‹ Le ciel sur la terreChapitre 43 sur 120 · ALPHONSE RODRIGUEZ · texte numérisé non relu

ALPHONSE RODRIGUEZ

Le bienheureux Alphonse Rodriguez, coadjuteur de la Compagnie de Jésus, naquit le 2j juillet de l'an ir,2(3, à Ségovie. Il fut élevé très-chrétiennement, et il montra dès son enfance un grand amour pour la divine Eucharistie et pour la sainte Vierge.

Ce fut le 51 janvier 1571 qu'il entra au noviciat au collège de Saint-Paul de Valence. Six mois après, il lut envoyé dans l'ile de Majorque, où il exerça,

pendant plus de trente ans les humbles fonctions de portier du collège. C'est là qu'il mourut après quarante-cinq années passées dans la pratique des plus héroïques vertus. Sa mort fut douce comme un paisible sommeil, il s'éteignit en prononçant le saint nom de Jésus. Un grand nombre de miracles s'accomplirent à son tombeau, et le pape Léon XII le béatifia en 1825.

Nous lisons dans la vie du bienheureux Alphonse Rodriguez qu'au moment de la communion son visage brillait d'un feu surnaturel, et les témoins qui ont dépose dans le procès de sa béatification déclarèrent qu'il se faisait alors dans ses traits un changement si merveilleux, qu'il n'était plusreconnaissable. 11 était comme transfiguré en un ange terrestre. Aussitôt qu'il avait reçu la divine Eucharistie, il se retirait à l'écart, et s'abandonnait tout entier aux effusions ardentes de son amour et aux plus vifs transports de sa reconnaissance. Le bienheureux Alphonse se figurait ordinairement que son cœur était comme une "vaste salle dans laquelle élaient dressés deux trônes : Sur l'un il vojait Jésus et sur l'autre Marie, car il ne pouvait séparer ces divins objets de toutes les affections de son âme. Prosterné en esprit à leurs pieds, il disait trois fois : « Gloire au Père, au Fils et au Saint- Esprit, aujourd'hui, toujours et dans tous les siècles, comme dès le commencement, et dans toute l'éternité, ainsi soit-il!» Puis le Te Deum : « Nous vous louons, grand Dieu, nous vous reconnaissons pour

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notre Seigneur, etc.; » et, quand il arrivait à ces paroles : « Les cieux et la terre sont pleins de la majesté de votre gloire, » il invitait toutes les créatures à se joindre à lui pour chanter les louanges du Seigneur et lui rendre mille actions de grâces. Dans ce moment il était tellement inondé d'un torrent de lumières et si comblé d'enivrantes délices, qu'il serait impossible à un homme, écrivait-il , de trouver des expressions et des pensées assez relevées pour exprimer les ravissements de son âme au milieu des esprits angéliques qui louaient et adoraient leur Dieu présent dans son cœur.

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