‹ Le ciel, séjour des élus [microforme]Chapitre 48 sur 67 · SAINTE · texte numérisé non relu

SAINTE

que j'entre dans l'église pour voir l'Arbre salutaire de notre rédemption : et je vous promets de ne jamais plus Souiller mon corps des plaisirs sensuels, et qu'en voyant la Sainte Croix, je renoncerai à toutes les choses du monde, et Suivrai à l'avenir le chemin du salut que vous me montrerez." Après cette prière, j'entrai sans difficulté dans

lise, où je vis la Sainte Croix qui était publiquement exposée: mais je la regar(lai avec beaucoup d'appréhen- Sion, en considérant l'énormité de mes offenses. Ayant achevé mes dévotions, je retournai à l'image de la sainte Vierge, devant laquelle j'avais auparavant fait ma prière, et je lui dis: I] est temps, à très-sainte Vierge, que j'accomplisse la promesse que je vous ai faite, enseignez-mi l'endroit où il vous plait que je demeure, et ce je dois faire. J'entendis une voix qui me dit: Si t: passes le Jourdain, tu Y trouveras le repos. Croyant bien que cette parole s'adressait à moi, je suppliai de nouveau la Mère de Dieu de me prendre sous sa protection, et je nr'en allai vers le Jourdain avec trois petits pains. J'arrivai ce même jour au bord du fleuve, ayant arrosé le chemin de mes larmes : je me lavai le visage et les pieds dan scette eau sanctifice par le baptème de mon Sauveur :

ct. après n'être confessé, je reçus les divins Mystères qui

donnent la vie, dans un monastère de Saint-Jean-Baptiste

qui n'était pas loin de [à : j'entrai ensuite bien loin dans le désert, espérant fermement & la miséricorde de ce Scigneur qui appelle les pécheurs et qui sauve ceux qui se

convertissent parfaitement à lui, et J'Y suis demeurée jus-

CE nS —

qu'à présent pour satisfaire, par l4 pénitence, aux désordres de ma première vie.”

Après que la sainte Pénitente eut fait ce récit à Z0zime, il lui demanda combien d'années il y avait qu'elle était dans ce désert et quelles tentations elle y avait éprouvées. Elle lui répondit qu'il y avait quarante sept ans qu'elle y était, et que les combats que les démons lui avaient livrés étaient si terribles, que le seul souvenir qu'elle en avait la faisait encore frémir. Et si Zozime, poussant un cri d'admiration lui eût demandé comment elle avait pu résister, là, seule, sans appui, sans consolation, à ces affreuses tentations, le démon faisant passer et repasser, jour et nuit, sans relâche, les images de toutes ses turpitudes, la Sainte eût répondu indubitablemnet par ce cri sublime: J'AVAIS L'ESPERANCE DU PARA- DIS! Et dans cette invincible espérance, elle leur opposait la prière, les larmes, es gémissements et les veilles continuelles. Elle se prosternait sans cesse la face contre terre pour implorer le secours du ciel. Elle avoua que ce n'était que par une assistance particulière de la Sainte Vierge, qui était sa caution auprès de son Fils, et vers l'image de laquelle elle s'était souvent tournée en esprit qu'elle avait persévéré dans l'exercice de sa pénitenct Après une lutte surhumaine de dix-sept ans, victorieuse de l'enfer, elle avait joui jusqu'alors, c'est-à-dire l’espace

de trente ans, d'une paix profonde, et reçu de Dieu de très

grandes grâces, toujours par l'intercession de la sainte Vierge Marie, sa divine Protectrice.

SAINTE MARIE EGYPTIENNE re

Zozime, ravi de ces merveilles, ne pouvait assez remercier Dieu, de cet excès de miséricorde, Mais, éclair cissant toutes choses, il lui demanda encore cimment elle avait vécu et de quoi elle s'était vêtue durant tant d'années. Elle Jui dit qu'après avoir mangé ses trois pains, eHe avait été dix-sept ans à ne manger que des herbes et des racines sauvages et que, pour des habits, elle n'en avait point eu d'autres que ceux qu'elie avait apportés au désert

et qui s'étaient usés et Consumés avec le temps: ce qui

l'avait fait infiniment souffrir du froid, du chaud et de la faim. Mais après cette longue épreuve, Dieu l'avait si Puissamment sustentée de Sa parole, et restituée dans l'innocence, qu'elle n'avait plus eu besoin de nourriture : “parce que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais aussi de toute parole qui procède de la bouche de Dieu.” Le saint viciilard S'étonnait de ce qu'elle citait la sainte Écriture : elle lui avoua qu'elle ne l'avait jamais jue, ni entendue, mais que Notre-Seigneur lui en avait donné par

lui-même quelque connaissance.

Ensuite elle pria instamment Zozime de ne rien découvrir, pendant qu'elle vivrait, de ce qu'il avait vu et entendu, et lui dit que l'année suivante il ne sortit point de son monastère, selon sa coutume, au commencement du Carême ; mais que le soir du jeudi saint il lui fit Ja grâce de lui apporter la sainte Eucharistie au bord du Jourdain, où elle se trouverait et de la venir communier. Enfin,

après s'être recommandée à ses prières, elle se sépara de

Jui, acceptant de garder pour un temps le manteau que saint religieux portait et qu'il eut la dévotion de lui taisser. Après cela, Zozime rit Le chemin de son monis

tère.

L'année d'après, il ne manqua pis d'exceuter ce que la sainte Pénitente Jui avait prescrit: il ne sortit point avec les autres religieux at commencement du Carème: mate le jeudi de la semaine sainte, ayant Mis secrètement la sainte Hostie dans un calice, il s'en alla le soir vers le Jourdain. N'y trouvant pas d'abord celle qu'il cherchait, il fut agité de diverses craintes : et surtout il était en peine come ment lui ou elle pourrait passer Le fleuve: mais un me ment après il l'aperçu de l'autre côté et vit qu'ayant fait le signe de la croix sur l'eau, elle le passait à pied sec. Ce prodige le surprit si fort que. tout hors de lui-même, il voulut se prosterner à ses pieds : mais elle lui eria qu'il ne le fit pas. parce qu'il était prêtre et qu'il portait un Dieu entre ses mains. À son arrivée, ils firent ensemble la prière, et la sainte communia des mains de Zozime, ave une dévotion et une abondance de larmes qui ne se peut exprimer. Jénsuite, élevant les veux ct Ja voix vers le ciel elle dit ces paroles dtt vicillard Siméon: "Laissez nrainte nant, Seigneur, aller votre servante en paix. suivant promesse que vous lui en avez faite: parce que mes MEUX

ont eu le bonheur de voir votre salut.”

Zozime avait aussi apporté un petit panier de figue-

de dattes et de lentilles il la pria de le recevoir de sa mat

MARIE EGYPTIEN NE Elle prit trois lentilles et les porta à bouche : mais elle le

remercia du reste, Jui disant que la gräce du Saint-Esprit

“ut suffisante pour empêcher la mort de l'âme. Cepen-

dant elle Iui demanda une nouvelle grâce, c'était de revenir l'année d'après au lieu où il l'avait vue Ja première fois, l'assurant qu'il aurait encore Ja consolation de l'y Voir: ce qu'elle n'eut pas de peine à obtenir, Ils se séparerent ensuite, s'étant mutuellement promis de prier l'un Pour l'autre, comme aussi pour l'Eglise, pour l'empire et Pour tous les pécheurs, La Sainte repassa Je Jourdain comme elle l'avait passé, Marchant légèrement sur les eaux somme sur la terre ferme: et l'homme de Dicu rentra

‘dans son monastère,

Le Carëme de l'autre année étant venu, le Saint sortit du monastère, selon la coutume, et se rendit en vingt ours au lieu de Ja Première entrevue, N apercevant de nul côté, aucun Mouvement, il en concut beaucoup d'in- ‘Miétudes : et, adressant la parole à Dien, il lui dit, les “EUX baignés de larmes : “Découvrez moi, je vous prie, Seigneur, ce trésor incomparable que vous avez caché lans ce désert : faites-moi voir ce prodige de pénitence que le monde n'a Fas été digne de posséder." Disant cela, 1 S'avança un peu plus, et vit, à la faveur d'un rayon de uinièrt Sun saint COrps, ? rivé de Ja vie, et couché sur la crre dans une posture fort modeste : il Iüi baisa les pieds, hanta pour elle les Psaumes et les suffrages que l'on dit

rdinairement pour les morts, et arrosa Ja terre de ses ‘mes. Il était en peine s'il la devait enterrer. Mais, sa

LE CIEL nee

peine fut aussitôt levée par ces paroles qu'il trouva tracées sur le sable : “Abbé Zozime, enterrez le corps de la pauvre Marie; rendez à la terre ce qui Jui appartient, et priez pour moi. Je suis décédée la nuit même du vendredi saint. après avoir regu le divin aliment de la sainte Eucharistie.”

Par là, ce saint vieillard fut instruit de trois choses premièrement du nom de cette sainte Pénitente dont :! était extrémement en peine, et qu'il avait oublié de lui de mander ; secondement, du temps de son décès, qui était arrivé six ou sept heures après qu'elle eut reçu la sainte

Communion. Ici, nous voyons deux grands miracles: !

premier qu'en si peu de temps, elie etit fait un chemin de

je second, que son corps fût demeuré un an sans que Îles bêtes sauvages eu:

vingt jours; entier sans corruption, et sent osé y toucher. Enfin, il apprit que Dieu voulait qu'il

jui donnait la sépulture en cette solitude.

Un lion lui servit de ministre en cet office de charts:

il creusa la terre avec 8€$ griffes et fit un fosse capable (le

contenir un Corps hrimain ; et, après que Zozime y eut ! ces saintes dépouilles, le même lion vint la recouvri! combler la fosse.

Toute la sucssion de cette femme incompit

consistait dans le pauvre manteau que Île saint abl

. il en hérita comme d'un grand trésor et le:

avait prêt porta à son morastère comme une relique très préc Ji raconta alors aux religieux les merveilles qu'il

vues, etil en pénit le Seigneur.

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SAINTÉ MARIE EGYPTIENNE

RE

Le Martyrologe Romain, au deuxième jour d'avril, fait mention de notr

re Sainte en ce peu de mots: “En Palestine, le décès de Sainte Marie, Egpptie

nne, surnommée la Pécheresse : cinquième siècle.”

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