‹ Le ciel, séjour des élus [microforme]Chapitre 13 sur 67 · VOYAGE AU PARADIS · texte numérisé non relu

VOYAGE AU PARADIS

de la prison de son corps, s'envole au paradis. Voyez cette âme fortunée au milieu d'une troupe de séraphins, qui lui disent avec des accents de joie: le temps des tribulations et des larmes est passé : réjouis-toi, il n'v aura plus pour toi pendant toute l'éternité, ni famine, ni peste, ni guerre; tu jouiras d'une vie, d'une santé, d'une allégresse et d'une paix inaltérable, Et en parlant ainsi, ils ont déjà franchi avec elle, dans leur vol siblime, les

régions de l'air: déjà la terre avec toutes ses misères a

disparu à ses veux. Elle traverse ainsi les cercles de la lune, de Mercure, du soleil, S'instruisant, en passant, des mouvements, des influences et de la grandeur de tous ces astres. Elle entre dans le firmament, où elle est comme couronnée par cet amas d'innombrables étoiles, qui paraissent si petites d'ici-bas, et qui là-haut sont si vastes, si brillantes et si belles. Elle monte plus haut encore, et foulant aux pieds les étoiles, elle dépasse le firmament pour entrer dans le ciel le plus voisin du séjour des élus. Déjà elle aperçoit une clarté, un jour, elle respire un air et des parfums qui présagent le paradis. Ah! le voilà, le voilà, ce délicieux séjour! voilà cet immense océan de lumière, mais d'une lumière nouvelle et telle qu'elle n'en a jamais vu de semblable. C'est alors qu'elle commence à voir ce que l'oeil n'a point vu, ni l'oreille entendu, La voilà sur le seuil: elle entre. Mon Dieu! qui pourrait jamais dire le contentement, la jubilation, les délices qui inondent cette âme la première fois que le paradis se

déploie à ses regards® Ah! il me semble l'entendre

24 LE CIÉI

S'ecricr: Dieu soit loué! je suis enfin délivrée des craintes, des angoisses, des dangers de me perdre éternellement ; aprés tant de tempêtes, me voici arrivée au port saine et

sauve: apres tant de combats, je puis chanter l'hyinne du

triomphe: Zn domum Domini ibimus: Nous entrerons

dans la maison de Dieu. Oh! quel bonheur de voir son

salut et son éternité en sûreté!

Cette assurance seule me fait déjà éprouver un véritable paradi C'est maintenant

que je puis dire avec plus de raison que Saint Pier

est bon pour nous de rester

ports se livre le l'aradis tout entier à Ja vuc de cette âme

bienheureuse: voyez comme tous s'empressent à l'envi

d'aller à sa rencontre. Oh! quelle , quelle fête pour

elle en reconnaissant ses saints patrons, ceux qui lui

obtinrent particulièrement la grâce de bien mourir: ceux

dont elle a pe

ceux dont elle à propagé le culte.

“le non

Quel tendre accueil fait cette sainte âme à $ bien-aimés parents! Voici mon père, dit-elle: ah! père chéri, que de

larmes j'ai versées à votre mort, mais les voilà cssuvées

pour toujours, © ma mère, ma tendre mère, j'ai pense

mourir de douleur en vous perdant, vous qui étiez l'unique s retrouve en Dieu

soutien de ma vie, mais comme je vi

plus chère et plus aimable encore! Laissez-moi embrasser

es am's qui m'ont consolée dans mes tr

mes chers amis, nous voici, grâce à Dieu, réunis pour nc

séparer, Puis, quelle jubilation en

nous plus jamais

voyant une multitude d'ämes qu'elle à tirées du Purga-

toire, d'autres qu'elle à remises dans la voix du salut, ou

VOYAGE AU PARADIS 25 qu'elle à aidées à se sauver Mais est-il bien certain, mon Pére, qu'on se réconnaitra li-haut ? Et pourquoi

pas, mes bien-aimés? Bien mieux, € lä-haut qu'il y

affectueuses congratulations, de doux

aura de sincères € entretiens, de saints embrassements, de pures et cendres

Haisons, Ah! dilatez vos cœurs, car ces notions si belles,

qui ne sont pas des fables et des fictions, mais de solides vérités, vous confirmeront de plus en plus dans la per suasion que ce lieu incomparable n'est pas connu. Non, nous ne comprenons pas ce que c'est que le paradis, et

nous ne pouvons pas méme le comprendre tel qu'il est,

Ne perdons pas de vue cependant l'âme bienhieur use environnée de son brillant cortège: plus elle monte, et plus elle voit croître la majesté, la pompe, la gloire de ce magnifique amphithéatre, Je me la représente comme une étrangère, à qui ses guides montrent et expliquent toutes les merveilles de la délicieuse patrie: entrez, fui

andeur de

disent-elles, et voyez la splendeur et la g l'édifice, autant que votre regard en est capable. Admirez, âme bénie, l'élévation, l'étendue, la magnificence des

lais que Dieu à bien voulu assigner à ses élus. Que

pi dites-vous de ce séjour si lumineux, si vaste, si ravissant ? de cet air si pur et si tranquille, que n'altéra jamais ni la chaleur, ni l'humidité, ni le froid? Ici plus de mélange de bien et «de mal, plus de vicissitudes de saisons, plus de besoin de nourriture et de soulagement, Sachez en outre, que quand nous serons réunis à nos corps, nos sens seront

aussi pleinement satisfaits. Dieu a trouvé le moyen de

rassasier tous nos désirs, sans introduire ici la matérialité de tant d'objets dont nous ne pouvions jouir sans peine et sans une profonde misère ans la vallée des larmes. Voici pour charmer les yeux, comme un extrait de tout ce qu'il y a de plus ravissant et de plus agréable dans les couieurs. Oh! quelles délices! Voici, pour contenter l'ouïe, tout ce qu'il y a de plus délectable dans la musique, de plus tendre, de plus doux et de plus joyeux dans le chant, éminemment condensé dans le plus harmonieux concert. Oh! quelle jouissance! Voici pour l'odorat tout ce qu'il y a de plus suave dans les plus délicieux parfums. Voici pour le goût comme la quintessence de ce qu'il ya de plus agréable dans les saveurs. Oh! quelle douceur! Et lorsque nous serons réunis à nos corps, nous aurons continuellement les lèvres comme arrosées d'un certain nectar, d'une liqueur qui flattera tellement le palais, qu'elle surpassera infiniment toutes les délices qu'a jamais pu inventer la sensualité des mortels. Et qui pourra jamais vous dire la beauté et la symétrie de nos corps, lorsque réformés sur le modèle du corps sacré de notre divin Epoux que vous voyez là, ils seront tout revêtus de cette lumière et de cet éclat dont vous jouissez ici: cette lumière pénétrera dans leurs veines, elle se répandra dans tous leurs membres, et les rendra si aimables, si lucides, si resplendissants, que si l'un de nous, mettant la tête hors

du paradis, laissait voir au monde un seul de ses cheveux,

il suffirait pour illuminer la terre plus que ne le fait le

soleil en plein midi. En attendant, réjouissez-vous de

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