SAINTS DKSIRS D USE JEUNE ENFANT POUP. LA SAINTE CO51MUN
« Dans une paroisse de l'arrondissement de Domfront, se trouve une pieuSe famille dont le père est mort il y a plusieurs années. La mère, devenue veuve, a continué d'élever ses enfants dans la crainte et l'amour du bon Dieu. Une petite fille, appelée Marie, âgée d'environ dix ans, profita de son mieux des bonnes leçons et des bons exemples de sa vertueuse mère. Toutes ses petites camarades de classe la regardaient avec raison comme un ange de piété et de vertu. Un jour, la religieuse sa maîtresse, faisant réciter le catéchisme à ses enfants, développa tant soit peu les effets et le bonheur d'une bonne et sainte communion. Peu-
dant qu'elle parlait, ses yeux se portent sur l'enfant que je viens de nommer. Elle la voit pâlir, son visage se décompose et blanchit; elle se trouve mal, elle tombe sans connaissance. La bonne religieuse la prend dans ses bras et lui prodigue, comme une bonne mère, tous les soins de sa tendresse et de son amour. Bientôt la connaissance lui revient. La bonne sœur lui demande la cause de son mal. L'enfant lui répond : « Ma sœur, je vous en prie , ne parlez « pas davantage devant moi du bonheur de commu- « nier; car, vous le savez, j'ai encore deux ans à être « privée de ce bonheur, et cette pensée m'afflige et « me rend malade. »
« La religieuse, aussi étonnée qu'édifiée d'une pareille réponse, lui promet le silence sur la cause de sa douleur. Cependant, quelques semaines plus tard, voulant s'assurer d'une manière certaine si l'indisposition de la petite Marie était réellement un effet de ses paroles sur le bonheur d'une bonne communion, elle feignit d'avoir oublié sa promesse et recommença à parler des effets et du bonheur d'une bonne et sainte communion. Mais à peine eut-elle dit quelques mots, que l'enfant tomba, comme la première fois, sans connaissance. Cette fois, la religieuse ne doute plus de l'effet de ses paroles ; elle admire et remercie Dieu d'avoir dans sa classe une âme si aimante et si pieuse.
« Quelques jours après, cette bonne petite fille tombe sérieusement malade. Elle demande son cou-
fesseur. Sa première question est celle-ci : « Mon « père, pourrai-je avant de mourir recevoir mon bon « Jésus? — Oui, mon enfant, vous le pourrez, » lui répond le prêtre appelé auprès d'elle. Alors son bonheur et sa joie lui font oublier sa douleur. Elle se confesse et se prépare de son mieux à recevoir son Dieu dans son cœur. Elle fit sa première communion dans son lit, avec des sentiments de piété et d'amour qu'il est plus facile de comprendre que de décrire. On devine combien elle fut fortifiée et soulagée par celle nourriture et ce remède divins qu'elle désirait avec ardeur depuis si longtemps.
« Mais le ciel enviait à la terre celle enfant de bénédiction. En peu de temps la maladie fit de rapides progrès. La mère comprit bien que le bon Dieu, maître absolu de la mort, lui enlèverait bientôt sa chère petite fille. Cette pensée, brisant son cœur de mère, lui faisait verser des larmes comme malgré elle en présence de sa pauvre malade qu'elle ne devait bientôt plus voir. L'enfant voyant pleurer sa mère, lui dit : « Maman, pourquoi donc pleurez-vous? Je vais « mourir, c'est vrai ; mais en mourant je m'en vais « au ciel avec le bon Dieu. Oh! que je serai heureuse « dans le paradis avec les saints , avec le bon Dieu! « Déjà je vois la sainte Vierge qui vient au-devant de « moi, je vois mon petit frère qui est mort et qui se « réjouit de me voir aller avec lui. 0 maman, je « vous en prie, ne pleurez pas ! »
« Ce fut sa dernière parole. Une douce chaleur de
rainour divin sépare sa belleâmcde son corps, comme un fruit déjà mûr se détache de l'arbre et tombe de lui-même à la plus légère secousse. Comme une flamme claire et brillante s'élève et vole d'elle-même au lieu de son centre, ainsi cette âme bénie, dégagée de cette enveloppe de chair qu'on appelle le corps, quitte la terre et va se perdre dans le sein de Dieu, son bonheur et sa vie. » {Annales de la dévotion au très-saint Sacrement, i'" année, o* livraison, Lyon.j