‹ Le cimetière gallo-romain de StrasbourgChapitre 21 sur 27 · La Normandie souterraine, p · texte numérisé non relu

La Normandie souterraine, p

Une différence très-notable a pu être constatée dans l'état de conservation des corps, suivant le milieu dans lequel ils avaient séjourné depuis tant de siècles. Tandis que les ossements humains trouvés dans les sarcophages en pierre, ou dans des coffres fermés avec des carreaux en terre cuite, étaient en grande partie consumés, n'offrant plus que des restes poreux et tombant en poussière au contact, la plupart de ceux qui avaient été confiés à la terre soit dans des cercueils en bois, soit sans caisse sépulcrale, avaient résisté à la décomposition et parurent au jour étonnamment bien conservés, moulés en quelque sorte dans le lehm. Après la putréfaction du bois, le lœss envahit la cavité, enveloppa lentement le cadavre et empêcha les progrès des agents destructeurs sur l'ossature humaine, ce qui ne pouvait avoir Heu au même degré dans les grands coffres en pierre, dont la porosité amenait au surplus de continuelles eaux d'infiltration. La quantité d'eau, qui dans un moment donné avait pénétré dans l'un des sarcophages, avait atteint un niveau assez élevé pour remplir un barillet en verre, comme nous l'avons indiqué plus haut (p. 31).

Les corps appartiennent à des races d'hommes forts et vigoureux, remarquables par leur taille élevée. Nous avons signalé un squelette de femme de 1"™,85 (p. 18), un squelette de l'",97 de long; on a constaté des fémurs de 0™,43, 0"S44, 0"^,4.8, des tibias de 0^",345— 0^,375, des humérus de 0™,325 — 0™,345 en longueur. Presque tous les adultes sont morts à la force de l'âge. Il n'a paru qu'une dizaine de squelettes de vieillards.

Les mains et les pieds ont le plus souffert, cependant il s'en est trouvé qui n'avaient pas perdu la plus petite articulation. Les crânes étaient presque tous admirablement conservés. Un seul était fendu avec un instrument tranchant, probablement une épéc, détail qui n'a paru que lors du nettoyage. A deux ou trois exceptions près les têtes portaient encore la série entière de dents brillant du plus bel émail et rangées en ordre sans la moindre déviation. Dans deux cas seulement paraissent quelques dents malades.

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Types des tètes.

L'imporlance que les crânes si bien consenrés, et paraissant appartenir à la même époque, pouvaient avoir pour les études anthropologiques, ne m'a pas échappé. Environ quatre-vingts ont été remis à IL le professeur Waldeyer, après qu'une douzaine, et parmi eux de fort remarquables, m'avaient été soustraits (v. p. 2o). Vingt et quelques sont marqués du numéro de la tombe.

LfCur conformation offre des différences sensibles, comme il est facile de voir en jetant un coup d'œil sur les planches XII, XIII, XIV et XV qui reproduisent les vues de face et de profil de quelques-uns des types spécialement représentés dans notre nécropole.

Le n^l des planches XII et XIU figure un crâne doUchocéphalique, ayant appartenu à un individu mâle. Il porte le type germanique tel qu'il a pu être étudié dans les tombes alignées de l'époque franque et mérovingienne. M. le professeur V^^aldeyer le considère comme un des plus beaux exemplaires qui aient été déposés dans un musée.

Le n^ 2 de la même planche se rapproche de la classe des macrocéphales. Il porte le caractère mâle, est d'un prognalisme fortement prononcé et appartient au type brachycéphalique.

Le n^ 1 des planches XIV et XV représente un crâne macrocéphale comme on en trouve en Crimée, avec défoimation artificielle. Seul de son espèce sur notre cimetière, il provient probablement d'un individu de la race hunne ou avare.

Le n^ 2 de la même planche présente une variété nouvelle toute différente des trois types précédents. C'est un crâne de caractère brachycéphale très-accentué, au front bas avec bosses frontales proéminentes et aux larges racines nasales. Il est vraisemblable qu'il a appartenu à une femme. Il est intéressant de remarquer que, dans le nombre des crânes, quelques-uns ont une ressemblance très-frappante avec ceux de la population rurale actuelle d'Egypte, exposés au musée anatomique de Strasbourg.

En faisant la révision de tous les crânes conservés et en recueillant nos souvenirs relatifs à ce détail, nous constatons que le type brachycéphale est de beaucoup prépondérant. C'est le type généralement observé dans les cimetières gallo-romains. II est permis d'en conclure qu'à l'époque où notre champ d'exploration fut utilisé pour les sépultures, notre population urbaine appartenait encore en très-forte majorité à l'ancienne race du pays, asservie par les Romains.

Je dois ces renseignements à l'obligeance de M. le professeur Waldeyer qui prépare nn travail complet sur cette matière.

Le tableau suivant donne, d'après les mesures exactes des quatre crflnes ci-dessus énuroérés, l'horizontale de Gôllingue. La terminologie est empruntée à Broca K

Tableau de mensuration en centimètres.

Diamôtre antéro-postèrieur horizoDtaP

» • • maximum

TransTersal maximum

Basilo-bregmatique

Courbe Arontale totale

» » pariétale

• • occipitale totale

» • sus-auricnlairc

Total de la circonférence horizontale

Hauteur spino-alYéoIaire

Frontal minimum

Distance entre le front et Toreille

Distance entre l'occiput et l'oreille

Ligne naso-basilaire

Ligne basio-alyéolaire '

Largeur biinalaire

Distance des bosses pariétales

Diamètre astérique

Entre le milieu des cavités articulaires de la ma

choire inférieure

De la racine du nez au point symphysien

Hauteur symphysienne

Indice céphalique

Indice yertical

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