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chée, et que Mercure se projette sous forme d'une tache noire el ronde, traversant le disque solaire. D'une date ainsi connue, peut-on déduire les époques des passages, soit passés, soit à venir, de la planète? La question est de trouver des multiples communs des durées de la révolution sidérale de la Terre, des révolutions sidérale et synodique de Mercure, puis, en s'appuyant sur les tables du Soleil et de la planète, d'étudier les conditions précises de position de leurs centres aux époques ainsi trouvées. C'est un calcul assez complexe, dont la première ébauche est due à Kepler (1627).
Dès le dix-neuvième siècle, Averrhoès croyait avoir vu Mercure sur le Soleil. Scaliger, puis Kepler, en mai 1607, crurent aussi apercevoir la
Fig. 359. Passages de Mercure sur le Soleil ; 1° le 12 novembre 1861; 2° le 5 novembre 1868.
planète; mais comme leurs observations étaient faites à l'œil nu, que Mercure n'a jamais un dianjètre supérieur à 12", et qu'un point noir de cette dimension est trop petit pour être vu, sans le secours des lunettes, il est probable qu'il s'agissait de taches solaires de grands diamètres. C'est Gassendi qui, le premier, observa le phénomène du passage, le 7 novembre 1631, vérifiant ainsi la prédiction faite par Kepler'. Le second témoin du passage de Mercure fut un astronome anglais, Shakerley, qui se rendit exprès à Surate, pour observer celui du 2 novembre 1651 ; ce passage n'ayant lieu cjue de nuit, était invisible pour l'Europe.
1 . " La première de ces observations, dit d'Alenibert dans V Encyclopédie, fut faite à Paris par Gassendi, le 7 novembre 1631, et, comme dit ce philosophe, selon le vœu et l'avertissement de Kepler. Car Kepler avait prédit ce passage et en avait publié ou écrit l'année précédente qui fut celle de sa mort. »
Halley et Delambre reprirent les calculs de Kepler, et le premier de ces savants détermina les périodes de retour des passages de Mercure, lesquelles sont de 6 à 7 ans, de 13, de 46 et de 263 ans. Lalande en a publié une table qui, pour les passages de mai, au nombre de 13, comprend ceux qui ont eu ou doivent avoir lieu depuis 1615 jusqu'à 1891, et pour ceux de novembre (nœud ascendant), au nombre de 27, comprend les passages de 1605 à 1894. Jusqu'à la fin du dix-neuvième siècle, il y aura encore quatre passages de Mercure, deux passages de mai, en 1878 et en 1891, et deux passages de novembre, en 1881 et en 1894.
La durée d'un passage est très-variable. Elle est au maximum d'environ 8 heures. Parmi les quarante passages de la table de Delambre, la durée minimum, calculée pour le centre de la Terre, est celle de novembre 1776, qui fut de une heure onze minutes environ; et la plus grande, celle de mai 1707, qui s'est élevée à sept heures cinquante-quatre minutes.