‹ Le cimetière gallo-romain de StrasbourgChapitre 6 sur 27 · Bullelin, ll« sér, II» vol. M. p · texte numérisé non relu

Bullelin, ll« sér, II» vol. M. p

mais sans résultat, et il fallut renoncer à la satisfaction de retrouver les restes d'un bijou que la pelle avait sans doute lancés au loin, au commencement de l'ouverture de cette tombe. Nous ne trouvâmes qu'un petit grain en verre, qui peut en avoir fait partie et un caillou du Rhin presque transparent, de la grosseur d'un œuf de pigeon, mais sans aucune trace de garniture en métal. Le corps élait enterré dans la direction de l'ouest vers l'est.

Vers 2 heures de l'après-dînée, l'ouverture de la lombe 37 nous fit mettre pi*« "ïi »» fila main sur quatre vases : une coupe ou jatte en terre cuite, une petite fiole en verre, un vase en terre cuite, sans anse, un peu mutilé, et une lagène avec anse.

Deux mètres plus vers le nord, un coup de pelle loucha et écorna légèrement le col d'un carafon, qui se trouvait rempli d'eau jusqu'au bord, au grand étonnemcnt de toute l'assistance. Prés de ce vase*, qui a pu être retiré sans nouvelle lésion, se trouvait un petit pot en terre cuite, d'une forme assez gracieuse et orné de dépressions également dislancées (PI. X, 1 ). Le plan désigne la tombe par le n° 38. ^ pian "i, d. »•

La tombe 89, ouverte à 4 heures, fut reconnue pour être celle d'une p:«nm, e. e. jeune personne de distinction.

Je parvins, non sans peine, vu le nombre et l'agitation des spectateurs, chapdenor à sauver la partie apparente d'un bijou de prix frf\ ^9 ff^ ^ fl~| g7\ jeune eue. qui ceignait le front de la défunte en forme de diadème. Le dessin ci-contre retrace la

forme de cet ornement en or, dont six paillettes seulement ont pu être retirées entières, adhérant encore à une partie de l'os frontal qui a élé conservé. De très-petites ouvertures produites par une aiguille font voir que ces paillettes étaient cousues sur une bande d'étoffe, qui a été détruite par le temps. On se rappelle que les palmettes en or trouvées dans la tombe 27 présentent la même parlicularité. — La tombe était orientée du nord au sud. Je venais de donner l'ordre de l'ouvrir tout entière pour savoir si aucun vase n'accompagnait le squelette, quand on vint m'appeler aux nouveaux remparts, à 150 mètres de là, pour constater une découverte d'un tout autre genre.

J'ai hâte de dire que dès le commencement de nos fouilles le génie militaire m'avait formellement autorisé à donner des avis aux cntrepreneijrs

1. Le carafon a été soigneusement formé après le transport en ville. Il renferme encore aujourd'hui le liquide, dont il n'y a eu qu'une faible déperdition jusqu'à ce jour (5 décembre 1880).

des U'avaux ile lerrassemeDls et autres qui se Taisaient i proximité aux nouveaux remparts.

C'est là q ie j'avais trouvé à li date du 3 oclobie les quatre ossunires en pieire ou léceptacles dûmes dont il a elé q estion plus liant et qui ont été transportés en ville avec les sarcopl oges D autres objets dont la description l'irilivc me Tairait de plus en plus comprendre 1 importance,

avaient été trouves, mutilés par ignorance ou peut-éire brocantés pour quelques francs; ils élaient perdus. sans retour. Mes visites quotidiennes aux remparts, les explications réitérées et les recommandations que je Taisais chaque jour en revenant de Kœnigshoren, où je prenais mes repas pour ne pas trop m'éloigiicr de l'emplacement de nos Touilles, ne Turent pas vaines. Elles m'avaient déjà valu ce jour même la découverte et la consei-valion de deux vases en argile, pareils à ceux qu'on trouve presque habituellement près des urnes cinéraires.

Celle fois il s'agissait bien de deux sépuUures par tncinéralion dont l'une compte parmi les plus intéressantes, situées les deux sur le versant ' ouest des nouveaux remparts, à une distance de 150 à 160 mètres du terrain que nous explorions depuis bientôt dix jours et où toutes les Lombes ouvertes jusqu'à ce moment ne dénotenl que le système d'inhumation. Malgré l'heure avancée, nous en entreprimes l'examen. Il y avait du reste péril dans la demeure, non-seulement parce que des curieux ititéresscs pouvaient les ouvrir après notre départ, mais encore parce qu'un étioulement était possible pendant la nuit sur celle peiitc rapide et menaçait de tout détruire.

La première consistait dans une urne cinéraire en argile, dont le contenu mélangé avec de la terre n'était protégé que par un couvercle en poterie ; elle était accostée d'une lagène en terre jaunâtre.

Tout à côté se trouvait un sépulcre composé de grands tuilots à rebords, ajustés de manière h former une espèce de coffre qui renfermait, outre une lagène à large panse, une grande urne en verre remplie de cendres et d'ossements calcinés.

Je me suis liâlé de tracer uu plan d'ensemble de toutes les parties, qui ont été retirées avec précaution et pourront être exactement recomposées. "^ ^^.---''^

L'olia en verre a pu être sauvée, malgré les fentes et les lésions qui nous firent craindre pour sa conservation. Quelques bandes en caoutchouc croisées en divers sens autour du vase nous rendirent les meilleurs services en celte occasion.

Il faisait presque nuit quand l'opération fut terminée. Les objets furent immédiatement transportés dans mon domicile. Les urnes ne renferment ni monnaies, ni rien qui ait pu faire partie de la toilette ou de la vaisselle des défunts.

Pour éviter toute confusion dans ce rapport, je désignerai par des lettres les découvertes qui seront faites de ce côté, où le système d'incinération prédomine, et les porterai sur le plan spécial, tracé ci-après

sous le litre : Section des remparlâ. La coupe verticale qui y est jointe, indique à quelle profondeur se sont trouvées les lombes.

Section des remparts.

Plana éz

Les deui vases en argile, qui furent (rouvés en premier lieu, sont marqués sur lu plan par la lettre A, le sépulcre dont il vient d'élre question et qui renferme l'urne en verre par B. La lettre G désigne la place d'une troisième olla, détruite par un éboulemeni, mais dont J'ai encore pu constater la forme par l'empreinte laissiJe dans le lehm.

Mardi, i5 octobre. Quelques minutes après 9 heures fui ouverte ta tombe 40. Le squelette qu'elle renferme appartient à une personne de Irès-pelite taille; les bras étaient disposés en croix sur l'estomac. La parlie inférieure du corps, a partir des genoux, manquait complètement; le reste mesurait Oi",9l de longueur. Près du bras droit, mais sur la poitrine, se trouvait un bracelet en bronze fraîchement brisé en deux par la pelle; au-dessus de l'épaule droite plusieurs grains de verre facetté, les restes sans doute d'un collier. La lête, parfaitement conservée et garnie de toutes ses dénis, a été retirée pour être déposée dans le musée ethnographique. Elle a eu le sort des précédentes, dont j'ai eu l'occasion de pailer. L'ab* sence complète de toute la parlie inférieure du corps s'explique difficile-

ment. Peut-être le sol a-t-il été remué en cet endroit à une époque plus ou moins reculée.

La tombe était parallèle au sarcophage 2& et très-rapprochée de ce dernier. Tout près, mais dans la direction de l'ouest vers Test, parut un second squelette de femme (41), ayant les bras posés comme le précédent p»" "'. d, «. et ornés chacun d'un bracelet en bronze (PL XI, 4 et 5), dont un était entier; à la hauteur des genoux nous découvrîmes deux monnaies en vonnai». bronze de petit module.

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