SAINTE AGATHE
de Catane fut elle-même agitée violemment d'un tremblement de terre Des habitants Cffrayés coururent au rrétoire du juge, criant avec un grand tumulte que les tourments dont ce Magistrat inique affligeait la servante de Dieu, étaient la CAUSE qui inettait tous les citoyens en danger de périr, Quintianus prit la fuite c'aignant tout à la fois le tremblement de ter
€ et la sédition du peuple, I fit done aussitôt reconduire la vierge en prison, et alla se réfugier dans une salle écartée qu prétoire, laissant le
Peuple aux Portes de la ville
Agathe, étant rentrée dans la prison, étendit la main vers le ciel et s'écria: “Seigneur, qui m'avez créée et qui m'avez gardée depuis mon enfance, qui m'avez donné dès la fleur de l'âge une veriu supérieure à mon sexe: qui avez éloigné de mon coeur l'amour du siècle et soustrait mon Corps à Ja Corruption : vous qui m'avez rendue victorieuse des tourments du bourreau et fait mépriser le fer, le feu et les el aines : qui enfin m'avez: accordé au milieu de ces Supplices, le courage et la Patience, je vous supplie de recevoir Presentement mon äm-: car : est temps de me retirer de ce monde pour n'introduire au sein de votre miséricorde." Après cette prière la Sainte Poussa un grand cri, en présence d'une nombreuse assistance, et son âme virginale s'envola dan. les splendeur,
de la bienheureuse éternité,
A cette nouvelle, de pieux fidèles accoururent à la hâte, puis ils enlevèrent son corps et le déposèrent dans un sarcophage tout neuf. Or, pendant qu'on l'ensevelissait avec des aromates et qu'on plaçait ce précieux dépôt dans le tombeau avec un grand soin, un jeune homme apparut tout à coup, vêtu de riches habits de soie, et ayant à sa suite un cortège de plus de cent enfants tous
éclatants de beauté et parés de vêtements magnifiques.
Jusqu'à cette heure nul n'avait vu ce jeune homme dans Ja ville de Catane; on ne l'y revit jamais depuis et personne n'a pu dire qu'il le connût auparavant. Il entra dans le lieu où l'on embaumait le corps de la vierge, et plaça près de la tête une tablette de marbre sur laquelle étaient inscrits ces mots: Ame sainte, dévouée, honneur de Dieu, protection de la patrie .
“Seigneur, c'est encore vous qui vous montrez admirable dans la vie et le martyre de cette illustre Sainte, et c'est toujours Vous qui, seui, acromplissez d'incompréhensibles merveilles!
Sainte Agnès, vierge et martyre. “Agnès, aimable sainte, votre nom seul est une louange!’ — Cette admirable sainte naquit à Rome de parents riches et craignant Dieu: ils prirent grand soin de l'élever selon sa qualité et sa naissance, mais principalement de la former aux lois du christianisme dont ils faisaient profession. Dès ess plus tendres années, elle concut un très grand
amour pour Notre-Seigneur Jésus-Christ et elle Sy
SAINTE AGNES 185 avança tellement que la méditation de souffrances et de la mort de son divin Epoux tait son ali. ment ordinaire, Dès Jors Dieu l'avait comblée d'une telle grâce Qu'elle attirait Par son exemple beau- Coup de personnes à la vertu. En effet, elle en convertit Plusieurs de son sexe à la vraie foi et à la religion chrétienne. Cependant les démons tâchèrent, Par toutes sortes de moyens, d'arrêter le cours de ces heureux progrès ; car Agnè aFprochait ur la treizième année de son âge et étant déjà, malgré cet âge si tendre, une jeune Personne accomplie, cet ennemi de tout bien, voulut se servir de la beauté de son Corps pour lui faire perdre celle de son âme. Dans ce dessein il excita un violent amour dans le coeur de Procope, fils qu Souverneur de Rome. Ce jeune chevalier s'étant informé de toutes les Qualités d'Agnès, et voyant qu'il ne se mésallierait point en l'épousant, se servit de tous les artifices possibles Pour obtenir. Et comme il avait du crédit et dès lors de £&randes relations dans la ville, il trouva bientôt le moyen de faire connaître son impure et violente Passion à la douce Agnès, cet ange de virginale pureté. Mais Dieu qui avait en sa divine Protection cette âme d'élite, l'avait aussi remplie d'une vertu si relevée qu'elle pouvait aisément confondre toute la fausse sagesse du Paganisme. Cette première démarche n'ayant donc pas réussi au gré du jeune païen Procope, il ésolut d'être lui-même le Médiateur dans cette affaire et fit en sorte de rencontrer
Agnès pour Jui découvrir sa pensée. Il la vit donc et
après lui avoir dit tout ce que Sa passion lui mit à la bouche et l'avoir conjurée de ne pa refuser son alliance, si elle ne voulait être ennemie de son propre bien, il lui offrit les présents qu'il avait apportés pour cet effet, afin
que leur grand prix achevât de la persuader. Que va lui
répondre la jeune et timide enfant de treize ans? Ecou-
tons sa réponse admirable: elle est dictée tout entière par Je Très-Haut qui sonde les coetirs et les reins, qui connaît le coeur ct les désirs impurs du jeune paien. Agnès donc, rejetant toutes ses propositions, lui dit d'une façon résolue, mais pleine de modestie chrétienne : “Retire-toi, tion d'enfer, aiguillon de péché, pierre de scandale et appat de mort! Ne pense pas que je sois jamais infidèle à mon Époux à qui je me suis tellement unie que mon âme ne vit que de son amour. Ne flatte pas non plus ta pensée qu'il y ait quelque mérite en toi qui te puisse justement faire prétendre à être son rival; car il possède sir qualités qui le rendent incomparable et uniquement digne d'amour: — il est noble ; — iLest beau: — il est sage —
il est riche; — il est bon; — ilest puissant.
Si tu veux savoir sa noble origine, il reconnait un Dieu pour son Père qui l'a engendré sans mère : €t la Mère qui Ja mis au monde est néanmoins restée vierge après lui avoir donné le jour. — Il est si beau que Sa splendeur surpasse la clarté du soleil et de tous les astres, et que les cieux mêmes sont ravis ‘dans l'admiration de sa
beauté, et disent dans leur langage qu'ils ne sont que