herschel, 102 sont notés comme globulaires, et 30 de ceux-ci sont entièrement résolus; les 72 autres sont simplement résolubles.
De telles associations, formées le plus souvent de myriades d'étoiles, sont évidemment des systèmes, des groupes, dont les individus sont unis par un lien physique. En admettant comme une hypothèse hautement probable, que ce lien est celui des corps célestes de notre système, celui des composantes des étoiles doubles et multiples, c'est-à-dire la gravitation, on se demande naturellement quelles perturbations multipliées doivent subir les mouvements de tant de corps réunis, si rapprochés, que les collisions semblent devoir être inévitables. La forte condensation qu'on observe au centre de quelques amas, dénote en outre, ainsi que J. Herschel l'a fait remarquer, autre chose qu'une simple distribution uniforme d'étoiles équidistantes. Elle indique une tendance vers le centre, qui, à moins d'un mouvement rotatoire et de la force centrifuge résultant de ce mouvement, doit amener à la longue un affaissement progressif. Quelle idée doit-on donc se faire de l'état dynamique et de l'équilibre de pareils systèmes?
L'état de la science ne permet sans doute aucune réponse positive à cette question, aucune solution de ces problèmes si vastes. Mais il ne faut pas oublier qu'en les posant, nous embrassons par la pensée des phénomènes dont la durée doit être aussi prodigieuse que la distance des régions où ils se passent. Nous condensons en un moment ce qui exige sans doute des milliers de siècles pour s'accomplir, de la même manière que, grâce à la prodigieuse distance des amas, nous condensons dans notre vue, au foyer de nos instruments, d'incommensurables espaces.
Plaçons-nous par la pensée au centre d'un des amas stel-
PL. XLIV bis