‹ Le ciel sur la terreChapitre 26 sur 120 · SAINT ELOI · texte numérisé non relu

SAINT ELOI

Saint Eloi, illustre par sa sainteté, fut élevé au siège vacant de ?îoyon en 646. Nous avons de lui une magnifique homélie, pour le jour delà Cène du Seigneur, dans laquelle nous trouvons le passage suivant :

«Jésus-Christ a pris une chair semblable à la nôtre, étant né vrai homme de la sainte vierge Marie. Il est

aussi vrai fils de Dieu, non simplement par adoption et par grâce, comme le sont les autres hommes, mais par nature, étant de la substance môme de Dieu son père. Ainsi, comme il l'affirme lui-même, c'est sa vraie chair et son vrai sang qu'on nous donne à manger et à boire dans le mystère de l'Eucharistie. En sorte que nous qui prenons véritablement la chair et le samj de son corps sous le mystère, nous devenons un avec lui par nature^ en recevant ces choses, où après la consécration il reste encore la ressemblance du pain et du vin, ])our nous prévenir de l'horreur que nous aurions d'y voir la chair sanglante de Jésus- Christ, mais la grâce de la rédemption y reste tout entière. Or Jésus-Christ, pour témoigner qu'il est véritablement en nous par nature, dit: Ma chair est vraiment nourriture, et mon snmj vraiment breuvarje; celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui. Ces paroles ne nous laissent aucun lieu de douter de la vérité de sa chair et de son sang dans ce mystère, puisque nous voyons clairement, et par cette déclaration expresse du Seigneur, et par l'assurance que nous en donnenotre foi, que c'est véritablement sa chair, et que c'est véritablement son sang, et qu'ayant mangé cette chair et bu ce sang, nous sommes en Jésus-Christ et Jésus- Christ est en nous.

« Soyez donc véritablement persuadés et croyez assurément, qu'ainsi que la chair que Jésus-Christ a prise dans le sein de la vierge Marie est son vrai

corps, lequel a souffert la mort pour noire salut ; (le même le pain qu'il donna autrefois à ses disciples, et que les prêtres consacrent tous les jours dans TEglise est son véritable corps. Non pas que la cJiuir qu il a prise de la Vierge et ce pain soient deux corps ; mais c'est un seul corps ; de telle sorte que ce pain consacré étant rompu et mangé par les fidèles, il est vrai de dire que Jésus-Christ est in)molé, et qu'il est mangé, et néanmoins qu'il demenro toujours indivisible et tout entier en lui-même. Notre divin Rédempteur nous a donné ce sacrement pour remédier à notre faiblesse, afin que comme désormais il ne saurait mourir, et que cependant les hommes pèchent tous les jours, nous eussions un vrai sacrifice, par lequel nous puissions expier continuellement toutes nos iniquités. »

Ylll^ SIÈCLE

JEAN DAMASCÈME

Saint Jean D;imascène, Père de l'Eglise, a vécu au huitième siècle, sous la domination des Sarrasins mahométans, dont il s'attira le respect et la confiance par ses talents non moins que par ses vertus; dans son Traité de la foi orthodoxe, il parle en ces termes du grand mystère de l'Eucbarislie:

« Si la parole de Dieu est vivante et efficace ; si le Seigneur a Init tout ce qu'il a voulu ; s'il a dit : « Que « la lumière soit faite; «et la lumière a été faite; « Que le firmament soit fait ; » et le firmament a été fait ; si les cieux ont été affermis par sa parole, et toute leur verlu par le souffle de sa bouche ; si le ciel et la terre, l'eau, le feu, l'air, et tout ce que le monde a de beau, a été fait et achevé par la parole de Dieu ainsi que l'homme, celte admirable créature; si le Verbe de Dieu s'est fait homme parce qu'il l'a voulu ; et s'il s'est formé un corps du sang pur et immaculé de sa mère, toujours vierge , pourquoi ne pourrait-il pas du pain faire son corps, et du vin mêlé d'eau faire son sang? Au commencement Dieu a dit : « Que la terre produise de l'herbe verte ; » et, étant arrosée par les pluies du ciel, elle en produit encore tous les jours, par la vertu et la fécondité que lui imprime cette parole. Dieu dit aussi : « Ceci est « mon corps ; faites ceci en mémoire de moi. » Comment cela se fera-t-il, disait la sainte Vier^'e à l'ancre qui lui annonçait le mystère de l'Incarnation, puisque je ne connais point d'homme? L'ange lui répondit : « L'Esprit-Saint descendra en vous, et la vertu « du Très Haut vous couvrira de son ombre. » Vous aussi vous demandez comment le pain devient le corps de Jésus-Christ, et le vin mélangé d'eau devient son sang : Je vous répondrai que le Saint-Esprit survient, et fait des choses qui surpassent toutes nos paroles et toutes nos pensées. C'est le corps qui est

7i CIRCONSTANCES QUI ONT SUIVI L'EXÉCUTION

vraiment uni à la Divinité, le môme qui est né de la sainte Vierge ; non pas que le corps qui est monté au ciel on descende maintenant, mais parce que le pain et le vin sont changés au corps et au sang de Dieu. Si vous voulez savoir comment cela se fait, qu'il vous suffise d'entendre que cela se fait par le Saint-Esprit, comme par le Saint-Esprit, le Seigneur s'est fait a luimême et pour lui-même un corps du sang de la sninte Vierge sa mère.

« De même que le pain qui sert de nourriture à riiommc et le vin mêlé d'eau qui lui scrl do breuvage se changent en la substance de son corps et de son sang; ainsi, par l'invocation et la venue du Saint- Esprit, le pain et le vin mêlé d'eau sont changes au corps et au sang de Jésus-Christ d'une manière toute surnaturelle. Le pain et le vin ne sont point la figure du corps et du sang de Jésus-Christ, à Dieu neplaise! c'est le corps même de Jésus-Christ uni à la Divinité; il n'a point dit : « Ceci est la figure de mon corps, » mais bien ; « Ceci est mon corps; ni : m Ceci est la ligure de mon sang, » mais bien: <.< Ceci est mon sang. » Si quelques-uns ont appelé le pain et le vin les anlitypes, ou les images, ou les figures du corps et du sang de Jésus-Christ, comme le fait saint Basile, ils ne l'ont pas dit après la consécration, mais avant que l'oblation fût consacrée. »

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