‹ Le ciel, séjour des élus [microforme]Chapitre 16 sur 67 · VISION DE SAINTE THÉRÈ · texte numérisé non relu

VISION DE SAINTE THÉRÈ

sans qu’il m'ait jamais été possible de rien voir au-delà de ce qu'il lui plaisait de me découvrir. Le moindre de ces secrets suffit pour ravir l'âme d'admiration, et lui inspirer le plus profond mépris de toutes les choses de la terre. Je voudrais pouvoir donner une idée de la moins élevée de ces visions, mais je trouve que c'est impossible, car il y a tant de différence entre la lumière de ce divin séjour où tout est lumière, et la lumière d'ici-bas, que celle du solei: ne semble que ténèbres. L/'imagination la plus vive et la plus pénétrante ne peut s'en figurer l'éclat, ni se représenter aucune des merveilles que Notre-Seigneur me faisait alors connaître avec un tel excès de plaisir, que tous mes sens en étaient ravis. Nul terme ne pouvant exprimer cette suavité et ces délices, je suis forcée de n'en pas dire davantage.

“Je passai une fois plus d'une heure en cet état. Notre-Seigneur, se tenant toujours près de moi, me découvrait des choses admirables ; il me dit: “ Vois, ma fille, ce que perdent ceux qui sont contre moi; ne manque pas de le leur dire.”

La même Sainte revenant encore, plus loin, dans le chapitre 39e, aux merveilles du Ciel, en parle en ces

termes: “ ... De temps en temps, je me sens saisie d'un si ardent desir de communier que nulles paroles ne sont capables de l'exprimer. Cela m'arriva un matin où la pluie, tombant par torrents, semblait m'interdire de faire un pas hors de la maison. Je sortis néanmoins, et je me trouvai bientôt tellement hors de moi par la véhémence

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e ce désir, que, quand'on aurait dressé des lances contre ma poitrine, j'aurais passé outre: qu'on juge si la pluie pouvait m'arrèter, A pcine arrivée à l'église, j'entrai dans un grand ravissement. Le Ciel, qui, les autres fois,

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vue le trone dont je vous ai parlé; au-dessus de ce trône j'en aperçus un autre, où, sans rien voir, et par une conmassance qui ne se peut exprimer, je compris que résidait

la Divinité. Ce trône était soutenu par des animaux

mystérieux dont j'avais entendu expliquer les figures, et je m'imaginai que c'étaient les Evangélistes, mais je ne PUS voir cominent il était fait, m1 qui y siégcait Je vis seulement une grande multitude d'an, i me <emblérent incomparablement plus beaux que ceux que j'avais auparavant vus dans le ciel. Je pensai que c'étaient des chérubins où des straphins, parce que leur gloire, comme je viens de le cure, l'emporte de beaucoup sur celle des autres :et ils paraissaient tout enflammés, Le bonheur

céleste dont je me sentis inondée ne se peut exprimer :

c'est quelque chose d'ineffable: et, à moins de l'avoir senti, où ne peut s'en former une idée. Je compris que tout le bien qu'on peut souhaiter se rencontrait là et néanmoins je ne vis rien. II me fut dit, — par qui, je je lignore, — que ce qui était alors uniquement en mon pouvoir était de comprendre que je ne lourais rien com-

frendre, et de considérer comment toutes choses ne sont

qu'un pur néant en comparaison de ce bien invisible. La

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