Voy. Mttaeum Schœpfiini, p. 105, pt. VIII, n» VI
2. Voy. l'abbé Cocuet, ta Seine- lii/érieiire historique tl archéologique , p. 408. — A. Deïii.le, Uisloire de tart da la verrerie dons tontiquité. PI. XLIV, D.
3. Cochet, la Normandie souterraine, pi. III, 18. — Chacun des deux mustes de Bonn, aiDsi ()ue celui de la ville de Spire |n* lOôl, possèdent un vase garai d'une anse de cette gracieuse forme de chaîne. La niénic anse, mais isolée et snns les vases, se Iroufc comme débris dans plusieurs collections. J'en ai rencontré une au musée national de Saint-Germain, près Paris, provenant des fouilles faites à Sainto-Beirie (Alise), deux dans le musée de Picardie a Amiens (n° 993), une dans le musée municipal, établi prés de la cathédrale de Deauvais, trois dans lit collectioD des objets antiques do Wiesbadcn, etc. Les vases, fraclurés en Irop de morceaux d cause du peu d'épaisseur du verre, n'onl pas été couservés.
Frco'er donne le dessin d'un de ces vases trouvés à Deauvais, dans le spleiidide ouvrage portant le litre; la Verrerie antique, Description de la collection Cliarvet, gr. in-toL 1879, pi. XIX, n" 88, — Cf. pi XXVIII, n" 1 la de la même publication, relativement au dessin en relief qui orne notre lagène. Le vase llguré par Frccne^h a étë trouvé à Lyon.
pagne. Peu après 10 heures, un squelette (24), orienté ilu nord au sud, entouré de plusieui'S gros clous, qui ont été recueillis, et de cinq vases, parut au Jour. Aux pieds, qui furent les premiers débarrassés du lehm, nous recueillîmes un vase à parfums en verre Manc d'une belle irisation (PI. IX, 6) et une trentaine de petits clous à lèlc arrondie. A la liauteur du bassin fut dégagé un vase en terre cuite de forme oblongue (PI. X, 7), le goulot posé vers l'intérieur du cei'cueil. Au cdté gauche du crâne un vase en verre avec goulot sans bourrelet à l'ouverture et un joli vase en argile rouge (PI. X, ô), approchant par la couleur et la ûnesse des
vases de Samos, se trouvaient entre quatre cluus, qui marquaient en quelque sorte les angles du primitif coffret en bois, rcccplacle de ces objets. Le vase le plus important pour nous à tous égards est la coupe historiée qui se trouvait â la droite de la tète. C'est un verre taillé à la meule, sorti probablement d'une fabrique grecque, dont on rencontre des échantillons dans quelques collections importantes des bords du Rhin, notamment à Cologne. Le dessons représente un chien poursuivant un licvi'c. Un arbuste est penché au-dessus de ce dernier. La taille des figures est Irès-uclte et plusieui's détails sont traités avec soin. Le mouvement
de la léle du chien, qui cherche it saisir le fuyard de ses dents et dont le cou semble défendu par un collier très-large, est étonnant de vérité. Les pieds sont moins bien dessinés. Malheureusement le verre n'est pas pur et réclame les plus grandes précautions, quand on le manie. Il est corrodé au bord et entièrement scoriacé de taches jaunes, au point qu'il serait impossible de le photographier sans faire au cliché des relouches nombreuses. La reproduction par le dessin exige même une attention plus qu'ordinaire. La planche lithographice ci-jointe figure ce précieux objet en grandeur d'exécution. Un ornement, en spirales mal rattachées l'une à l'autre et tracées d'une main peu sûre, contourne le haut de la coupe, qui mesure C"i,098 de diamètre, sur une hauteur de 0™,04*.
Quelque intéressantes que fussent ces découvertes, elles ne répondaient pas complètement à notre attente. Nous ne pouvions oublier que plusieurs sarcophages, dont le contenu devenait dans la bouche de quelques personnes l'objet de descriptions romanesques, écoulées avec une avidité croissante, avaient été exlmmés avant l'entreprise de nos travaux, et nous devions espérer en rencontrer dans le cours de nos fouilles, à moins qu'on ne réussît à nous prévenir, comme je le craignais non sans fondement. J'avais observé depuis deux jours des allées et des venues suspectes, puis les traces évidentes de recherches faites dans un but non avouable. Moyennant un système de sonde, déjà Irês-compromeltant pour la conservation des objets que contiennent ces sarcophages, et que j'avais interdit sévèrement, mais sans grand résultat*, quehjues ouvriers terrassiers, employés près de notre terrain, étaient allés à la découverte de cercueils en pierre. Ce système consistait à ouvrir de distance en distance des trous, moyennant une barre de fer, jusqu'à rencontre d'un corps dur, et à frapper successivement à coups redoublés, pour juger
t. On voit au musée Walraff de Cologne une très- importante conpc d'une facture tellement identique à celle de ce vase, qu'on dirait les deux sorlis de la môme main. Plusieurs détails sont d'une ressemblance frappante, comme les séries de stries serrées, les feuilles entaillées pour remplir les grands vides, et surtout la bordure avec ses incertitudes de dessin et de gravure à la main.
Cf. l'article «ROmisclie Glâser», par M. le professeur ats'm Weerth, dans les Jahrbiicher des Vereins von Alterthumsfrcundcn im RJieinlande , livr. LXIX, p. 50. La planche lithographiée a été faite pour ce mémoire.
2. La suite fera voir que ces essais, opérés en notre absence sur une grande étendue du cimetière, ont détruit une partie du contenu de quelques tombes importantes et expliquent le bouleversement que nous avons constaté dans plusieurs sépultures.
par le son, si Ton se trouvait au-dessus d'un corps creux. Par suîle de ce choc violent, plus d'un des vases en verre que renfermaient les Découmte sarcophages devait finir par se briser. Étant parvenu à connaître "în'^i^^i!'** remplacement d'un sarcophage ainsi trouvé, je fis aussitôt creuser le sol, ne voulant pas m'exposer au mécompte dont j'ai parlé à propos des tombes 9 et 10.
En quelques minutes, à environ 0"*,90 sous le sol, parut un coffre morian III, c, c. noiilhe de fortes dimensions (n® 25), recouvert d'un couvercle en toit à deux versants et orné aux angles de saillies quadrangulaires, sculptées avec une régularité que ne présentent pas les sarcophages précédemment exhumés. Je crus remplir un devoir en dépêchant immédiatement un courrier pour annoncer celte découverte à MM. les membres du Comité que je supposais être à Strasbourg. L'ouverture du sarcophage était fixée à 3 heures. Pendant les préparatifs qui durent être faits, tant pour opérer l'ouverture que pour assurer des places commodes aux spectateurs, devenant de moment en moment plus nombreux, un pionnier m'avertit discrètement qu'un second cercueil en pierre venait d'apparaître sous la pelle •i-rond jes militaires. Je le fis recouvrir incontinent. L'heure avancée ne nous
larcojibagr.
permettait pas d'explorer avec soin deux monuments de cette importance^ et il pouvait y avoir du danger à laisser pendant la nuit le second sarcophngc à découvert, surtout si le premier renfermait des objets de valeur. Le secret fui fi'JèIcment gardé par les militaires; à part quelques personnes, que j'ai dû inviter pour l'ouverture fixée au lendemain, personne n'eut connaissance de notre bonne fortune.
A l'heure marquée, nous pûmes commencer l'exploration impatiemment attendue.
Ouverture Cc u'cst pas saus émotiou que nous vîmes ouvrir cette tombe, peut-être premier cercueil, quiuzc OU scizc foîs séculaîrc et renfermant les restes d'un personnage notable, à juger par le luxe de Fenveloppe sépulcrale. Une masse noirâtre, qui avait dû longtemps passer par l'eau, garnissait le fond du cercueil et laissait apparaître la tête fortement décomposée et les parties principtiles de l'ossature du squelette, toute d'une teinte noirâtre et poreuse comme une pierre ponce. Le corps était couché du nord au sud , les bras pendants. Quatre vases en verre raccompagnaient. A côté de la jambe droite, un grand lacrymatoire ou verre à essences, malheureusement brisé de longue date, pareil à celui qui fut trouvé dans le cercueil en plomb n° 4 et qui est figuré sur la planche IX, 7; vis-à-vis, près du genou gauche, un flacon de furme sphérique avec goulot s'élargissant sensiblement vers Ton-
voilure; un vase ideiilifiue placé à la liauleiir des reins du côté droit; enfin un baiillel à deux anses, couclié sur la panse, l'ouverlure tournée vers la tète (PI. VI, i). Ce dernier vase, en partie lacliê de chaus, renrermail du liijuide dont la présence inattendue fut conslalée par la nombreuse assistance, et que l'analyse chimique a reconnu n'ôtre que de l'eau ordinaire. Les deux vases à goulot (PI. VII, 1) sous forme d'entonnoir étaient
renversés et posés sur l'orince; la panse de l'un et de l'autre était Inisée, peut-être par suite de la malencontreuse sonde opérée par les ouvriers. Malgi'é les recherches les plus minutieuses, ni monnaies, ni fihule ou {^uelqu'autre objet se rapportant aux vêtements, ne furent trouvés dans la terre soigneusement triée.
Parmi les assistants je nommerai S. Exe. M. le gouverneur de Schkopp; M. Back, administrateur des intérêts municipaux de la ville; M. l'archi-
Deseriplion
(la sarcophage.
Découverts
d'une tombe
formée
avec des briques.
Plan m. F. 3.
tecte Salomon et M. le 1/ Oscar Montelius, attaché au musée national de Stockholm, qui, de passage a Strasbourg, était venu me faire visite sur le lieu de nos fouilles.
Le sarcophage se distingue par la taille régulière et soignée de la pierre. Sa forme générale est la même que celle du n^ 1 déposé dans la cour de nofre lieu de réunion. Le couvercle présente des triangles formés de séries de lignes droites, serrées et diminuant de dimension. L'intérieur montre la coupe en lignes concentriques que j'ai pu observer sur un grand nombre de cercueils en pierre de Tépoque romaine. Les acrotères ou proéminences cubiques garnissant le couvercle sont divisés par deux diagonales qui se croisent d'angle à angle et forment ainsi tout naturellement des croix légèrement tracées. Dimensions: longueur dans œuvre, 1"^,84; largeur aux deux extrémités, 0",60; profondeur, 0°*,45. Épaisseur des parois latérales, 0"",08; des petites parois près de la télé et des pieds,
Il m'a paru intéressant de conserver le vase à essences dans l'état et dans la position où il a été trouvé dans le sarcophage, d'autant plus qu'une recomposition des nombreux fragments est à peu près impossible. On peut le voir dans notre vitrine, étendu sur une planchette recouverte de terre prise dans la tombe et présentant les nombreuses parcelles exactement dans leur place respective, d'après un dessin fait avant leur extraclion*. J'ai fait de même des deux carafons qui ont été trouvés renversés et placés sur l'orifice et dont le verre est trop fragile pour supporter le moindre maniement.
Pendant que je traçai l'esquisse de la situation des objets trouvés dans la tombe et que je pris les mesures exactes du monument, quelques personnes crurent devoir faire un essai d'exploration au nord-est, à une distance assez considérable du lieu de nos découvertes. Le hasard voulut que l'endroit choisi renfermât une tombe (n^ 26) des plus intéressantes, qu'on se mit aussitôt en train de fouiller sans même songer à m'avertir. Mal-
1. Ces ampoules fusiformcs paraissent avoir été très-répandues. Le sarcophage en pierre, déterré à Benfeld en janvier 1875, renfermait un vase pareil au nôtre. Les musées provinciaux de Bonn et de Trêves , le musée de Wiesbaden en possèdent chacun un bel exemplaire. J'en ai observé deux au musée Walraff et toute une série de dimensions considérables dans la collection privée de M. Gh. Disch à Cologne. Lors du déménagement des objets antiques dans le château de Saint-Germain^ il en est resté un au musée de Cluny; il y porte le n« 3055. Deville mentionne ceux d'Arles et du musée des antiquités de Rouen, o. c, p. 77.
heureusement l'heure élait trop avancée pour qu'on pût procéder à une ouverture régulière avec le soin exigé pour semblable opéralion. C'était un sarcophage orienté de l'ouest à l'est (un peu incliné vers le nord) et formé de briques qui se trouvaient élayées à la partie supérieure par une rangée de moellons posés tout autour sans trace de ciment. A mon arrivée, ces picn'cs avaient clé arracbces sur deux côtés, et les briques du côté nord étaient presque enfoncées dans le vide
du cercueil, opéré par l'extraction précipitée du lehm dont il était rempli. Un bracelet en bronze, très-bien conservé dans la tombe, avait été mis en deux par la maladresse d'un ouvrier. Prés de la tète se trouvait une coupe en verre, déjà cassée dans le lehm, mais dont les débris ont été reconstitués, et un carafon sphcrique à goulot très-évasé vers le h<tu(, qui put encore être sauvé (PI. VII, 2). On découvrit également une dent et un cluu à la hauteur du bassin. Traitées avec les précautions requises et surtout
avec le calme qui n^est pas donné à tout le monde, toutes les briqaes auraient été retirées après numérotation et la tombe pouvait être reconstruite plus tard dans le musée. On aurait sans doute trouvé plus d'un clou et on aurait pu*conslater que le sépulcre avait primitivement une enveloppe en bois, comme il me parait certain. Mais déjà l'heure avancée ne permettait plus d'employer ces précautions; je dus quitter la place, péniblement impressionné, sans même avoir pu faire mes dessins, que j'exécutai le lendemain.
Le squelette, qui était très-peu conservé et qui a appartenu à une femme, n'avait que 1™,54 de long.
Le sarcophage en question avait dans œuvre une longueur de i™,86, une largeur de 0™,45, une profondeur de 0™,28. Les briques formant le fond de la caisse mortuaire mesuraient 0°^,37 de côté, ainsi que celles qui étaient dressées de champ, deux exceptées, qui comptaient l'une 0™,41, l'autre 0°>,45 en longueur. Leur épaisseur était de 0™,055. Comme elles ne prenaient pas toute la largeur de la tombe, des briques de petites dimensions furent employées comme remplissage.
Il f ■ v-~ i — I
Nord
Plan III, F, 3.
Le dessin (page 33) et le plan à 0™,05 par mètre ci-joint peuvent faire juger de ce monument. Les briques qui sans doute fermaient autrefois la sépulture, paraissent avoir disparu depuis longtemps, comme il est arrivé au cercueil 8.
Le zèle des personnes officieuses à l'excès ne s'était pas borné à l'eAraction de cette tombe.
Presque simultanément avec elle on en avait ouvert une autre {v? 27), orientée du nord au sud et placée d'équerre avec le sarcophage en briques.
On en relira trente grains d'un collier (dix-neuf d'ane teinte vert-clair, et onze de couleur bleue), quelques restes de bronze oxydé dont la destination est encore douteuse, plusieurs artnilles en bronze (PI. XI, 2), dont un seul conservé intact, une épingle en bronze ébréchée, les restes d'un anneau ou bracelet en bois et les débris d'une coupe' en verre, sur laquelle l'action du temps a produit des figures intéressantes à étudier. J'ai reçu le
dépôt de tous ces objets, ainsi qu'une faible partie d'une parure dont le dessin ci-dessus peut donner une idée. C'était une série de palmelles en or, liées au milieu et alternant avec de petits disques en verre, encadrés d'or. Les palmettes très-minces offrent chacune deux petits trous qui indiquent le passage de l'aiguille. Elles étaient sans doute cousues sur une bande d'étoffe et relevaient par leur éclat un collier, une ceinture, ou quelque autre ajustement qu'il n'est plus possible de préciser, car la motte de terre dans laquelle se trouvait l'objet, me fut remise sans qu'on sût me dire exactement l'endroit d'où on l'avait retirée. Dans le feu de l'action, les chercheurs d'antiquités sépulcrales qui s'étaient imposés ce jour en dépit de mes réclamations réitérées, n'avaient guère donné d'attention à ces détails. Il était temps que la nuit arrêtât leur entrain, qui me donna à réfléchir.
Avant de me retirer, je fis recouvrir le squelette, auprès duquel ces nombreux et intéressants objets avaient été trouvés.
La partie inférieure de la tête et tout le reste du corps étaient dans un état de conservation étonnant.
Vendredi, H octobre. Mon premier soin en arrivant sur la place fut de Mc«ure. jordre
{irises
prendre des mesures d'ordre, pour mettre un terme aux agissements de *•""• '';,'îj*//* la veille et empêcher que mes pionniers se laissassent encore distraire dans leur travail par les archéologues improvisés, dont la coopération fantaisiste menaçait de compromettre la réussite des fouilles. Trop de dilettantisme s'était manifesté depuis deux jours au détriment de nos recherches. C'est avec peine que j'étais parvenu deux fois à constater la position exacte des squelettes dont les os étaient rapidement mis les uns sur les autres; on n'avait eu en vue que de découvrir des vases, des bracelets ou restes analogues de la dépouille des morts. Encore ces objets furent-ils presque toujours retirés sans les précautions nécessaires par les travail-
— scieurs bénévoles, qui allaient entreprendre à leur manière des fouilles sur divers points très-distants l'un de Tautre et rendre ainsi la surveillance et le contrôle presque illusoires. J'avais inutilement réclamé. Mes observations, présentées avec beaucoup de mesure et de délicatesse, n'avaient pas été écoutées. Je fis donc défense sévère à mes hommes de prêter aucun concours en semblable cas> au risque de contrarier des personnes dont le zèle pouvait avoir quelque chose d'excusable au premier moment, mais dont l'inexpérience trop constatée et l'activité fébrile m'avaient causé des frissons toutes les fois que je les avais vues à l'œuvre. Je voudrais n'avoir plus à revenir sur ce point délicat dans mon compte rendu, quoique sous ce rapport je ne sois probablement pas au bout de mes tribulations. Le voisinage immédiat de la ville, les conditions du terrain» ouvert à tout venant, la curiosité entretenue et stimulée par les exagérations de la rumeur publique, l'ambition d'avoir une part, quelque minime qu'elle fût, à l'honneur des découvertes, sinon au butin, nous ont déjà valu certains jours une assistance de plus de deux cents personnes, qu'il n'est parfois pas facile de retenir dans les limites nécessaires pour notre travail et qui ne se contentent pas toujours de suivre des yeux notre délicate opération.
iMa» m. c. 5. On commença par faire quelques recherches près de la tombe 22, dans la direction ouest. Aucune sépulture ne parut dans un espace de plusieurs mètres, mais nous pûmes conslaler l'existence d'un pavé en gros caillou) de quarlzile et reconnaître les premières assises d'une fondation en moellons et en briques, noyés dans le mortier. Le pavé paraît aussi peu antique que les substructions et remonte tout au plus au moyen âge, d'après le jugement de plusieurs personnes compéientes.
run fff. E, 5. A 8 heures et demie eut lieu l'examen de la tombe 28, qui renfermait une
petite fiole près de la tête du squelette. Celui-ci, admirablement conservé,
était placé du nord au sud. Nous n'avons point remarqué de clous provenant
du cercueil.
outertora Tout le reste de la matinée fut consacrée à l'ouverture du sarcophage
ircond ».rcopi.afe quc Ics piounicrs avaicut trouvé la veille, à côté de la tranchée, et dont
•n pierre.
j'avais fait dissimuler la découverte en le recouvrant de terre. Quelques personnes seulement avaient été invitées, parmi lesquelles je dois mentionner M. l'architecte Salomon et M. le sculpteur Dock, qui nous rendirent d'utiles services dans cette opération délicate. Nous pûmes travailler cette fois sans la gêne qu'occasionne nécessairement un public nombreux, qui peut devenir dans des moments donnés un embarras assez sérieux pour compromettre la réussite.
Le sarcophage (d" 29), placé du nord au sud, un peu moins grand de dimensions que" celui de la veille et s'émincissanl légèrement vers les pieds, présente une taille peu régulière et ne porte pas aux angles du couvercle les proéminences rappelées plus haut. Nous l'ouvrîmes peu après 9 heures. Sou conlenu excita le plus haut intérêt. Etendus
sur un fond presque noir, formé de
limon mêlé à des charbons et Fortement durci, apparaissaient les principaux ossements du squelette, dont on pouvait reconnaitte le crSne déformé, la colonne vertébrale et le bassin, les gros os des bras et des jambes. Aux pieds, et en partie engagée dans la terre, se ^^^^^^H^HK^HH
trouvait une aiguière déjà fendillée
en tous sens, et qui tomba en morceaux peu après l'extraction; tout 5 côté, un calice en verre gravé, un gracieux canthare, dont une anse seulement était visible; des deux côtés du crànc, à droite, une petite fiole
(lacrymatoire) brisée et à gauche nn verre cylindrique qui devait antrefois renfermer des essences (Cl. IX, 5), Un peu obliquement sui' le bassin nous remarquâmes un objet en cuir durci (V. dessin ci-dessus), d'une épaisseur de 8 à là millimètres. Est-ce la doublure d'une ceinture avec bourse placée devant l'estomac, comme l'ornement ou le plastron garni de bandelettes, qui se remarque sur la pierre tombale du légionnaire Largennius trouvé à Kœnigshofen? Je n'ose l'aflirmer, mais cela est
vraisemblable. La position de Tobjet, ainsi que plusieurs fragments qui en faisaient partie ^ indiquent que les courroies se prolongeaient des deux côtés. Il put être retiré sans peine, ainsi que le lacryroatoire et le verre à essences. 11 n'en fut pas de même des deux premiers vases. L'extraction du canthare surtout, dont une partie du pied et de la coupe avec une de ses anses si délicates se trouvait prise dans le lehm, exigea près d'une heure d'un travail dont je garderai souvenir, mais qui fut couronné du plus heureux succès. Le vase, dont la planche IV représente la forme gracieuse et les ornements symétriquement taillés sur la coupe, a été retiré sans la moindre lésion. Comme le barillet trouvé dans le sarcophage ouvert la veille, il porte sur diverses parties de la surface, notamment sur les lèvres, les traces indélébiles de chaux vive, qui paraît avoir été jetée dans la tombe peu avant sa fermeture. Il est sans contredit une des pièces les plus importantes de la collection. Récemment un vase presque identique de forme et d'ornementation a été retiré d'une tombe présumée chrétienne, près de l'église de Saînt-Maximin, à Trêves*. Un troisième exemplaire de la même facture, plus grand de dimension, mais ébréché au bord, orne le musée de Spire".
Le calice mesure 0°^,103 à l'ouverture, sa hauteur est de 0™,t24, dont 0"™,08 pour la coupe.
Notre gravure (page 37) donne les mesures exactes du sarcophage.
L'examen que nous fîmes de la terre et des cendres contenues dans ce second cercueil en pierre, ne nous fit trouver aucun autre objet, comme fibule, monnaie, etc. Du reste, tout a été conservé dans les sarcophages et pourra faire l'objet d'un examen ultérieur.
Il fut arrêté alors que la tranchée serait élargie vers le suJ et la terre constamment rejetée vers le nord, sur une ligne d'environ 18 à 20 mètres. Nous devions, en suivant ce système, successivement dans les autres sens, remuer tout le terrain, dont aucune tombe ne pouvait dès lors nous échapper. Première monnti.. Daus l'après-nildi on trouva la première monnaie au poignet d'un squelette (30). Un examen attentif fit voir qu'elle était percée au bord; elle était donc primitivement pondue A un bracelet qui a disparu. C'est un
t. Le calice, aujourd'hui au musée de Trêves, est décrit dans le fascicule LXIV, p. 126 dcr JuhrbUcher des Vereins von Alierihums/reunden im Bheinlande. Bono 1878. U a le même diamètre que le nôtre, mais la coupe est plus allongée de 0°>,0i6.
2. D'après Tétiquette qui accompagne ce canthare, il a été également trouvé dans un sarcophage eu pierre, lors des fouilles à Heiligeusteiu (Palatinat), en 1820.
run ni. c. d.
bronze y de pelil module , au type de Constantin II (f 340), irès-bien conservé, avec la légende: CONSTANTINVS IVN NOB G (œsar); le revers figure une porte de ville surmontée d*une étoile, le tout entouré de la légende PROVIDENTIAE CAES S.
A peu de distance de cette monnaie on exhuma une belle coupe ou patine en terre rouge, sans couverte et d*une assez forte épaisseur (PI. X, 4), avec une fiole en verre restée intacte et sans brisure (PI. IX, 4). La coupe porte sur sa partie inférieure une zone de dessins géométriques imprimés dans la poterie et observés sur d'autres vases de même espèce, notamment sur une patine de l'ancienne collection Wendel (n° 76), aujourd'hui incorporée dans le musée de Tièves.
31. Tombe orientée de l'ouest à Test. Près de la tête parut une '*'•»"'. ».«. coupe en verre brisée dans le lehm, mais dont la forme peu commune aux verres se reconnaît et peut être dessinée.
Samedi, 12 octobre. La matinée fut employée au transport des deux sarcophages trouvés Tavant-veille; ils ont été placés dans les caves du château. Les deux couvercles, déjà fendus en terre, comme il a pu être constaté, s'étaient brisés en deux lors de l'ouverture des tombes. Les restes des ossements et la terre noirâtre dans laquelle ils se trouvaient noyés, ont été conservés dans les cercueils et pourront être examinés par les hommes de science.
No 1. No 2.
Vers 4 heures on arriva à la tombe 82. On n'y découvrit plus de vase n-uiii. d,5. entier, mais une armille en bronze qui ornait le bras gauche (PI. Xî, 9), un débris de verre bosselé et quelques restes de bois tendre assez bien conservé. La tombe, qui était celle d'une jeune fille de pelile taille, avait la direction du nord au sud. Le bracelet est orné de dessins géoméhii|ues d'un bon effet et muni d'un gracieux fermoir. Le n^ 1 du dessin ci- dessus donne le fermoir et les ornements gravés en grandeur d'exéculion ; le n** 2 représente le fermoir d'une des armilles trouvées dans la tombe 27.
Une heure plus tard on ouvrit la sépulture 33. Une petite fiole était en- »*'»""», d,». terrée près de la tôle, et un vase en terre cuite aux pieds. Aulour de Tune et de l'autre tombe, de gros clous en fer oxydé constataient la présence primitive du cercueil en bois. Ce mode d'inhumation étant presque par-
tout observé clans celle nécropole, nous ne ferons plus remarquer que les exceptions, ou les cas qui présentent une particularité. né.uiioi L'examen de celle tombe fui ie dernier travail de la semaine. Les fouilles
de» ft'iiillrs
. 'ï*'» nous avaienl valu depuis huit jours la découverte de vinffl-quatre sépulcres*
première aeniaine. ta o t r
parmi lesquels quatre d'une grande importance. Le nombre d'objets extraits du sol, depuis que la Société pour la conservation des monuments dirigeail les travaux, était, sans compter les sarcophages en pierre et quelques grandes briques provenant des tombeaux 19 et 20: vingtsept vases en verre, dont la moitié intacts, neuf vases en poterie, huit bracelets, trois colliers, deux épingles, une arme et une monnaie. Et résultat plus important encore pour notre étude, rattenlion avait été portée sur plusieurs détails peu observés jusqu'ici dans les anciens cimetières.
La deuxième semaine ne devait pas être moins riche en résultats intéressants.
Lundi, 14 octobre. La température n'était pas engageante ce jour. Le thermomètre marquait à peine un degré au-dessus de zéro quand nous arrivâmes sur la place et une bise violente nous fouettait le visage. Le travail fut repris malgré ce contre-temps.
pianiii. D. 6. Vcrs 9 hcurcs parut un squelette (34), sur la poitrine duquel on trouva une espèce de grand clou en fer oxydé. D'autres clous, provenant du cercueil, et de moindres dimensions, entouraienl son corps. A la place de chaque pied nous ramassâmes une quantité considérable de petits clous • à tête bosselée. Us paraissent avoir garni une chaussure.
Plan lii, D. 6. La mémc observation fut faite pour la tombe 35 dirigée de l'ouest vers l'est. Ni Tune ni l'autre ne .renfermaient de vases.
Pion III, D, 6. Dans la sépulture 86, une petite lagène en terre cuite de couleur jaunâtre fut extraite du sol (PI. X, 6). Bientôt uu heureux coup de pioche
Bran br.rei(.t, mil à la lumièrc un bracelet en bronze, garni de grains de verre d'une
épingle
ft cheveux etc. parfaite conservation (PI. XI, 11), semblable à celui qui fut découvert en 1863 dans le canton rural d*Obernai, appelé Grûniing, et déposé dans notre collection*. Un examen attentif de la terre environnante, qui fut triée entre les doigts, nous valut la découverte d'une épingle à cheveux en argent et d'un beau grain émaillé provenant d'un collier précieux (PI. XI, 17). Ce grain, qui se trouvait dans une motte de lehm et tout isolé, ne pouvait pas être le seul reste du collier; des recherches minutieuses furent faites par tout mon personnel pendant plus d'une heure,