BEDE
Le vénérilble BMe a toujours été regardé par tous les siècles chrétiens comme le plus bel ornement de l'Église d'Angleterre. Cette brillante renommée, il l'a obtenue par son zèle pour la propagation de la foi, par ses écrits et par la sainteté de sa vie. Dans une homélie composée pour la troisième fcrie de la semaine sainte, il s'exprime en ces termes sur la divine Eucharistie :
« Jésus, mangeant avec ses disciples, prit du pain et, l'ayant béni, le rompit et le leur donna en disant : « Prenez, ceci est mon corps. » Après que le Seigneur eut achevé d'accomplir la solennité de l'ancienne Pâque qui se célébrait en mémoire de la délivrance du peuple de Dieu de la captivité de l'Egypte, il passa à la nouvelle Pâque qu'il voulait que l'Eglise solcnnisât en mémoire de la rédemption qu'il était venu apporter au monde; et au lieu de la chair et du sang de l'agneau pascal, il institua le sacrement de son corps et de soii sang pour enseigner qu'il était lui-même cet agneau-là. Or ce fut lui-même qui rompit le pain, lequel il présenta à ses disciples pour leur faire voir que son corps ne devait être meurtri et percé dans sa passion que parce que lui-même voulait qu'il le fût, et qu'il avait le pouvoir de donner sa vie et de la reprendre de nouveau. 11 bénit donc ce pain avant que de le rom-
prc, pour nous enseigner par le mystère (Je celle béncdiclion qu'agissant avec son Père et le Saint- Esprit, il avait rempli de la grâce et de la vertu divine la nature humaine dont il s'était revêtu afin de mourir. De même ayant pris le calice et rendu grâces à Dieu, il le donna à ses apôtres et ils en burent tous.
« Ainsi ce fut sur le point de souffrir la mor! que Jésus-Christ rendit grâces à son Père, lui (pii portait la peine des péchés d'autrui, lui qui, n'ayant pas mérité d'èlre outragé comme il le fut, ne laisse pas de bénir humblement quand on l'outrage.
« A l'autel, Jésus-Christ efface tous les péchés du monde et nous lave de toutes nos souillures dans son sang. C'est là qu'on renouvelle la mémoire de s? bienheureuse passion, c'est là que la substance du pain et du vin est changée au sacrement de sa chair et de son sang par la sanctification ineffable du Saint-Esprit. Ainsi, son corps n'est plus percé et son sang n'est plus répandu par fjîs mains des infidèles pour leur perte et pour leur ruine, mais l'un et l'autre sont reçus dans la bouche des fidèles pour leur bien et pour leur sAul éternel. » (Homélie sur VÉpiphume.)