‹ Le ciel, séjour des élus [microforme]Chapitre 33 sur 67 · SAINT PAUL · texte numérisé non relu

SAINT PAUL

mélé de joie. Enfin, il souhaite que les clous (1) de

Pierre, comme autant de pierres précieuses, lui composent une Couronne, dont il se trouverait plus orné que de tous les diadèmes des empereurs.

Martyre de Saint Paul Apôtre.

Nous venons de voir combien Saint Pierre, le Prince des Apôtres aimait le Christ Jésus, son divin Maitre, et avec quelle brûlante ardeur il soupirait après le moment heureux où il pourrait le voir, Je posséder et le bénir

éternellement dans les splendeurs de ‘a gloire.

Maintenant pour parler de Saint Paui, 1 \pôtre des

Gentils, de son amour pour Notre-Seigneur Jésus-Christ.

il faudrait redire en enticr toutes ses Épitres.

% Ce séraphin incarné, dit le Père Saint-Jure, s'est rendu admirable en l'amour du Fils de Dieu, dont toutes les paroles de ses Epitres ct toutes les actions de sa vie, depuis qu'il se fut donné à lui, rendent à tout l'univers des témoignages irrécusables. Voici quelques étincelles de ce grand feu...”

(1) Nous avons pu, par faveur spéciale. vénérer et prendre dans nos mains un de ces clous à la Basilique des Douze Apôtres, à Rome. Ce clou est une véritable barre de fer: il est de forme carrée, mesurant environ denur pouces en épaisseur et dir pouces en logeuur.

On devine aisément par là. les indicibles douleurs que le saint Apôtre a dû endurer dans son crucifiement, par amour pour son adorable Maître.

“ A Dieu ne plaise, dit-il aux Galates, que je me glorifie en autre chose qu'en la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je suis’crucifié pour le monde... Au reste, que personne ne me fasse de la peine, car je porte sur mon corps les stigmates du Seigneur Jésus... Ce que je regardais autrefois comme un gain, m'a paru depuis, en regardant le Christ, une véritable perte. Je dis plus: tout me semble perte maintenant, au prix de cette haute connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour l'amour duquel j'ai renoncé à toutes choses, les regardant comme du fumier, afin que gagne Jésus-Christ. Et continuant H ajoute: Pour nous, nous vivons déjà dans le ciel et c'est de là aussi que nous attendons le Sauveur Notre- Seigneur Jésus-Christ, qui. réformera le corps de notre humilité en le conformant à son corps glorieux... Déjà il leur avait dit précédemment (aux habitants de Philippes) : Jésus-Christ est ma vie et la mort m'est un gain. Que si je demeure plus longtemps dans ce corps mortel, je tirerai du fruit de mon travail; ct ainsi je ne sais que choisir. Je me trouve pressé des deux côtés ; car (d'une part) je désire d'être dégagé des liens du corps et d'être avec Jésus-Christ, ce qui est sans comparaison le meilleur ; et (de l'autre) il est plus utile pour votre bien que je demeure encore en cette vie... Toujours la charité du Christ le presse et c'est dans un de ces irrésistibles transports qu'il s'était écrié, en écrivant aux Romains:

(Et) qui donc nous séparera de l'amour de Jésus-Christ ?

ae SAINT PAUL 151

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Sera-ce l'affliction, ou les déplaisirs, où la faim, ou la

nudité, ou les périls, où la persécution, ou le fer? selon

qu'il est écrit: On nous fait mourir tous les jours pour l'amour de vous, Seigneur, on nous regarde comme des brebis destinées à être égorgées. Mais parmi tous ces maux, nous demeurons victorieux par celui qui nous a aimés. Car je suis assuré que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses présentes, ni les futures, ni la violence, ni tout ce qu'il y a de plus haut, ou de plus profond, ni aucune autre créature ne pourra jamais nous séparer de l'amour de Dieu, qui est en Jésus-Christ Notre-Scigneur.”

Tel était l'Apôtre des Nations. Toujours il avait combattu les bons combats : il avait gardé la foi: le temps de sa mort approchait : il avait achevé sa source, et il ne lui restait plus qu'à attendre la couronne de justice qui lui était réservée, et que le Seigneur, comme un juste juge, lui rendrait au jour des récompenses éternelles.

Saint Paul se trouvant avec Saint Pierre à Rome, S'appliqua de concert avec lui, à instruire les Juifs dans les synagogues et à convertir les païens sur les places et dans les assemblées publiques. Surtout ils consolèrent les chrétiens qui avaient échappé à l'horrible persécution de Néron. Le monstrueux empereur, déjà couvert du sang des chrétiens, ne put voir sans colère, ni les succès de cette prédication, ni Ja vie sainte des néophytes, condamnation vivante de ses vices abjects et de son inhumaine cruauté : il ordonna à ses satellites de jeter en prison les deux Apôtres, Saint Pierre et Saint Paul.

Je martyre de ces deux Apôtres mit le comble à la persécution de Néron. Les captifs sortirent ensemble de la prison Mamertine; ils s'acheminèrent vers l'autel de leur immolation ; ils quittèrent la Ville par la porte d'Ostie, aujourd'hui de Saint Paul. Dans un lieu, consacré par la tradition, ils se séparerent en s'embrassant ct en S'adressant des paroles de mutuelle félicitation. Rome, la ville aux souvenirs impérissables, ne pouvait pas oublier ce dernier embrassement des deux pius grandes victimes que Néron ait sacrifiécs. J'ant de pèlerins sont venus depuis ce jour visiter cet endroit mémorable, que la trace de leurs pas est restée ineffaçable. Une inscription, encadrée entre deux petites colonnes ornées d'un bas-rdlief, indique aujourd'hui ce lieu aux voyageurs qui parcourent la voie d'Ostie. Saint Paul suivit cette voie jusqu'à un lieu nommé Îles Eaux Salviennes. Là il fut frappé du glaive; en qualité de citoyen romain il devait périr ainsi et non par la croix, supplice réservé par

tome aux personnes de condition vile à ses yeux. Le martyre de Saint Paul ariva le trois des calendes de Juillet, le 29 juin de l'an 67. Plautilla, patr sienne, femme très-noble, qui avait été baptisée par Saint Pierre dans les éaux du Tibre, s'était rencontrée face à face avec Saint Paul, au moment où le grand Apôtre marchait au martyre, suivi d'une foule innombrable de peuple; celui-ci la voyant pleurer, lui demanda son voile afin de se bander les veux selon la coutume au moment d'avoir la tête

tranchée, Plantilla s'empressa de le lui donner libérale-

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