‹ Le ciel, séjour des élus [microforme]Chapitre 12 sur 67 · LE SERMON DE SAINT-LÉONAD · texte numérisé non relu

LE SERMON DE SAINT-LÉONAD

faites et qui abaissent plutot qu'elles ne r

vent les délices de cette bienheureuse patrie, Aussi ces figures, ces symboles doivent-ils être pris dans un <ens plutôt mystique

que Httéral. Je suis porté à croire que les Pre phètes et les

imgclistes, en es emplovant, ont fait comm les ast

nomes, lesquels, vovant notre ciel tout parsemé d'étoiles

Si différentes les unes des autres par leurs mouvonents, leurs influences et leur grandeur. Y ont imaginé unc multitude de figures naturelles où fabuleuses: ici ils ont

mis un taureau, là un lion, ici un sco n, ailleurs un

chariot, un

CTeVISSC, UN Capricorne. Est-ce que tous ces monstres existent au ciel? Nullement: ce n'et qu'un caprice des astronomes qui se sont vus obligés d'inventer

ces signes afin de micux s'entendre, De mème les Pro

phètes et les Evangélistes se servent d'emblème: Lrossiers

ctneus parlent de jardins toujours fleu

et odoriférants, d'automnes toujours chargés de fruits, de perpéruels ct harmonieux concerts, d'or et de pierres précieuses, de

saphirs et d'ambre, de festins et de musiques, de fêtes ct

de théâtres, toutes choses pr pres à former un paradis qui flatte les sens, mais nullement k paradis véritable qui doit faire la félicité des esprits. On a recours à ces figures de préférence, parce qu'elles nous charment

davantage et sont plus à notre portce; mais au fond les

torrents de délices qui inondent de toutes parts cette Jérusalem céleste, ce sont des secrets, nous dit Saint Paul,

Qu'il n'est pas donné à l'homme d'exprimer (1)

(1) Areuna verba quæ non licet homini loqui, IL Cor. XIE, 4,

Fr

vous le demande, si tout ce qu'on a dit et écrit, si tout

ce qu'on a pu dire et éc

‘re de la gloire du paradis n'est qu'une pure description symbolique, quelle sera la vérité? La voic

: le saint roi David nous la chante sur sa harpe

prophétique, lorsqu'après après vu cette gloire immense, ravi en extase, il entonne ce magnifique cantique : “J'ai dit dans mon ravissement : tout homme est impuissant ä en parler; faisant entendre par là que nous savons du ciel seulement ce qu'il n'est pas, si bien que l'on peut

écrire sur ses portes, en caractères de feu, ces mots:

ter, jamais ! ”

“On peut l'acquérir, mais l'appré j

Cela supposé, que fera-t-on pour ne pas sortir d'ici avec une déception complète, et nous former du paradis une autre idée que celle que nous donnent toutes ces figures? Voici le moven, ct il n'y en a, ni ne peut y en avoir d'autre: C'est d'aller an Ciel pour le voir! Deux jeunes gens qui désiraient suivre Jésus en qualité de disciples, luitdemandèrent où il demeurait. Le Seigneur leur répondit: Venez et voyez, Il ne se répandit pas en long

discours, remarque le Vénérable Bède, pour leur

manifester |

richesse, la beauté, la gloire de son

rovaume : il se contenta de leur dire: Venez et vous le

verrez: parce qu'on peut bien voir la gloire de Jé Christ, mais on ne peut l'exprimer. Au ciel done, mes chers frères, au ciel! Tous tant que vous êtes, prenez congé de ce monde: un monde plus beau vous attend.

Adieu parents, adieu amis, adieu terre, Prenez votre

essor pour accompagner une àme bienheureuse qui, sortie

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