‹ Le ciel sur la terreChapitre 41 sur 120 · SAINT IGNACE DE LOYOLA · texte numérisé non relu

SAINT IGNACE DE LOYOLA

FOXDATEOr, DE LA COMPAGNIE DE JÉStS.

Ce fut l'an 1491 que saint Ignace vint au monde, dans la province de Biscaye, à Loyola. Doué des plus riches qualitésde l'esprit et du cœur, Ignace, issu d'une des plus illustres famillesde l'Espagne, fut placé tout jeune en qualité de page à la cour de Ferdinand V, Entraîné par l'exemple de ses frères et par l'amour de la gloire, Ignace se livra à la carrière militaire. Blessé sur la brèche, alors que l'épée à la main il défendait sa patrie, Ignace, étendu sur un lit de douleur, pour charmer ses souffrances demande des livres

légers et frivoles. 0 miséricortiieuse Providence ! Ou lui donne la Vie des saints. Ignace prend ce livre, lit d'abord avec dégoût et par désœuvrement ; mais son cœur noble et grand est bienlùt vnincu par les étonnantes vertus des saints. Il admire le dévouement des apôtres, il s'étonne de la force invincible des martyrs, il s'incline devant l'héroïque pureté des vierges; son cœur s'échauffe et s'enflamme en présence des vertus des saints de tout âge, de tout sexe, de toute condition, et il s'écrie : « Pourquoi ne ferais-je pas comme ils ont fait? » Il dit : il quitte le monde, s'enferme dans la retraite ; après s'y être sanctifié, il vient à Paris, y termine ses études, et, le jour de l'Assomption de l'année 1534, dans la chapelle souterraine de Montmartre, il fonde, avec Xavier, Lefèvre, Lainez, Salmeron, Bobadilla, Rodriguez, dont les noms sont immortalisés dans les fastes de l'Eglise, il fonde celte illustre Compagnie de Jésus, qui n'a jamais cessé de brillerderéclatleplusvifetlepluspur,commeunraagnifique diamant au front de l'épouse de Jésus- Christ. Vingt-deux ans après la fondation de celte société, qui se répandit avec tant de rapidité et d'éclat en Italie, en Espagne, en Portugal, en Allemagne, dans les Pays-Bas, dans le Japon, en Chine, en Amérique, en France, le valeureux guerrier de Jésus-Christ, l'intrépide général de cette invincible milice, âgé de soixante-cinq ans, rendit à Rome son dernier soupir, et alla au ciel recevoir la magnifique couronne que Dieu avait réservée à ses travaux et à ses vertus.

Recueillons avec foi et piété cette prière qui, de son cœur embrasé d'amour, passait sur ses lèvres, alors qu'il venait de célébrer les saints mystères :

« Seigneur de loules choses et très-doux dominateur de ceux qui vous aiment, recevez le don de tout moi-même; c'est mon amour qui vous le fait. Acceptez ma mémoire et gravez-y le souvenir ineffaçable de vos bienfaits; mon intelligence, et que sa plus chère occupation soit de méditer votre loi et de penser à vous ; ma volonté, que je soumets pour toujours à la vôtre. Tout ce que j'ai, tout ce que je suis, biens intérieurs, biens du dehors, vous m'avez tout donné; je vous rends tout. Dirigez mes pensées, purifiez, attirez à vous tous mes sentiments, réglez mes actions. Disposez de moi comme il vous plaira dans les intérêts de voire gloire ; santé et maladie, succès et revers, joies et peines, vie et mort; gouvernez tout selon voire bon plaisir; je ne suis plus à moi, je suis à vous; toute mon ambition désormais sera de pouvoir dire avec votre Apôtre : Vivit in me Christus: mihi vivere Christus est. Donnez-moi seulement votre amour et votre grâce ; faites que je vous aime et que je sois aimé de vous ; ôlez de mon àme tout ce qui peut vous y déplaire ; mettez-y ce qui vous plaît. 0 mon Dieu, ce qui vous plait en moi, je le sais bien, c'est que je croisse continuellement dans voire amour c'est aussi la seule chose que je désire; donnez-moi

celte grâce, je serai assez riche, je n'aurai plus rien à vous demander. »

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