‹ Le ciel, séjour des élus [microforme]Chapitre 35 sur 67 · SAINT ANDRE · texte numérisé non relu

SAINT ANDRE

Le nombre des assistants était d'environ vingt mille Personnes, parmi lesquelles était Stratocle, frère d'Egée, qui disait hautement avec les autres que c'était une injustice de traiter de Ja sorte un si saint homme. Il fut deux jours en cet état, pendant lesquels il ne cessa point d'exhorter les fidèles qui l'environnaient à demeurer fermes dans la foi et à mépriser un tourment passager, lorsque l'occasion s'en présenterait, pour mériter un bonheur éternel, Tout le peuple, extrêmement affligé de le voir souffrir si longtemps, alla trouver le proconsul dans son palais, et lui remontra que c'était une impiété de tourmenter de la sorte un homme saint, chaste, pieux et modeste et qui leur avait enseigné une doctrine trèssalutaire et qu'il fallait absolument qu'il le fit détacher de la croix. Egée, craignant une sédition, promit qu'il le ferait, et vint effectivement pour cela au lieu du supplice. Dès qu'André l'aperçut, il s'écria : “ Que venezvous faire ici, Egée? Si c'est pour croire en Jésus-Christ, à la bonne heure, je vous assure qu'il vous fera miséricorde; mais si c’est pour me faire descendre de la croix, sachez que vous n'en viendrez pas à bout et que j'aurai la consolation d'y mourir Pour mon adorable Maitre. Je le vois déjà, je l'adore, et sa présence me comble de joie. Je n'ai point d'autre regret que celui de votre damnation qui est inévitable, si vous ne vous convertissez, maintenant que vous le pouvez; car peut-être ne le pourrez-vous pas lorsque vous le voudrez (1). Egée, nonobstant cela, ne

(1) 11 ne le put pas en effet. Presque aussitôt après le martyre du saint Apôtre, le malheureux Égée fut saisi par un furieux démon, qui l’entraîna au milieu de la place publique et l'y étrangla.

laissa pas de commander aux bourreaux de le détacher; mais il leur fut impossible de le faire; car, lorsqu'ils s'approchèrent de la croix, les forces leur manquaient et leurs bias devenaient comme paralysés totalement.

Alors le Saint fit cette prière à haute voix: “ Ne permettez pas, mon Seigneur, que votre serviteur qui est attaché à cette croix pour la confession de votre nom en soit délié : ne souffrez pas que je reçoive cette humiliation de la part d'Égée qui n'est qu'un homme corruptible ; mais recevez-moi, s’il vous plait, entre vos mains, tout plein de connaissance de vos grandeurs que ce supplice m'a donnée, Vous êtes mon cher Maître, que j'ai connu, que j'ai aimé et que je désire uniquement contempler. C'est en vous que je suis ce que je suis, et il est temps que jeme réunisse à vous, comme au centre de tous mes désirs et à l'objet de toutes mes affections.”

Comme il achevait ces paroles, il fut, à la vue de tout le monde, environné d’une lumière dont on ne pouvait soutenir l'éclat, et, une demi-heure après, cette lumière se dissipant peu à peu, l'âme du saint Apôtre s'envola dans le ciel pour y jouir de son divin Maître durant toute l'éternité!

Martyre de Saint Ignace, patriarche d'Antioche.

La huitième année d: son règne, Trajan, vainqueur des Daces et de quelques autres peuples du Nord, passa en Orientè portant la guerre chez les Parthes. Il fit une

pompeuse entrée dans Antioche, accompagné des dignitaires et des grands corps de l'Etat.

Antioche, autrefois magnifique séjour des rois Séleucides, qui l'avaient fondée, fut, sous la domination des Romains, souvent visitée Par les empereurs. Elle était, après Rome et Alexandrie, la ville la plus populaire de l'Empire, ct, à raison de sa situation et de ses relations commerciales, regardée comme la capitale de l'Orient. Dans un autre ordre d'idées, elle n'avait pas une moindre importance, Dès les premières prédications de l'Evangile, elle avait donné un éclatant exemple à toute la gentilité, en embrassant la foi avec empressement ; et, depuis, elle s’y était de plus en plus attachée. C'était dans Antioche que le Prince des Apôtres avait d'abord fixé son siège. D’Antioche, le nom chrétien s'était répandu dans tout l'univers. Son Eglise, la plus nombreuse de toutes, était, à l’arrivée de Trajan, gouvernée depuis quarante ans par Ignace, surnommé Théophore (Porte-C hrist), l'évêque le plus vénéré de l'Asie,

Trajan, pendant son séjour à Antioche, voulut remettre en honneur le culte des faux dieux. Il leur offrit des sacrifices solenneis pour les remercier de ses succès passés, et les rendre favorables à sa nouvelle expédition, Saint Ignace avait prévu le danger dont le menaçait la présence de l'empereur, mais il n'avait voulu ni fuir ni se cacher, espérant que par son sacrifice, il Sauverait son troupeau, Il ne s'était pas trompé. Signalé à l'empereur, celui-ci le fit comparaïitre dans une audience

solennelle, en présence du Sénat : et. d'un ton qui

s'accordait mal avec sa réputation de douceur et de bienveillance. il lui fit subir un interrogatoire, long, ironique, insensé, inutile et qui se termina par cette sentence: # Nous ordonnons qu'Ignace, qui se glorifie de porter en lui le Crucifié, soit mis aux fers et conduit sous bonne garde à la grande Rome pour y être exposé aux bêtes et

servir de spectacle au peuple.”

Après cela, l'empereur courut aux conquêtes ; Ignace, au martyre! Au départ du bienheureux Prélat, il n'y eut point de fidèle qui ne versät des larmes; lui seul avait le coeur plein d'allégresse: ses ouailles pleuraient la perte d'un si aimable pasteur ; et lui, avec un maintien grave et constant, les exhortait à mettre toute leur espérance en la protection du souverain Pasteur, qui n'abandonne jamais son troupeau. Il se mit lui-même les fers aux pieds et se livra, plein de joie, aux soldats qui le devaient emmener. C'étaient des hommes cruels et si avares que pour tirer de

l'argent des chrétiens, ils le maltraitaient exprès, abusant

ainsi de la libéralité des fidèles qui épuisaient tous leurs moyens afin de racheter le saint prélat de leur odieuse vexation. Il alla par terre jusqu'à Séleucie, et de là, par mer à Smyrne; cette ville avait pour évêque Polycarpe, qui avait été autrefois son ami et son condisciple à l'école de Saint Jean, leur maître : aussi reçut-il de sa charité toutes les assistances et la consolation qu'il pouvait espérer d'un parfait ami en Jésus-Christ. Il y fut aussi visité par

tout le peuple de Smyrne, qui eut une extrème satisfaction d'entendre les discours qu'il fit pour porter les chrétiens à

persévérer dans leur fidélité.

Ma pou

Les habitants de la ville de Smyrne ne furent pas les seuls qui rendirent ce devoir au saint Martyr : toutes les Eglises d'Asie envoyèrent leurs évêques et leur clergé Pour le voir, comme leur père spirituel ct le directeur général de leurs cons cnces. On ne pouv:it voir un si saint homme persécuté sans verser des larmes ; mais lui, bien loin d'en être touché, lorsqu'il prit congé des fidèles qui fondaient en pleurs, les pria d'obtenir de Dieu la grâce de n'être point épargné des lions, mais d'en être déchiré

avec toute la cruauté possible,

Mais ce que ce grand homme, tout transformé en Jésus-Christ, appréhendait Surtout, c'étaient les prières et 'e trop grand amour des Romains pour lui. Ayant donc

trouvé à Smyrne des chrétiens qui allaient directement à

Rome, il leur donna pour ceux de la capitale une lettre

qui n'a pour ainsi dire d'autre but que de les conjurer de ne pas retarder par leurs prières l'exécution de son martyre. Voici cette admirable lettre :

“ Dieu s'est rendu à mes prières; j'a; enfin obtenu de sa bonté de pouvoir jouir de votre présence. Chargé le chaines pour l'amour de Jésus-Christ, j'espère, dans peu, être auprès de vous si, après avoir si heureusement ommencé, je suis jugé digne de persévérer jusqu'à la fin, je ne doute pas que je n'entre bientôt en possession le l'héritage qui m'est échu Par la mort de Jésus-Christ. Mais je crains votre charité; je crains que vous n'ayez pour moi une affection trop humaine. Vous pourriez

peut-être m'empêcher de mourir ; mais, en vous opposant à ma mort, vous vous opposeriez à mon bonheur. Si vous avez pour moi une charité sincère, vous me laisserez aller jouir de mon Dieu. Je ne puis, pour vous être agréable, consentir à éviter le supplice qui m'est préparé. C'est à Dieu seul que je veux plaire. Vous-mêmes vous m'en donnez l'exemple. Je n'aurai jamais une occasion plus heureuse de me réunir à lui, et vous ne sauriez en avoir une plus belle d'exercer une bonne oeuvre. Vous n'avez qu’à demeurer en repos. Si vous ne m'arrachez pas des mains des bourreaux, j'irai rejoindre mon Dieu. Mais si vous écoutez une fausse compassion, vous me renvoyez au travail et vous me faites rentrer dans la carrière. Souffrez que je sois immolé tandis que l'autel est dressé. Rendez grâces à Dieu de ce qu'il a permis qu'un évêque de Syrie fût transporté des lieux où le soleil se lève pour perdre la vie en une terre où cet astre perd sa lumière. Que dis-je? je vais renaître à mon Dieu. Obtenez-moi par vos prières le courage qui m'est nécessaire pour résister aux attaques du dedans, et pour repousser celles du dehors. : C'est peu de paraître chrétien si on ne l’est en effet. Ce qui fait le chrétien, ce ne sont pas de belles

paroles ni de spécieuses apparences ; c'est la grandeur d'âme, c'est la solidité de la vertu.

“J'écris aux Églises que je vais à la mort avec’ joie.

4 Laissez-moi servir de pâture aux lions. Je suis le froment de Dieu. Il faut que je sois moulu sous leurs dents pour devenir un pain digne de Jésus-Christ. Depuis

——— = Pi SAINT IGNACE -81 que j'ai quitté la Syrie, n'ai-je pas à combattre contre le bêtes farouches. La terre et la mer sont témoins c'e leur fureur et de ma patience, Ce sont dix léopards «

la figure de dix soldats, auprès desquels je suis en.

et qui sont d'autant plus cruels que ma douceur fait : pour les apprivoiser. Leurs mauvais traitement. n'instruisent, mais ne suffisent Pas pour me justifier,

“En arrivant à Rome, j'espère trouver les bêtes prêtes à me dévorer. Puissent-elles ne point me faire languir! J'emploierai d'abord les caresses pour les engager à ne me point épargner: si ce moyen ne réussit pas, je les irriterai contre moi et je les forcerai à m'ôter la vie. Pardonnez-moi ces sentiments ; je sais ce qui m'est avantageux. Je commence à être un vrai disciple de Jésus-Christ. Rien ne me touche, tout m'est indifférent, hors l'espérance de posséder mon Dieu, Que le feu me réduise en cendres, que j'expire sur une croix d'une mort lente; que, sous la dent des tigres furieux et des lions affamés, mes os soient brisés, mes membres meurtris, tout mon corps broyé; tous les démons se réuniraient-ils pour épuiser sur moi leur rage, je souffrirai tout avec joie, pourvu que je jouisse de Jésus-Christ. La possession de tous les royaumes Saura‘t-elle me rendre heureux? Ne m'est-il pas infiniment plus glorieux de mourir pour mon Dieu que de régner sur toute la terre? Mon coeur soupire après Celui qui est mort pour moi; mon coeur soupire après Celui qui est ressuscité pour moi. Laissezmoi imiter les souffrances de mon Dieu. Ne serait-ce pas m'empêcher de vivre que de ri'empêcher de mourir ?

+ Si, arrivé près de vous, ] avais la faiblesse de vous faire paraitre d'autres sentiments, ne me croyez pas. N'ajoutez foi qu'à ce que je vous écris maintenant, Car c'est dans une entière liberté d'esprit que parle aujourd'hui mon coeur. Et quel langage pourrais-je tenir à la vue de mon amour crucifié? J'entends an fond de mon

coeur une voix qui me crie sans cesse: Ignace, que fais-tu ici-bas? Va, cours, vole dans le sein de ton Dieu. Les viandes les plus exquises, ni les vins les plus délicieux n'ont plus de saveur pour moi. Le pain que je veux est le Corps sacré de Jésus-Christ et le vin que je désire est son Sang précieux, ce vin céleste qui :excite dans l'âme le feu vif et immortel d’une charité incorruptible. Je ne tiens plus à la terre et je ne me regarde plus con HK vivant parmi les hommes. Priez, demandez, obtenez pour moi la paix, qui ne se donne qu'au bout de la carrière. Si je souffre pour Jésus-Christ, ma mémoire vous sera chère; mais si je me rends indigne de souffrir, quoi de plus

odieux pour vous que mon nom ?

“Souvenez-vous dans VOS prières de l'Église de Syrie qui, dépourvue de pasteur, tourne ses YEUX et ses espérances vers Celui qui est le souverain Pasteur de toutes les Eglises. Que Jésus-Christ daigne en prendre Ja conduite pendant mon absence: je la confie à sa

Providence et à votre charité.

“ Je vous salue en esprit ; toutes les Églises qui m'ont reçu au nom de Jésus-Christ vous saluent aussi, Je n'ai pas été pour elles un étranger. J'en ai pour prfeuve la charité toute chrétienne avec laquelle elles m'ont fait accompagner dans les villes qui se sont trouvées sur

ma route.

“ Des Ephésiens de considération et de mérite vous remettront cette lettre. A l'égard de ceux qui sont partis de Syrie pour Rome, vous m'obligerez de leur faire savoir que je suis proche, Ce sont des personnes dignes de la protection de Dieu et de vos soins. Vous leur rendrez

tous les bons offices que mérite leur vertu.”

Le Saint avait compté débarquer à Pouzzoles, et

arriver ainsi au terme de son voyage sur les traces mêmes du Docteur des Nations: mais un vent contraire poussa le vaisseau jusqu'au port d'Ostie. Les fidèles de Rome accoururent en foule à sa rencontre, IIS l'accucillirent avec des transports de juie, auxquels succéda bientôt la triste pensée qu'ils ne le possédaient que pour le perdre, Déjà ils formaient le projet de gagner le peuple, afin qu'il demandât, comme c'était déjà arrivé quelquefois, grâce pour la vieillesse de la victime. Mais le Saint, connaissant leurs pensées, les conjura avec tant d'instances de ne pas différer l'heure de sa délivrance, qu'ils s'associérent à ses sentiments : et, tous étant tombés à genoux, il pria au milieu d'eux pour la fin de la persécution, la paix de l'Eglise et l'union entre tous ses enfants.

Les soldats qui le conduisaient le livrérent au préfet de la ville, avec la copie de son arrêt. Celui-ci attendit un jour de fête solennelle pour le produire en public, suivant la volonté de l'empereur. Le Martyrologe romain dit, qu'avant d'être exposé dans l'amphithéätre, il fut tourmenté très-inhumainement et de diverses manières, en présence du Sénat tout entier. Il fut donc mené au lieu du supplice, ayant le visage rayonnant de joie et le coeur plein de consolations de ce qu'il allait endurer pour Jésus- Christ, et voyant que tous les assistants avaient les yeux sur lui, il leur tint ce discours : “ Ne pensez pas, à Romains qui assistez à ce spectacle, que je sois condamné pour avoir commis quelque crime ; non, c'est parce que je veux aller à Dieu dont l'amour m'embrase.” Disant cela, il entendit rugir les lions qui venaient déjà vers lui; et alors, avec un transport causé par le zèle de sa foi, il dit hautement : “ Je suis le froment de Jésus-Christ, je serai moulu par les dents des bêtes et réduit en farine pour être un pain agréable à mon Seigneur Jésus-Christ.” A peine achevait-il ces dernières paroles, qu’il fut jeté à terre par les lions qui le broyèrent sous leurs dents, comme il en avait prié son souverain Maitre !

Martyre de Saint Côme et Saint Damien.

Nous donnons tout au long le récit qui va suivre et qui est emprunté aux Actes des Saints, dans les Grands

Bollandistes, parce que c'est un de ceux qui caractérisent

le mieux toutes les persécutions sanglantes des trois Premiers siècles de l'Eglise. C'est toujours, d'un côté, l’aveuglement obstiné des tyrans contre les chrétiens ; et, de l’autre, la douceur et la constance invincible de leurs victimes.

“Saint Côme et Saint Damien naquirent dans l'Arabie vers la fin du troisième sièc'e, 4e parents nobles

et vertueux. Leur mère, demeurée veuve, se vit chargée de cinq enfants, savoir : Anthime, Léonce, Euprèpe et nos deux Saints; elle prit un grand soin à les élever dans Ja crainte de Dieu et dans l'amour de Notre-Scigneur Jésus- Christ. Et, comme ils suivirent les bons exemples et les pieuses instructions d'une si sainte mère, ils firent de merveilleux progrès dans la vertu. Ils s'appliquèrent en même temps à l'étude des lettres. Saint Côme et Saint Damien, en particulier, se rendirent très-habiles dans la Connissance de la nature et de la médecine, qu'ils étndièrent en Syrie; de sorte que, leur science étant accompagnée du don des miracles, ils faisaient des cures admirables, Ils rendaient la vue aux aveugles le marcher aux boiteux, l'ouie aux sourds, l'usage des membres aux Paralytiques, la liberté de l'âme et du corps aux possédés en chassant les démons, et généralement la joie, la force et la santé aux affligés, aux languissants et aux malades ; et comme ils exerçaient leur art purement par charité et pour l'amour de Dieu, sans recevoir aucun salaire, les

Grecs leur donnèrent le surnom d'anargyres, c'est-à-dire sans argent.

Sous l'empire de Diaclétien et de Maximilien, Lysias

étant assis sur son tribunal dans la ville d'Eges (Cilicie), quelques-uns de ses officiers lui dirent:“ Il ya ici certains chrétiens fort habiles dans l'art médical. Ils parcourent les villes et les bourgades, guérissant divers malades et délivrant ceux qui sont possédés des esprits immondes, au nom de celui qu'on appelle Christ; ils font ainsi beaucoup de choses merveilleuses ; mais ils ne permettent pas que Îles hommes aillent au temple honorer les dieux par des wcrifices.” Le président, à cette nouvelle, envoya des satellites pour Se Saisif de leurs personnes et les ener à son tribunal, Lorsqu'ils furent devant lui, il lit: ‘ Vous parcourez les villes et les bourgs, pour

ler aux habitants de ne point sacrifier aux dieux * ites-moi donc d'où vous êtes, et quelle est votre fortune , nom.” Ie bienheuretix Côme répondit: “ Si tu président, nous te le dirons hardiment:

mmes Arabes ; nous n'avons point de fortune, car “tiens ne la connaissent Pas ; ils ne la nomment Voici maintenant nos noms: moi je me

Côme: mon frère s'appelle Damien. Il y en

, trois autres: si tu Îe désires, nous te dirons aus noms.” Le président: “Eh bien! dis-moi leui noms.” Le bienheureux Côme: ‘ Anthime, Léonce Luprèpe.” Fe président dit à Ses officiers : “ Qu'on le amène devant Île tribunal.” Les soldats allèrent aussite jes chercher et Îes amenèrent au pré ident, Celui-ci le

rdant, leur dit: Ecoutez mes ordres: vous avez

choisir ce qui vous est avantageux, n'allez pas désobéir. Si vous vous rendez à mes conseils, vous recevrez de la part des empereurs de grands et magnifiques honneurs ; si, au contraire, vous n'acquiescez pas à mon invitation, je vous tourmenterai par diverses sortes de supplices ; et après que vous aurez beaucoup souffert, vous renierez votre Christ.” Les saints martyrs lui dirent tout d'une voix: " l'ais ce que tu voudras ; car nous avons le Christ qui nous aidera, Nous ne sacrifions plus aux idoles ; elles sont sans YEUX et sans aucun sentiment” Le président ordonna de les étendre par terre et de les frapper avec des nerfs de boeuf. Les saints martyrs, au milieu de ce supplice, disaient : * Seigneur, vous êtes notre refuge de génération en génération, Avant Ja formation des montagnes, avant la création de la terre et de l'univers, vous existiez de siècle en siècle. Ne vous détournez pas de nous, dans notre bassesse ; car vous avez dit : Convertissez-vous, enfants des hommes. T'ournez- Vous vers nous, Seigneur, et écoutez la prière de vos serviteurs.” lriant de la sorte, les Coups ne leur firent aucun mal: et ils dirent au président : “ Fais-nous subir des touriments encore plus cruels, afin que tu connaisses la force de la vertu de Dieu qui est en nous: car les supplices que tu nous a infligés ne nous ont Pas atteints: fu VOIS que nos corps sans Aussi sains qu'au paravant.” Le président leur dit: “ J'espérais que vous vous rendriez : c'est pourquoi je n'ai pas voulu vous faire endurer des

tourments trop rigoureux. Maintenant je vois que vous

ere si

EE

persistez dans votre impiété, et que VOUS ne voulez pas je vais donc vous faire lier avec des

a mer.” Les saints martyrs réponoudras, Président ; en cela même de notre Dieu” Les soldats onduisirent vers le rivage.

sacrifier aux dieux ; chaînes et jeter dans 1 dirent : “Fais ce que tu v tu connaîtras la puissance

les enchainèrent tous et les € y rendirent en chantant joyeusement des

t; “ Nous nous délectons, Seigneur, ommandements, comme au milieu 1ors même que nous marcherions nous ne craindrions point les maux, parce que vous êtes avec nous, Seigneur. Vous table contre ceux qui nous e sur notre tête, et

Les martyrs S psaumes, et ils disaien dans la voie de vos © d'immenses richesses ; et dans les ombres de la mort,

avez préparé devant nous une affligent. Vous avez répandu l'huil votre calice enivrant, qu'il est délicieux! Votre miséricorde nous accompag

Dieu, vous nous avez CO!

na tous les jours de notre vie. [e) nduits au port de notre volonté.” rs arrivèrent au rivage, et les

En priant ainsi, les marty Mais, au même

soldats les jetèrent aussitôt à la mer.

moment, l'ange du Seigneur s'approcha d'eux, rompit leurs

liens et les tira des ondes sains et saufs.

Les tortionnaires, témoins du fait, allèrent en toute président ce qui était arrivé. Lysias martyrs devant jui et leur dit:

t tous ceux des magiciens :

» Le bienheureux Côme

hâte annoncer au ordonna d'amener les “ Vos maléfices surpassen enseignez-moi donc aussi cet art”

jui dit: Nous ne sommes point magiciens, mais chrétiens,

D Re SAINT COME ET SAINT DAMIEN 169 —— - ——

et c'est au nom de notre Dieu que nous détruisons Ja puissance de vos divinités. Et toi-même, si tu deviens chrétien, tu verras que toutes ces choses s'opèrent par lui, et tu connaîtras la vertu du Christ.” Le président ajouta : “Au nom de mon Dieu Adrien, je vous suis où vous serez.” Il parlait cncore, que deux malins esprits se Précipitèrent sur lui, et pendant une heure ne cessèrent de le frapper à la mâchoire. Alors il s'écria: “ Je vous en conjure, serviteurs de Dieu, priez pour moi, afin que je sois délivré de ce châtiment.” Les Saints s'étant mis en prière, les démons se retirèrent incontinent. Le président dit alors aux Martyrs: “Vous voyez comment les dieux m'ont Puni pour avoir voulu les abandonner, et

à quel supplice ils m'ont livré” Les Saints repartirent : “Insensé! comment ne reconnais-tu pas que c'est une miséricorde que Dieu t'a faite? mais tu aimes mieux croire que tu dois ta guérison à d’aveugles et sourdes idoles, que tu appelles des dieux. Reconnais donc plutôt le Seigneur Jésus-Christ, lui qui t'a rendu la santé, et

ne mets point ta confiance en ces dieux que tu adores.” Le président, irrité de ia fermeté des confesseurs, leur dit: “Je jure par les dieux que je ne me rendrais point à vos Persuasions; mais, au contraire, je vous ferai souffrir divers süpplices, et je vous livrerai aux bêtes, afin de vous apprendre à obéir aux ordres des empereurs.” Et il ordonna de les garder en prison, jusqu’à ce qu’il eût décidé de leur sort. Comme on les Y conduisait, ils chantaient ainsi: “ Chantons au Seigneur un Cantique

Page 1