SAINT PIERRE DAMIEN
Saint Pierre Damien, cardinal et évoque d'Oslie, né à Ravenne, fut, par l'éminence de sa saintelé et de sa doctrine, la lumière du onzième siècle. Dans un sermon sur la nativité de la bienheureuse vierge Marie, il enseigne clairement que le corps de Jésus- Christ que nous prenons à la table du Seigneur est le même que celui qu'il a pris dans le sein de la céleste vierge 3Iarie.
« Le corps de Jésus-Christ que la bienheureuse vierge Mère de Dieu a engendré, qu'elle a porté dans son sein, qu'elle a enveloppé dans des langes, qu'elle a élevé avec un soin maternel, est certainement le même corps que nous recevons à l'autel sacré, et dont nous buvons le sang, comme étant le sacrement véritable de notre rédemption. Telle est la foi catholique; voilà l'enseignement constant de l'Eglise de Jésus-Christ. L'homme ne saurait donc trouver des louanges dignes de cette bienheureuse Vierge, qui nous a donné de ses chastes et pures entrailles une nourriture pour nos âmes. Celui-là même qui a dit : « Je suis le pain « vivant descendu du ciel ; celui qui mangera de ce « pain vivra éternellement. » De sorte que si pour avoir mangé d'un fruit défendu nous sommes privés des joies et des délices du paradis, en mangeant d'un autre fruit nous sommes remis en possession de ces joies et de ces délices. Eve mangea d'un fruit qui nous a fait condamner à une famine éternelle ; Jlarif nous
a présenté un autre fruit qui nous fait participer à un divin et céleste banquet. Par le fruit défondu qu'Adam prit, par un senlimcnt d'orgueil et par un appétit désordonné, la semence de tous Ks vices, le venin d'une mortelle corruption s'e?t répandu dans tous les membres du corps humain. Eh bien, pour se fortifier contre ce poison mortel, le peuple chrétien prend la divine Eucharistie, cet antidote qui, par sa vertu toute-puissante, le purifie de la malignité de cette maladie spirituelle et contagieuse. C'est donc par la force de ce nouveau sacrement du corps du Seigneur que nous chassons loin de nous ce levain de corruption du vieil homme, afin de passer de la servitude à la liberté de l'esprit; de la vieillesse de notre naissance selon la chair à la nouveauté de la renaissance divine. » (Sermon xlv, inNcitiv. B. M. V.)
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