TROISIÈME PARTIE
§ 1. CONSTELLATIONS VISIBLES SUR l'hORIZON DE PARIS. CIRCOMPOLAIRE BORÉALE.
Avant d'étudier en eux-mêmes les phénomènes que présente le ciel étoile, avant de pénétrer, comme nous venons de le faire, au cœur de l'univers visible, pour en saisir la structure merveilleuse et en embrasser par la pensée la prodigieuse étendue, il est bon de se familiariser avec les groupes d'étoiles, tels qu'ils se présentent à l'œil d'un habitant de la Terre. Les mouvements dont les étoiles prétendues fixes sont douées s'effectuant, ainsi que nous l'avons dit plus haut, avec une extrême lenteur, il en résulte que les groupes artificiels ou constellations affectent pendant des siècles les mêmes figures. Une telle constance de forme, jointe à la différence d'éclat des étoiles principales, donne à chaque constellation ou astérisme un aspect caractéristique qui va nous permettre de nous débrouiller au milieu du chaos de tant de points lumineux.
Choisissons, pour faire cette révision du ciel, une station quelconque à la surface de la Terre, par exemple l'horizon de Paris. Comme notre globe, en vertu du mouvement diurne, exécute en vingt-quatre heures environ une rotation entière autour de son axe, il en résulte que la
portion de la voûte céleste visible dans la station que nous avons choisie, défde entièrement devant nos yeux pendant le même temps. Il nous suffirait dès lors de vingt-quatre heures pour eflecluer notre revue, si l'illumination de l'atmosphère n'efl'açait les étoiles pendant le jour. Mais l'alternative du jour et de la nuit ne permet de voir qu'une portion des étoiles visibles en un lieu donné.
Heureusement, le mouvement de la Terre dans son orbite annuelle résout cette difficulté. En vertu de ce .mouvement, chaque nuit vient nous montrer de nouvelles étoiles, tandis que d'autres d'abord visibles disparaissent. Dans le cours d'une année, la Terre présente ainsi successivement l'un quelconque de ses hémisphères obscurs à toutes les parties du ciel, à toutes celles du moins qui peuvent correspondre à l'horizon de l'observateur.
Enfin, il ne faut pas perdre de vue que, même dans cette hypothèse, toute une partie de la voûte céleste restera encore invisible. Il va suffire, pour s'en convaincre, de se rappeler quel est l'effet du mouvement diurne de rotation sur l'aspect du ciel en un lieu donné de la Terre, à Paris, je suppose. Un point situé à une certaine hauteur au-dessus de cet horizon, et au nord dans la direction du méridien, reste immobile C'est l'un des pôles. Puis, autour de ce point les étoiles semblent décrire, du levant au couchant, des cercles de plus en plus grands à mesure qu'elles sont plus éloignées du pôle. Tant que ces cercles ne vont pas atteindre l'horizon par leur arc inférieur, les étoiles ne se lèvent ni ne se couchent et restent constamment visibles : ce sont les étoiles circompolaires. Au delà, les cerctes décrits plongent en partie au-dessous de l'horizon, grandissant jusqu'à un cercle limité qui est l'équateur. Puis, en s'éloignant encore, les étoiles décrivent des arcs de plus en plus courts, du côté du midi. Les dernières se lèvent à peine pour bientôt se coucher et disparaître. Un conçoit donc qu'il reste toute une zone d'étoiles, lesquelles n'émergeant jamais au-dessus de l'horizon de Paris, sont à jamais invisibles pour tous les lieux de la Terre q.ui ont cette même latitude. Ce sont les étoiles qui environnent le pôle méridional du ciel, et qu'un observateur découvrirait peu à peu, à mesure qu'il descendrait en s'approchant des régions équalorialcs de la Terre'.
- l..Eu verlu des deux mouvements de la ïeneel de sa l'orme sphéiique, la portion de la sphère céleste visible en un lieu quelconque du globe varie avec la latitude de ce lieu. A l'équateur, c'est le ciel tout entier, hémisphère boréal et hémisphère austral, qui défile devant l'observateur pendant les nuits d'une année entière. Les deux pôles sont couchés à l'horizon, dont ils marquent les points nord et sud ; l'équateur céleste va de l'est à l'ouest en passant par le, zénith. A mesure qu'on s'avance de J'èquateur vers l'un ou l'autre des pôles, la portion dij ciel visible diminue, tout en dépassant la moitié. Enfin, aux pôles mêmes, on ne voit plus qu'une seule moitié du ciel, boréale ou australe, suivant les pôles. L'équateur céleste co'incide avec l'horizon lui-même, et le pôle céleste est au zénith. -
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