Ubi corpus, ossave homiais condita sunt. » Lcg. Il, i
2. Macrobius, auteur du 1V« siècle, l'atteste en disant: «Licet urendi corpora deftanctorum usus, nostro êœculo, nullus sit.» Lib. VII, c. 7.
3. V. le rapport de M. Terninck, sur les sépultures romaines et gallo-romaines de rAtrëbatie, dans le Bulletin de la commiêêion des antiquitéê départementales (Pasde-Galais). Tome H, p. 2b\ et suIt. Arras iS62.
Ej) arrêtanl la limite d'âge au milieu du IV* siècle de notre ère, je ne me suis pas seulement laissé guider par les monnaies, dont pas une n'est postérieure à cette époque, mais encore par la considération que le cimetière ne renferme aucun indice de l'invasion allémanique qui eut lieu vers 355 et qui fut probablement marquée par la ruine d'Argentorat. Partout où les peuples de la famille germanique vivaient en pleine liberté, à plus forte raison là où ils occupaient le pays en vainqueurs, ils enterraient leurs morts avec les armes'. Le guerrier germain descendait dans la tombe avec la lance et la hacbe , quelquefois avec l'épée qui lui avait servi au combat, avec le casque et le bouclier qui t'avaient protégé contre l'ennemi. * Tous les cimetières francs, saxons ou burgondes, montrent les morts armés de toutes pièces et parés comme pour une grande revue mililaire'i. Or, nous n'avons pas rencontré un seul squelette qui fût dans ces conditions. Plusieurs d'entre eux appartiennent au type germain, mais tout le mobilier funéraire déposé près des morts est conforme aux traditions romaines et indique une population pacifique, façonnée par une longue soumission aux usages du grand peuple.
Les tombes que nous avons examinées, ou dont nous avons constaté l'existence, sont loin de former tout l'ancien cimetière d'agglomération, comme on peut déjà s'en convaincre, en évaluant sur les plans I et II la surface des terres avoisinantes, évidées à des époques diverses dons l'intérët des fortifications. 11 se prolongeait vers Kœnigshofen d'une part, vers la ville de l'autre, et s'étendait des deux cdtés de la voie romaine. La partie du sud a disparu au XVP siècle, lors des travaux mentionnés parSpeckel. Le peu d'indices qui nous restent après les nombreux bouleversements du sol, nous permettent toutefois d'admettre que le cimetière avait une étendue considérable. Il devait l'avoir, l'inhumation n'y eût-elle lien que pendant un siècle et demi, car une ville de l'importance d'Argentorat, où stationnait une légion, comptait une population nombreuse, et comme les Romains n'exbumaïent point les ossements des morts dans l'intention d'utiliser la place pour de nouvelles sépultures, les cimetières prenaient par le fait des développements rapides.
1. iSns cuiqoe aima* (adliciuntur), dit Tacite en parlant des runénillea des anciens flomuina. De moHbm fiormanorum.