SUR SOS SIÈGE, ET A RESTITUER LES MENS DE SON ÉGLISE
Le duc Guillaume ayant dépossédé l'cvêque de Poitiers de son siège et usurpé les biens de son Eglise,
saint Bernard reçut du pnpe Innocent la mission de mettre un terme aux maux qui plongeaient dans les larmes cette Eglise que saint Hilaire avait illustrée non moins par ses vertus que par ses talents, qui lui ont mérité le titre de docteur.
Saint Bernard quitte donc sa chère solitude, se rend à Poitiers, obtient une conférence avec le duc Guillaume, et l'exhorte à rendre obédience au pape Innocent, et à rétablir l'évêque de Poitiers sur son siège. Guillaume, subjugué par l'ascendant irrésistible du saint abbédeCiairvaux, n'adhérait cependant qu'en partie aux propositions qui lui étaient faites.
Alors Bernard, dit un de ses biographes, cessa d'agir en homme, et laissa agir Dieu lui-même. Un jour qu'il disait la sainte messe en présence de Guillaume, la consécration étant faite, Bernard suspend la célébration des saints mystères ; il pose la divine hostie sur la patène ; puis, le visage en feu et l'œil étincelant de lumière, il descend les marches du sanctuaire, et se dirige d'un pas ferme vers le prince interdit : « >'ous avons longtemps usé de prières, lui dit-il, et vous nous avez méprisé ; plusieurs serviteurs de Dieu se sont joints à nous pour unir leurs supplications aux nôtres, et vous n'en avez point tenu compte. Voici maintenant le fiis de la Vierge qui vient à vous, celui que vous persécutez, le chef et le seigneur de l'Église, le juge au nom duquel tout genou fléchit au ciel, sur la terre et dans les enfers ! ... C'est entre ses mains, entre les mains du juge vengeur des
crimes, que tombera l'àmcqui vous anime. Le mépriserez-vous aussi? Traiterez-vous le maître comme vous avez traité les serviteurs ? »
Saint Bernard se tait ; la foule atterrée garde le silence ; les larmes et la perplexité des assistants témoignent de leur frayeur ; chacun attend avec angoisse l'issue d'une action inouïe qui semblait présager une manifestation soudaine do la puissance de Dieu, Guillaume, épouvanté, ne peut proférer un seul mot ; ses genoux tremblent et fléchissent; il tombe à terre, et ses gardes l'ayant relevé, il tombe encore et pousse des cris effrayants.
Alors saint Bernard le touche, lui commande, par un signe, de se tenir debout, et reprend la parole: « Allez, lui dit-il «l'une voix calme et solennelle, allez présentement vous réconcilier avec l'évèque de Poitiers que vous avez chassé de son siège ; donnez-lui le baiser de paix en gage d'une alliance nouvelle; conduisez-le vous-mêmcdans son Eglise, et rendez-lui autant d honneurs que vous lui avez prodigué d'injures ; rappelez à l'unité catholique ceux que la discorde et le schisme en ont séparés, et devenez docile à ■ Innocent comme au pontife que Dieu a placé sur la chaire de saint Pierre. »
Vaincu par la force du Saint-Esprit qui jaillissait de la bouche de l'homme, et par la puissance de la divine Eucharistie, le duc va trouver l'évèque de Poitiers lui donne le baiser de paix, le conduit dans son Eglise, rend hommage au pape Innocent, et reparaît
ensuite à l'église où saint Bernard achève de célébrer le sacrifice de la messe. [Vie de saint Bernard, par l'abbé Ralisbonne.i
SAINTES HOSTIES RESPECTÉES PAR LES FLAnHOES
PRÈS DE COLOGNE, L: £ SAINTES UOSTIKS, SOST RESPECTÉES PAR LES FLAMMES AU MILIED d'd.N VASTE INCENDIE.
L'abbé Rupert, un des plus savants prêtres du douzième siècle, rapporte le fait suivant, dont il a été le témoin oculaire.
« Le 25 août 1128, il y eut à Tuy un incendie si violent, que les bords du Rhin, la ville de Cologne, et tous les environs en étaient éclairés. Le feu avait pris la nuit. Les religieux de Saint-Laurent accoururent pour aider à éteindre l'incendie. Un d'eux ayant pris dans la sacristie un corporal qui avait servi au sacrifice de la messe, il le mit au bout d'une perche qu'il plaça dans un endroit où la flamme était sur le point de pénétrer, espérant qu'elle se détournerait. Le feu allait toujours en avant; le religieux, voyant la perche à demi brûlée, il en retira le corporal, qu'il jeta au milieu de la flamme, dans la confiance qu'il serait respecté ; la flamme le repoussa, et le vent le lit voler du côté de la ville où l'incendie n'avait pas pénétré. Cependant le feu gagnait toujours, alimenté par les pailles et les blés serrés dans les granges ; il était parvenu jusqu'à l'égUse paroissiale
Saint-Martin, voisine du monastère dont j'étais l'abbé; elle contenait, dans l'épaisseur du nnir, à côté de l'autel, une armoire couverte de planches, fermée d'une porte en bois, (jui renfermait le corps de Notre- Seigiieur ; à côté, une autre où étaient des hosties non consacrées, un flacon d'élain à vinaigre, un encensoir, et quelques autres ustensiles pour le service de l'autel. Tout fut consumé, excepté le corporal et la boîte contenant le corps du Sauveur. » Le saint abbé Rupert, témoin oculaire du miracle, prit le corporal el la boîte, que le feu avait respectés, et, les considérant comme de précieuses reliques, les transporta au grand autel de son église, avec celte inscription :
IIoc corpus Domini flummas in piscide vieil.
Les flammes ont été vaincues par le corps du Seigneur, renfermé dans le ciboire.
LE PAPE EUG£:nE
LES LÉGATS DES ÉVÈQCES ARMÉNIENS VOIENT DES LUMItRES
ET DEOX COLOMBES JIONTANT ET DESCENDANT
SCB LA TÊTE DU PAPE EIGÈNE PENDANT LE SAINT SACltlFICE DE LA MESSE.
« En l'année 1145, le pape Eugène, occupant le siège pontifical, l( s légats desévôques arméniens, ayant à leur tête leur métropolitain, vinrent trouver le souverain pontife à Rome, afin de se ranger sous son obéissance, et apprendre de lui la manière dont ils devaient célébrer les saints mystères.
« Le pape Eugène les reçut avec toute la tendresse
•d'un père et avec tons les honneurs dus à leur dignité. H les invita à assister à la messe pontificale. Or, après la consécration, ils virent une grande lumière, brillante comme des rayons du soleil, entourant la tète du souverain pontife, puis deux blanches colombes montant et descendant au-dessus du saint autel, sans •qu'ils pussent découvrir ])ar où cette lumière et ces colombes étaient venues. La communion étant administrée, la céleste vision disparut tout à coup.
« C'est ainsi, ù mon divin Jésus! que vous avez voulu honorer votre vicaire, sur cette terre, en présence de ces légats araiéniens, afin que, ravis ^de la sainteté de votre représentant sur la terre, et des étonnantes nouvelles do votre divin sacrifice, ils se soumissent sans réserve aux successeurs de Pierre, surlequel vous avez bâti votre Eglise, contre laquelle les portesde l'enfer ne prévaudront jamais. » [Elstoire ecclésiastique.)
SAINT MÂLACKIS
PUISSANCE DU SAINT SACr.I'ICE DE LA. MESSK POLT. DÉLIVRER LES AJIKS DU lUBGATOIllE.
« Nous lisons dans la vie de saint Malachie, archevêque d'Armach, en Ii'lande, lequel vivait en 1148, qu'il eut la douleur de perdre une de ses sœurs dont la mort lui causait une grande tiistesse, car il l'aimait beaucoup. Aussi il priait pour elle, pour elle il offrait les saints mystères. Or, une nuit, il eut un
songe, dans lequel un homme ravcrlissailquesasœur était dehors de l'église, vêtue de deuil, et qu'elle avait demeuré trente jours sans manger. Saint Malachie se réveilla en sursaut, et, se souvenant que depuis quelques jours il n'avait point dit la messe pour sa sœur, il reconnut qu'elle n'était point travaillée de la faim corporelle, mais spirituelle. Il recommença les suffrages qu'il avait interrompus; peu après, la défunte, qui était devant la porte de l'église, lui apparut vêtue de noir et lui dit qu'on ne voulait pas la lai.sser entrer ; mais le saint continua ses prières pour elle, disant tous les malins la messe à son intention, et quelque temps après elle lui apparut avec une robe blanche, dans l'église, se plaignant néanmoin.'< de ce qu'on ne la voulait pas laisser approcher de l'autel. Il ne ce^sa pas de prier pour sa sœur, ju.^qu'à ce qu'elle lui eût apparu auprès de l'autel, habillée de blanc, parmi une troupes de bienheureux esprits, qui montraient par leur clarté que cette âme était déjà admise en la compagnie des bienheureux. Ce qui fait juger de l'efficacité du saint sacrifice de la messe pour effacer les péchés, et délivrer du purgatoire les âmes qui s'y purifient d(; leurs souillures, et les intToduire dans le ciel pour y jouir éternellement de la vue de Dieu. » (Vie de saint Malachie.)
SAINT THOMAS D'AQUIN
LE SAINT SACRIFICE DE LA MESSE ABKÉGE LES SOUFFRANCES DES AMES DU PUBGATOIRE.
« Un jour que saint Thomas d'Aquin répandait son âme devant Dieu, une de ses sœurs, morte depuis peu abbesse de Sainte-BIarie de Capoue, lui apparut, demandant l'intercession de ses prières pour être délir vrée des souffrances du purgatoire. Saint Thomas offrit plusieurs fois le sacrifice do la messe à celte intention ; il joignit les mortifications à la prière, jusqu'à ce qu'il eût acquis la certitude que celle qui était l'objet de son amour fraternel avait été reçue par le céleste Epoux. Plusieurs fois il revit la vision de sa sœur, et il lui demanda dans quel état était l'âme de ses frères. L'âme bienheureuse répondit : « Lan- « dolfe gémit encore; mais Renaud jouit déjà de la « joie des bienheureux ; lat miséricorde de Dieu a par- « donné ses péchés et récompensé les souffrances en- « durées pendant sa vie pour le service de la sainte « Église. Enfin, ajouta-t-elle, votre vie est agréable « devant le Seigneur ; la couronne qui vous est réser- « vée sera comme un diadème de gloire et elle ne « se fera pas attendre. » [BoUandistes , page 679, n^/t-j.)
;i2 MIRACLES.