GommuoicatioD orale de H. le professeur Schimpcr
Le plus grand nombre des morts était déposé dans des cercueils en bois. Il ne reste de ces derniers que les clous en fer, à forte télé arrondie, qui reliaient les ais. A juger par leurs dimensions, qui atteignent jusqu'à O"',^^ dans leur état actuel, on n'a pas économisé le bois pour charpenter ces caisses mortuaires auxquelles le nom de c Todtenbàume » a été conservé dans la bouche du peuple jusqu'à nos jours. Des fragments, conservés dans la rouille des clous, ont été reconnus appartenir à des sapins. La plupart de ces cercueils, très-larges à la tête, s'amincissaient vers les pieds. Aucun n'avait les angles renforcés par des ferrui*es cornières ou d'autres garnitures en métal.
Quant aux sarcophages monolithes, ils ressemblent pour la forme et pour l'appareillage à la plupart de ceux qui ont été découverts dans les derniers temps à Mandeure, Benfeld, Erstein, Stephansfeld , Saverne, Rheinzabem, Spire, Worms, elc, que les archéologues font remonter à la fin de l'empire romain. Complètement dépourvus d'ornements et d'inscriptions, puisqu'ils devaient être recouverts de terre et rester cachés aux yeux , ils s'amincissent presque tous légèrement vers les pieds , ainsi que les cercueils en bois. Aucun ne présente de cavité spéciale pour la tête, n d'ouverture circulaire au milieu du fond, comme cela parait dans les sarcophages d'un âge moins reculé.
Sur dix-neuf couvercles, que nous avons pu examiner, sept sont convexes (v. coupe 37 [29]), douze présentent quatre versants avec arête en bâtière. Parmi ces derniers, un seul offre la traverse formant une croix avec l'arête principale du pignon. Le sarcophage auquel il appartient ne provient pas de nos fouilles, mais se rattache à notre cimetière. Il a été déterré, en 1767, dans une propriélé voisine de la butle de Saint-Michel, faisait partie du musée Schœpflin, et a été retrouvé intact sous les décombres du Temple-Neuf en 1871. Le plus grand nombre de ces couvercles sont ornés aux angles de cubes très-grossièrement appareillés, à l'exception d'un seul, qui est traité avec plus de soin. C'est aussi le seul qu'on n'ait pas évidé pour en diminuer le poids; il appartient au sarcophage 25, et se trouve figuré à la page 31 .
La profondeur des fosses creusées pour recevoir les morts varie. En tenant compte du nivellement du terrain, d'après les chiffres qui ont été mis à notre disposition, la profondeur moyenne est de 1 mètre pour le plus grand nombre des sépultures. Les tombes creusées jusqu'à 3 et 4 mètres de profondeur forment de rares exceptions (v. page 56).
Disposition et orientation des tombes.
Si les renseignements que les ouvriers m*ont fournis sur la position des six premiers sarcophages en pierre, sont entièrement exacts, les tombes les plus importantes et les plus riches étaient toutes alignées, parallèlement à la voie romaine, sur plusieurs rangées assez peu régulières et distantes Tune de Tautre de quelques mètres, comme on peut voir sur le plan. L'irrégularité est plus grande pour les sépultures avec cercueils en bois. Ceux-ci semblent disposés sans système arrêté, en groupes plus ou moins nombreux, sans distinction apparente de fortune, d'âge ni de sexe.
Notons cependant au sud-est du cimetière le nombre assez considérable de tombes d'enfants, rangées à peu près toutes près de sépultures de femmes, ce qui indique qu'on cherchait à rapprocher autant que possible les membres d'une même famille*.
A peu d'exceptions près, l'orientation des tombes est déterminée par deux courants de traditions funéraires très-distincts. Sur 238 individus dont la position a pu être constatée, 146 étaient uihumés du nord au sud, 73 du couchant vers le lever du soleil, H du sud au nord, 4 de Test vers l'ouest. Quatre avaient des positions intermédiaires.
Parmi les sarcophages et sépulcres de distinction, (|uatre seulement étaient dirigés de l'ouest vers le lever du soleil; ils renferruaient chacun un squelette de femme.
Nous manquons des éléments nécessaires pour expliquer les différences d'orientation, si nettement accentuées dans notre cimetière. 11 semblait naturel, de prime abord, de voir une influence chiétienne dans l'ensevelissement de l'ouest à l'est, car l'usage des chrétiens d'enterrer leurs morts, les pieds tournés vers l'orient, a certainement un rapport intime avec l'orientation des prières publiques et des édifices sacrés prescrite par les constitutions apostoliques et remontant dès lors à une haute antiquité. Mais en réfléchissant que cet usage était déjà celui de plusieurs peuples anciens, bien avant leur conversion au christianisme, il ne nous est permis de tirer aucune conclusion en faveur de cette thèse, d'autant moins