‹ Le cimetière gallo-romain de StrasbourgChapitre 18 sur 27 · RESUME ET CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

RESUME ET CONCLUSIONS

Soixante-douze jours ont été exclusivement consacrés aux fouilles qui nous ont fait constater rexislence de plus de 250 tombes. Le terrain fouillé comprend environ 45 ares, celui qui resterait à examiner avec chances presque certaines de rencontrer des sépultures répond à une superficie de 4 à 5 ares. J'ai dit plus haut qu'il ne m'a été possible jusqu'ici d y faire des recherches, la place étant constamment obstruée de matériaux ou couverte de rails pour le service des entrepreneurs. Il m'en a coulé d'arrêter là mon travail.

Mais tout en admettant que l'avenir puisse nous réserver la découverte de plus d'une donnée nouvelle et propre à élucider ce qui est encore obscur dans ces antiquités sépulcrales, il semble que l'examen attentif et consciencieusement poursuivi jusque dans les moindres détails de plus de 200 lombes, m'autorise à donner, dès aujourd'hui, quelques conclusions, sans que je risque trop de les voir ultérieurement démenties par des faits nouveaux. Je les donne, du reste, sans parti pris, n'ayant d'autre ambition que de réunir, avec le plus grand scrupule, les pièces d'un procès à instruire. Le dossier en reste ouvert et accessible à chaque homme de science et d'étude.

Modes de sépulture.

Deux systèmes de sépulture ont pu être étudiés dans les deux portions livrées à notre exploration. Le premier, l'incinération, plus ,.. wo<'« ancien, est de beaucoup prépondérant vers l'ouest, dans la direction de Kœnigshofen. D'après les communications orales d'anciens ouvriers employés au terrassement, de nombreuses urnes, remph'es de cendres

et d'ossements calcinés, ont été renconirées lors de l'eicavaiion des fossés actuels et de la cunelle. J'ai tnoi-mèine recueilli, au pied des nouveaux remparts, à la date du '2 octobre 1878, quatre ossuaires ou caisses, dont trois grossièrement taillées comme celles qui proviennent de Kœnigshoren et dont les gravures sont ici reproduites; la quatrième se distingue par une laille régulière, et se rapproche par la Torme de celles conservées à Cologne, Mayence et dans d'autres villes. Les unes étaient com-

plètement vides, les autres ne renTermaienl plus que des fragments de l'urne en verre. Cinq urnes cinéraires bien conservées et remplies de restes calcinés ont été trouvées sous mes yeux, sur un espace fort restreint, le seul à peu près qui ne fût pas encore entamé par les Iravnux de fortification. Elles étaient à une profondeur de 1>",10 à 1n>,30, avec une série de vases en argile de couleur jaunâtre. Le nombre de corps inhumés dans cette portion du terrain est réduit à trois. Les urnes cinéraires étaient garanties soit par des briques réunies de façon h laisser une

— us —

cavité capable de recevoir encore quelques vases accessoires^ soit par un assemblage de fortes pièces de bois formant caisse; il n'en restait plus que les clous oxydés. L'absence complète de ces clous dans deux de ces sépultures ferait croire que les moins fortunés étaient traités sans ces précautions. On s'est contenté de couvrir l'ouverture d'une écuelle ou d'un plat en terre cuite.

A l'est, sur le terrain des anciens glacis, le système d'inhumation Modo

' o » j d'inhumation.

domine à peu près exclusivement. Sur 242 corps, dont il a paru des restes, deux seulement* avaient subi l'ustion, presque tous les autres avaient été livrés à la terre, après avoir été placés dans un cercueil, plus ou moins riche, suivant Tétat de fortune ou le rang des défunts. A peine une douzaine d'individus semblent avoir été ensevelis en terre libre, sans enveloppe sépulcrale.

Deux personnages étaient enfermés dans des cercueils en plomb, qui se trouvaient eux-mêmes placés, Fun dans un coffre en pierre, Taulre dans une caisse en bois. Ils appartenaient sans doute à la classe des plus riches, car les cercueils en plomb comptent parmi les plus grandes rarelés sur les bords du Rhin. Il y a vingt ans on n'en avait pas encore découvert un seul en Allemagne*.

Dix-neuf corps ont été trouvés dans de grands sarcophages en grès des Vosges, fabriqués probablement au pied du château de Frankenbourg, dans le Val de Ville, à juger par la matière qui se trouve dans une carrière voisine'.

Quatre squelettes étaient étendus dans des caisses formées de grands carreaux en terre cuite. Ces caisses étaient garanties au dehors, soit par une maçonnerie (p. 92) ou du moins por un assemblage de grosses pierres (p. 33), soit par les forts madriers d'une enveloppe en bois (p. 20).

Dans un sépulcre, le fond seul était garni de tuiles (p. 61), dans un autre le squelette se trouvait étendu sur des briques; quelques bri(|ues de grandes dimensions fermaient la tombe, dont les parois étaient grossièrement maçonnées avec des moellons (p. 82).

l.Je dois rappeler cependaut la trouvaille d'un ossuaire vide qui peut avoir été découvert sur ce terrain. V. page 13, note.

2. LiNDENSCHMiT. Die vaterldndischen Alterthumer der jiirstlich lîohenzoller'schefi Sammlungen zu Sigmaringen. In-i". 18GÛ. P. 4, note.

Page 1