‹ Le ciel sur la terreChapitre 45 sur 120 · QUE SAIXT FRANÇOIS DE SALES · texte numérisé non relu

QUE SAIXT FRANÇOIS DE SALES

SE PRESCRIVIT ALnRS Qu'lL ÉTCDIAIT E>' DROIT A PADOUE

1" La sainte Communion. — De si loin que je verrai une église, je la saluerai par ce verset de David : « Je vous salue, église sainte dont Dieu a « mieux aimé les portes que tous les tabernacles de

« Jacob. » De là, je passerai à la considération de l'ancien temple, et comparerai combien est plus auguste la moindre de nos églises que n'était le temple de Salomon, parce que, sur nos autels, le vrai agneau de Dieu est offert en hostie pacifique pour nos péchés. Si je ne puis entrer dans l'église, j'adorerai de loin le tros-saint Sacrement, même par quelque acte extérieur, ôtant mon chapeau, et fléchissant le genou si l'église est proche, sans me soucier de ce que me diront mes compagnons.

« 2" Je communierai le plus souventqueje pourrai, par l'avis de mon confesseur; au moins ne laisserai-je point passer le dimanche sans manger ce pain sans levain, vrai j)ain du ciel; car comment pourrait mètre ledimanclie un jour de sabbat et de repos, si je suis privé de recevoir l'auteur, de mon repos éternel?

« 3" La veille du jour de la communion, je mettrai hors de mon logis toutes les immondices de mes péchés, par une soigneuse confession à laquelle j'apporterai toute la diligence requise pour n'être point troublé de scrupules ; mais, d'autre part, j'éviterai l'inutilité des recherches curieuses et empressées.

« 4° Si je m'éveille la nuit, je donnerai de la joie à mon âme, disant pour la consoler dans les frayeurs nocturnes qui me travaillent : « Mon âme, pourquoi es-tu triste et pourquoi te troubles-tu ? Voici ton époux , ta joie et ton salut qui vient, allons audevant, par une sainte allégresse et amoureuse confiance. »

SL'R LEUCHARISTIE. 161

« 5° Le malin étant venu, je méditerai la grandeur i\e Dieu et ma bassesse, et, d'un cœur humble et joyeux, je chanterai avec la sainte Eglise : 0 chose admirable! le pauvre et vil serviteur loge son Seigneur, le reçoit et le mange! là-dessus, je ferai divers actes de foi et de confiance sur les paroles de l'Evangile : «Si «quelqu'un mange ce pain, il vivra éternellement.»

«6° Ayant reçu le très-saint Sacrement, je me donnerai tout à celui qui a' est donné tout à moi. J'abandonnerai d'affection toutes les choses du ciel et de la terre, disant : « Que veux-je au ciel? que me restece t-il sur la terre à désirer puisque j'ai mon Dieu qui « est mon tout? » Je lui dirai simplement, respectueusement, confidemment, tout ce que son amour m'inspirera, me suggérera, et me résoudrai à vivre selon la sainte volonté du maître qui me nourrit de lui-même.

« 7° Quand je me sentirai sec et aride à la sainte communion, je me servirai de l'exemple des pauvres, quand ils ont froid ; car, n'ayant pas de quoi faire du feu, ils marchent et font de l'exercice pour s'échauffer. Je redoublerai mes prières, et la lecture de quelque traité du très-saint Sacrement, que très-humblement et d'une ferme foi j'adore. Dieu soit béni !»

AMOUR D'nS YIEILLARO POUR LA SAINTE COM11UNIO>'.

Un jour que saint François de Sales distribuait la sainte commuHion dans une chapelle près de Tonon, un bon vieillard, qui avait communié le matin et

goûté tout le bonheur attaché à ce rapprochement ineffable (lu Créateur avec sa créature, se présenta de nouveau à la table sainte pour participer encore aux délices sacrées qui l'avaient rendu si heureux.

« Mon ami, lui dit le saint, ne vous ai-je pas déjà donné la communion? Retirez-vous, on ne peut communier deux fois le môme jour. — Ah ! mon Père, répondit le vieillard, puisque le bon Dieu y est, je vous prie de me le donner encore une fois: on est trop heureux dans sa compagnie. » François, admirant lant de simplicité, lui dit : « Allez -vous-en « maintenant, mon ami ; mais revenez demain, je « vous promets de vous donner votre Dieu une seconde « fois.» Le vieillard consolé fut fidèle au rendez-vous et eut le bonheur de recevoir son Dieu une seconde fois. {Vie de saint François de Sales, par M. Hamon, tome r, p. 179.)

DES FBDITS DE LA SAINTE COHHDN'IOX.

« Considérez Notre-Seigneur lorsqu'il institua le très-saint Sacrement de l'autel, où il nous témoigne si admirablement la grandeur incomparable de son amour. Oh! que ce fut un parfum infiniment suave que cet acte de dilection incompréhensible, lorsqu'il se donna pour nous, qui étions ses ennemis et qui lui causions la mort ! Ce fut vraiment alors qu'il nous fournit le moyen de parvenir à ce suprême degré d'union qu'il nous désirait, qui est d'être fait un avec lui, comme lui et son Père ne font qu'un ; car par

la réception du très-haul Sacrement de l'Eucharistie, nous serons faits une même chose avec Jésus-Christ, ainsi que le dit l'apôtre saint Paul. 0 bonté incomparable! que vous êtes digne d'être louée ! Jusqu'où s'estabaisséelagrandenrde Dieu pour chacun de nous! et jusqu'où veut-il nous élever ! quel bienfait de nous unir si parfaitement à lui, qu'il nous rende une même chose avec lui !

« Ceux qui font bonne digestion corporelle ressentent une vigueur nouvelle dans tout leur corps parla distribution générale qui se fait de la nourriture en tous ses membres. Ainsi ceux qui font bonne digestion spirituelle ressentent que Jésus-Christ, qui est leur chair, s'épanche et se communique à toutes les parties de leur âme et de leur corps. Ils ont Jésus- Christ au cerveau, au cœur, à la poitrine, aux yeux, aux mains, en la langue, aux oreilles, aux pieds. 3Iais ce Sauveur, que fait-il partout parla? Il redresse tout, il purifie tout, il modifie tout, il vivifie tout ; il aime au cœur, il entend au cerveau, il anime dans la poitrine, il voit aux yeux, il parle en la langue; et ainsi des autres : il fait tout en tout. Et alors nous vivons, non point nous-mêmes, mais Jésus-Christ vit en nous.

« ODieu! quel bonheur que notre amour, en attendant l'union béatifique que nous aurons avec Notre- Seigneur au ciel, s'unisse parce mystère si admirablement à lui I » [Lettres de saint François de Sales.)

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