SAINT PACIFIQUE
Saint Pacifique naquit à San-Severino, en l'année i65o. Ses parents n'étaient pas moins illustres par
la noblesse de leur naissance que par leur vie vertueuse et le soin qu'ils avaient d'élever leurs enfants dans les voies de la piété et de la vertu. Il fut baptisé sous le nom de Charles-Antoine, qu'il conserva jusqu'à son entrée dans l'ordre de Saint-François, dont il devint une des gloires par ses vertus héroïques. Il mourut à Tàge de soixante-huit ans, le 24 septembre 1721. Béatilié par Pie VI, il fut canonisé par Grégoire XVI.
Ce grand saint était si pénétré de vénération et de respect en présence de Jésus-Christ résidant dans nos tabernacles, que, malgré les plaies qu'il avait à ses jambes, il avait coutume de se jeter à deux genoux toutes les fois qu'il passait devant l'autel où le saint Sacrement reposait. Il y restait paisible et immobile, comme s'il eût été insensible à la douleur, et même, lorsque la maladie le retenait au lit, il se levait fréquemment pour aller à l'église, aux pieds du bienaimé de son âme, d'où il était rappelé par la voix de ses supérieurs, auxquels il ne manquait jamais d'obéissance, qui lui commandaient de rester au lit ; où, se frappant la poitrine et. donnant libre carrière aux sentiments que son cœur ne pouvait plus contenir, il remplissait ceux qui l'entouraient d'admiration et d'amour pour Dieu. C'était surtout dans l'auguste sacritiee de la messe que se manifestaient sa foi et sa profonde vénération. Ses soupirs étaient entendus de tous et ses larmes coulaient par torrents. On venait de loin pour être témoin de sa piété et de son amour
pour Dieu, qui débordaient de toutes parts. Un grand nombre de personnes l'ont vu, pendant la célébration des saints mystères, élevé de plusieurs doigts au-dessus de la surface des degrés de l'autel; il demeurait dans cette posture, agité d'un tremblement extraordinaire, l'espace d'un credo et même de plusieurs heures, comme l'atteste le procès de sa béatification, de sorte qu'il fallait un ordre du supérieur pour le rappeler à sa position naturelle. 11 s'arrêtait de temps en temps comme ravi en extase ; car il goûtait alors les douceurs et les joies de la présence de son bien-aimé Jésus dans l'auguste Sacrement.
Pendant la communion et surtout pendant la réception du calice, il sentait son âme pénétrée des célestes délices que procure le pain des anges à ceux qui en mangent; et ensuite, jusqu'au moment oîi il retournait à la sacristie, son visage, habituellement pâle et décoloré, était empreint d'une vive fraîcheur. {Vie de saint Pacifique, par Son Eminence le cardinal Wiseman.)