Avers. Tête laurée. CONSTANTINVS IVN
Devers. L'oxydation laisse encore reconnaître, quoique avec peine, une grande porte de ville.
Vers midi nous ouvrîmes la tombe 42, située au sud de la précédente. pianiii,D. e. A juger par la position du corps, dont les membres paraissaient serrés et comprimés avec force, le défunt a été enveloppé de bandes et lié dans un suaire avant d'être déposé dans la fosse. Malgré les recherches les plus attentives, ni vase, ni clous, ni aucun autre objet ayant pu appartenir au corps ou servir à son inhumation ne fut découvert. C'est le Iroisième cas d'un corps paraissant avoir été inhumé sans cercueil.
L'après-dînée fut plus heureuse. Les pionniers s'étaient a peine remis au travail que la pioche heurta contre un sarcophage en pierre (43), et presque immédiatement après contre un second (44), pendant le déblai du terrain.
Le premier, placé du nord au sud, était recouvert d'un couvercle légèrement convexe et grossièrement appareillé, sans le système de striures observé précédemment. Un ciment de très-mauvaise qualité remplissait en partie les joints. 11 put être éloigné sans aucune peine avec un simple couteau au moment de l'ouverture.
Le second sarcophage, de la même forme que le premier, mais de plus petites dimensions, élait orienté de l'ouest vers l'est.
Pendant que les ouvriers déblayaient le terrain autour des deux sarcophages et faisaient les préparatifs pour Touverlure, des exprès furent envoyés en ville pour faire connaître notre découverte aux autorités supérieures, ainsi qu'à MM. les membres du Comité présents à Strasbourg. MM. Ch. Schmidt et Salomon répondirent immédiatement à l'appel. S. Exe. M. de Mœller, président supérieur d'Alsace-Lorraine, ne tarda pas d^arriver sur notre champ d'exploration, qui fut bientôt encombré de spectateurs.
DécouverU*
de deux
•arcupbagflt
en pierre.
Plan III, D. 6.
ooTertar*. ^g preiDier sarcophage fui ouvert à 3 heures et demie. Les os du cadavre, perdus dans une couche de terre amenée avec les eaux d*in6llraUon el mélangée à une substance noirâtre, étaient à peine reconnaissables. Près du genou droit gisait un carafon, parfaitement conservé (PI. VII, i); une petite fiole fut recueillie prés de la tempe gauche du squelette. Les restes d*une barrique cerclée de très-petite dimension se trouvaient aux pieds'. Quelques parcelles de verre émaillé, que je fus assez heureux de recueillir à la même place et qui étaient noyées dans la terre, peuvent avoir appartenu à un objet de toilette, si ce ne sont pas les bulles en émail d*un vase pareil à celui qui fut retiré de la tombe 8. L'émail d'un bel azur et d'un vert tendre adhère à un verre incolore si friable qu'il 'se casse au plus léger conlact. Tout près se trouvait un petit ornement représentant la forme d'une tète d'animal et pouvant avoir servi à relever un boulon (PI. XI, 3), s'il n'y faut voir une amulette, ce qui parait plus probable. Nous avons retiré également des restes de charbons, surtout le long du tibia gauche, où il en parut une traînée d'environ 0",35 de long.
Voici les dimensions du sarcophage qui s'amincit dans la direction des pieds:
Longueur dans œuvre ,. . 1",86
Largeur dans œuvre , près de la tête 0°,55
> > aux pieds 0™,50
Profondeur A la tête 0«»,31
1 aux pieds 0",29
L'épaisseur de la pierre est de O^jlOàO",!!.
Dès que le dessin du premier sarcophage fut achevé et que l'extraction des objets qu'il avait renfermés eut eu lieu, nous entreprimes l'ouverture du second.
A notre grand élonnement le sarcophage, fermé par un couvercle, se trouva, à peu de chose près, rempli de terre inégalement rapportée. Le
1. Le musée de Picardie à Amiens renferme toute une série de bariUets mignons, comme a dû être le nôtre. Ils y portent les n<^ 960, 964; trois sans numéros se trouTont entre 826 — 827. Un exemplaire bien conserré se voit au musée national de Saint-Germain, près Paris. Il a été trouvé en 1868 dans les sépultures gallo-romaines de Canibronne (Oise). A Juger par ce que j'ai observé dans les musées du sud de TAllemagne, cette espèce de vase s*y rencontre bien rarement. L'antiquarium de Munich seul en renferme un échantillon (n® 1 476).
cercueil avait-il déjà été fouillé et dépouillé de son contenu comme les deux (9 et 10) placés dans la première rangée? J'eus garde de communiquer mes soupçons à mes collègues, que je n'avais pas encore eu le temps d'initier dans l'histoire de mes mécomptes passés, et je fis extraire, le plus soigneusement qu'il était possible, la terre que renfermait le sarcophage. Le squelette fut trouvé au fond. Une épingle en or (PI. XI, 19) et un anneau en bronze, des dimensions d'un bracelet (PI. XI, 7), placés les deux du côté droit de la léte; quelques faibles restes de métal oxydé perdus dans le lehm, à partir de l'épaule droite jusque vers le bassin; de l'autre côté un assez long morceau de bois décomposé près des pieds, un peu de poudre d'or paraissant provenir de la dorure d'un objet complètement disparu et deux morceaux d'un anneau en bois(?) furent tout ce que nous retirâmes de l'intérieur de la tombe, qui fut reconnu avoir servi à la sépulture d'une femme de petite taille. Il ne renfermait aucun vase. Le sépulcre avait été fouillé, il n'y avait pour moi aucun doute à ce sujet.
Un objet plus intéressant fut découvert hors du sarcophaffe et à ses «"«•• pieds. C'était primitivement une cassette en bois avec couvercle muni *|^o'7é"7/t'/ d'une plaque en métal portant un ornement circulaire, au milieu duquel on **" "rcoph»»». aperçoit la clef restée dans l'entrée de serrure *. Il était garanti aux angles de plaques en cuivre plus petites, mais de même forme, posées
1. J'ai remarqué récemment au MaxLmilianum d'Aiigsbourg une cnlrée de serrure analogue (n® 197). Les débris de la cassette furent trouvés en 1872, à l'angle est du jardin de M. le baron de Wonlich. Une autre entrée de serrure, mais plus grande et ornée au bord, se voit dans le musée de Wiesbaden. Elle fut découverte en 1877, lors de la construction d'une maison dans l'AItmilnsterstrasse de Mayence. Une jolie tête d'enfant laurée en bronze, les yeux en argent, qui fut trouvée plus tard au même endroit, servait de couvercle à l'entrée de serrure, et prouve avec quel luxe ces petits meuljles étaient traités. Mon dessin était gravé, quand je vis au musée de Spire un coffret restitué, presque identique au nôtre, faisant autrefois partie de la collection de M. Heydenreicb, qui a légué ses trésors archéologiques à la ville de Spire. Le musée de Saint -Germaincn-Laye renferme une garniture de coffret complète (25 pièces), qu'on dirait sortie des mêmes ateliers. Elle provient d'Amiens et porte le n® 17511. Deux autres garnitures de l'époque romaine, conservées dans le môme musée (n" 422 et 14591), proviennent de Bresles (Oise) et de Vaison (Vaucluse). La première, trouvée avec deux grands bronzes de Faustine (communication orale de M. de Mortillet), est encore, comme la nôtre, munie de sa clef enrouillée. J'ai observé ce même détail dans la garniture de coffret trouvée au mont Saint-Sauveur à Fallais et conservée au musée de Liège. Tous ces exemplaires sont ornementés à Testampille d'une manière uniforme et offrent le cercle comme principal motif de décoration.
deux a deux à équerre. Des coins en fer, trouvés à leur place primitive, avaient renforcé les angles. La plaque supérieure et les plaques complètes de deux angles ont pu être sauvées, ainsi que la serrure à laquelle adhèrent encore des parcelles de bois. Le coffret renfermait une lagène diota, flacon poraiforme, à long goulot étroit et cerclé vers le milieu d'un anneau d'où se détachent deux anses gracieusement reliées au corps du vase. Celui-ci est complètement intact'. Près de là furent encore retirés des restes presque informes de verre, paraissant provenir d'une coupe.
La position des restes de ce petit meuble, qui a été soigneusement notée au moment de l'extraction, permet de donner à titre d'essai la restitution ci-contre. Nous reproduisons à côté le vase en verre dans la position in-
clinée où il fut trouvé dans l'angle formé par deux plaques en métal Voy. aussi PI. VI, 4.
En faisant cette trouvaille, j'aurais voulu un moment me consoler par la pensée que tous ces vases appartenaient peut-être à la sépulture que nous venions de visiter; mais il parait trop étrange que le coffret n'ait pas trouvé place dans Tintérieur du sarcophage. Je suis convaincu
1. Cette forme de vase se rencontre dans la plupart des grandes collections d'antiquités, non-seulement des bords du Rhin, mais encore du nord de la France et eu Belgique. Deux exemplaires de dimensions considérables se trouvent au musée de Wiesbaden (n» 2503) et dans celui de Spire.
aujourd'hui que Tobjet accompagnait une aulre tombe, placée d'équerre avec le sarcophage et qu'il nous reste encore à explorer \
Longueur du sarcophage dans œuvre .... 1°*,80
Largeur 0°*,45
Profondeur 0",2fi
Hauteur jusqu'au couvercle 0™,36
Mercredi, i6 octobre. A 8 heures et quart je fus appelé du côté des nou- ^ll^^^arT velles fortifications pour constater la découverte de deux squelettes, p^Hnlu^'ISo. inhumés Tun (D) dans la direction du nord au sud, l'autre (E) de l'ouest à l'est. Ils se trouvaient a la distance de 124 à 126 mètres du pont à droite (en sortant de la ville), à 18 mètres de la cunelle, et environ Oj'^lo au-dessous de la profondeur des urnes trouvées dans la journée du 14. De nombreux clous en fer oxydé étaient tout ce qui s'était conservé des cercueils (V. plan, page 44).
Trois tombes furent ouvertes sur l'emplacement des anciens glacis.
45. Le squelette de la première était placé dans la direction de l'ouest ***" *"• ^ •• vers l'est. Un vase brisé se trouvait à ses pieds.
46. Même orientation. Un flacon, en forme de globe, surmonté d'un pi*""'.». 7. goulot s'évasant fortement vers le haut, fut brisé par le coup de
pioche qui en révéla l'existence. Il se trouvait au-dessus de la tôte du squelette. Les diverses parcelles retenues au moment de l'extraction par des bandes de gutla-percha se sont défaites pendant le transport. Heureusement un dessin en a été fait à temps, avec l'indication des mesures (hauteur = 0™,18).
47. Même orientation. Près de la tête du squelette , une grande fiole î^'^ J"* d. 7. en verre retirée intacte, une coupe en verre, légèrement ébréchée au
bord et un petit pot en terre cuite ordinaire, de couleur jaunôlrc, un peu entamé à la panse par la pelle.
Jeudi, il octobre. Les fouilles, continuées vers l'ouest pendant toute la matinée, nous mirent sur la trace de deux tombes qui furent examinées. De nombreux clous oxydés en avaient révélé Fexistence.
I. Des recherches faites en cet endroit le 29 mai 1880 prouvèrent que je ne m'étais pas trompé. Nous trouvâmes des restes du squelette et quel(|ues frag^ments de la garniture en métal qui avaient échappé à l'attention lors des premières fouilles. Le coffret ne se rapportait donc pas au sarcophage en pierre.
riâo III, B, «, 4g^ Le sqaelette était placé de Toaest vers Test Près de la tête se trouvait un flacon à long goulot de large ouverture, très-niahraité par des agents de toute nature, surtout par une pression latérale. Une boucle en cuivre fut retirée du lehm près de la cuisse gauche (PI. XI, 1). La forme et les dimensions de deux clous en fer sont à noter.
pun m. c. 8. 49, Tombe orientée du sud au nord. Nombreux petits clous aux pieds. Restes informes d'une coupe en verre. Le squelette se trouvait à la profondeur d'environ i^,W.
Près de cette sépulture, à S ou 3 mètres seulement du chemin qui contournait les glacis, peu élevés à cet endroit, nous vîmes paraître sous la pelle un semissis de Strasbourg en argent, perdu peut-être lors des travaux exécutés en cet endroit par les ingénieurs de Vauban.
Les mesures avaient été prises pour que les deux sarcophages en pierre, mis au jour le 15 du mois, fussent transportés en ville dans laprès-midi. Pendant que les pionniers enlevaient la terre que nous avions laissée au côté sud du dernier sarcophage, pour faciliter le renversement du couvercle et éviter un choc trop violent, un nouveau sarcophage (50) parut dans une position presque parallèle au dernier, mais à moins de profondeur et à une distance moyenne de seulement li",32. Bientôt nous vîmes paraître les quatre proéminences de forme cubique qui ornaient les angles du couvercle, taillé à deux versants.
Comme les fois précédentes, plusieurs invitations furent immédiatement dépêchées en ville. L'ouverture, fixée à 3 heures, put être faite peu de minutes après. Pour assurer une place aux autorités civiles et militaires, ainsi qu'aux membres de la Société, j'avais fait établir une barrière à distance de quelques mètres. Son Exe. M. de Mœller, président supérieur d'Alsace-Lorraine; Son Exe. M. de Schkopp, gouverneur général de la place ; M. le pciiéral Bauer; M. Back, administrateur de la mairie de Strasbourg, et M. le baron de Reichlin, faisant fonction d'adjoint, furent les premiers sur la place. La Soi'iété pour la conservation des monuments liidtoi iques était représentée par MM. Barack, Euliiig, Ilauptmann, Salomon, Ch. Schmidt et le président.
L'intérieur de la sépulture présenta un aspect étrange. Les ossements, assez bien conservés et appartenant à une femme, comme il a été constaté par des experts, se trouvaient dans un désordre diflicile à expliquer, à la surface d'un lit de lehm noirci et de la profondeur de 5 à 6 centimètres au plus. Une fracture assez notable était visible au bord du sarcophage, du côté sud. Un agent destructeur, quelque être vivant avait-il pénétré par là
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en pierre.
placé
prêt (Ift prérédeiili.
riaiiIll.D. 7.
Etat iolArieur
du
ceicucil.
et causé un bouleversement? Nous fûmes presque tentés de le croire, en trouvant près du corps la léte irés-bien conservée d'une belette qui fi{>:ure parmi les objets de la colleclîon. Un seul vase, une belle aiguière à anse,
fut retirée du cercueil. Elle était posée sur le flanc, aux pieds du squelette
(PI. Vin, 5).
Longueur dans œuvre 1"",Sfi
Largeur à la tète O'^.b^
• aux pieds 0"|,50
Profondeur O-VÎO
Épaisseur de la pierre de O^.OO à O^.IO
-sali y avait quelque chose d'imposant dans Taspcct des trois sarcophages si rapprochés les uns des autres et ne pouvant appartenir qu'à des personnes de haute distinction. Notre croquis (p. 51) en indique la position.
Remparu. Vciidredi, i8 octobre. Plusieurs découvertes furent faites aux nouveaux
urues cioèruret. j^emparts, au moment de mon arrivée, peu de minutes après 8 heuies:
\^ k la distance de 137 mètres du pont, une urne en argile grisâtre avec rebord, remplie de cendres et d'ossements calcinés, et couverte d'une parlie de son couvercle brisé. A côté, une petite urne à anse, en terre jaunâtre (F.). L'urne était simplement déposée dans le lehm. La terre environnante ne renfermait ni cendres, ni charbons (V. page 44).
2** A 2 mètres environ vers l'est et sur la même ligne que les précédentes, deux petites ollas en argile avec anse. L'urne cinéraire a probablement été entraînée et brisée par la masse de terre que les ouvriers faisaient rouler en bas. Rien n'en a été trouvé (F.).
3® A 1 mètre environ au-dessus du sépulcre B une grande urne cinéraire en verre de teinte verdâtre, parfaitement conservée, avec une parlie du couvercle en grès de mauvaise cuisson. L'urne est remplie presque jusqu'au bord de cendres et d'ossements calcinés. A côté d'elle se trouvait une petite olla en terre cuite avec anse. Aucune trace de charbons ni de cendres ne fut découverte aux alentours.
Rien n'a été trouvé sur les glacis pendant la matinée. Peu après 2 heures de l'après-midi je retirai de terre une monnaie romaine, de module moyen, près de la tête d'un squelette placé dans la Planche m. D. 7. dircctiou nord-ouest et sud-est. La tombe est désignée par le vP 51.
La monnaie appartient au règne de l'empereur Maximien (286—310). En voici la description :
Avers : Tète laurée IMP MAXIMIANVS S P F AVG.
Revers: Jeune éphèbe nu, tenant une coupe dans la main droite et appuyant contre le bras gauche une corne d'abondance. On peut lire avec quelque peine la légende GENIO POPVLI ROMANL
Samedi, i9 octobre. Aucune trouvaille ne marqua la matinée de ce jour.
Vers 10 heures les pionniers atteignirent un espace de terre remanié depuis peu; c'était sans doute la place d'où l'on avait retiré un des premiers sarcophages trouvés en septembre. Je regrette avoir songé trop tard
à la marquer sur mon plan avec re)(actitude que je pouvais y mettre alors. C'est à 1 ou S mètres près remplacement figuré par le n® 6. »*'" »". e. 7.
A 3 heures du soir nous mimes au jour un cercueil en pierre, trouvé sarcopiiag«
monolirhe trouvé
sans couvercle et rempli de terre rebéchée depuis peu. C'était un des sar- ^'<*«cophages ouverts et vidés quelque temps avant (?) nos travaux. Avait- on pensé qu'il était plus sûr de le laisser en terre, pour ne pas éveiller Taitenlion? Il est permis de le croire d'après des communications faites depuis peu de jours. Le couvercle, dit-on, fut vendu par un ouvrier employé à l'ouverture.
Un examen attentif du fond de ce cercueil, dans lequel les ossements se trouvaient confondus sans ordre (un tibia était à la place de la tête), nous fit Irouver quelques débris de verre et un morceau de silex, dans lequel M. le professeur Schimper, présent au moment de l'ouverlure, crut reconnaître un ustensile de Tàge de pierre. 11 n'avait évidemment aucun rapport avec la tombe et y avait été jeté forluilement avec la terre environnante. (52). l'Iao III, D. 7.
Le sarcophage, qui a été en partie brisé depuis par les curieux et que nous avons laissé en terre, mesure dans œuvre 1™,79 de long, 0™,56 de large à la tête, 0^,4-8 de large aux pieds, sur 0"",29 à 0™,33 de profondeur et présente des striures concentriques très-accentuées, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Les parois ont une épaisseur variable entre 0m,06 et 0'",09.
Malgré nos mécomptes, les résultats de la semaine étaient nombreux R^^suiiai
^ de* iravaiu
et encourageanis. ^ .,*•*'•
^ deuxième seniiiiae.
Nous avions constaté sur les glacis la place et la position de dix-neuf tombes, parmi lesquelles quatre sarcophages, dont deux non fouillés. Avaient été extraits du sol : treize vases en verre, dont sept entiers; six en terre, presque tous intacts; six bracelets, deux épingles, plusieurs restes de bijoux, trois monnaies romaines et quelques parties intéressantes d'un coiTret antique.
Du côté des nouveaux remparts, à environ 150 mètres vers l'ouest, les précautions recommandées aux ouvriers du terrassement nous avaient valu l'indication de deux tombes par inhumation et la découverte de quatre sépulcres par incinération. Nous en avions retiré cinq petites urnes en grés et trois grandes urnes remplies de cendres, dont deux en verre d'une qualité très-différente de celles de nos vases trouvés sur les glacis, et d'un ton vert marin très-prononcé.
Lundi, 2i octobre. Quoique le temps fût peu favorable à des explora -^ lions en plein air, ks travaux furent repris avec ardeur. 11 s'agissait de constater cette semaine, jusqu'à quelle limite le cimetière s'étendait au sud; selon toute apparence nous n'étions plus loin de la ligne suivie par la route romaine.
piiniii. c. 7. Une tombe (53), orientée du sud au nord et entourée de clous de cercueil, fut ouverte à 10 heures. Trois vases, un flacon (PI. VII, 5) et une coupe en verre (PI. VIII, 6), avec un petit pot en terre rouge de forme très-gracieuse (PI. X, 10), se trouvaient aux pieds du squelette. Ces objets étaient entourés de six clous de fortes dimensions, disposés de manière à ne pas laisser subsister le moindre doute sur Texistence primitive d'une cassette en bois, qui devait les abriter et dont la décomposition au milieu du lehm a été complète. Les vases ont été dégagés avec les plus grandes précautions et se sont trouvés intacts.
Plan III. c. 7. L'opération a été moins heureuse dans l'ouverture de la sépulture 64, orientée comme la précédente. Un seul objet sur trois, une fiole déforme ordinaire, fut retirée sans brisure; une seconde était déjà écrasée en terre cl un petit vase en terre rouge présentait une cassure au pied.
pudiii, B. 7. H restait peu d'ossements dans la tombe 56, près de l'ancien chemin des glacis. C'est à peine s'il a été possible d'en indi(|uer approximativement la direction. Les pionniers en ont retiré deux épingles à cheveux (PI. XI, 18) et quelques restes d'un bracelet en bronze très décomposé par l'uxydation.
BempariB. Vcrs 3 hcurcs et demie je fus appelé aux fortifications, où l'enlèvement
Urnes cinéraires, j^^ tcrrcs vcuait dc mcttrc au jour deux urnes cinéraires en argile, remplies d'ossements, et accompagnées chacune d'une olla à anse et col évasé. Les couvercles avaient été en partie brisés par l'éboulement des terres. Les urnes se trouvaient à une distance de 145 mètres du pont. Le plan les indique par la lettre G (Voyez page 44).
Plan III, c. 7. Mardi, 22 octobre, La tombe 56, bouleversée antérieurement, à juger par le désordre qui régnait dans le gisement des os, renfermait un bracelet bien conservé, encore attenant à l'os du bras (PI. XI, 13) et que les cliercheurs dc trésors n'avaient pas aperçu dans leur précipitation. Aucun vase n'accompagnait plus le squelette.
Vers midi, quelques débris d'un vase en grès et des clous de cercueil
Plan III. c. 7. amenèrent la découverte de la tombe 67. Le corps était placé du nord au sud.
A 70 mètres du nord du pont de la nouvelle porte Blanche, Tenlcve- '^^p"*»ment des terres avait depuis quelques jours Tait apparaître les fondations puissantes d'un édifice ancien. Les murs, encore élevés de S mètres environ, étaient en briques de fortes dimensions et avaient au delà de l^^^SO d'épaisseur. La partie qu il a été possible d'explorer, était dans la direction du sud au nord sur une étendue de plus de 6 mètres. Rien ne dénotait l'appareil romain. Cette construction est indiquée par la lettre C sur le plan II.
Au bas de ces restes de construction, à 10 mètres au-dessous dti soi, on a découvert cinq puits circulaires (Voyez plan 11, D). Une monnaie de Faustine m'a été présentée comme provenant de l'un de ces puils.
Mercredi, 23 octobre. Une épingle à cheveux en argent, à tète Tacetlée (PI. XI, 15), quelques parcelles d'un bracelet en cuivre et de faibles restes d'un vase en terre cuite furent tout ce que nous trouvâmes dans le courant de cette journée froide et brumeuse, ingrate sous tous les rapports. Le squelette porte sur le plan le chiffre 68. Rien ne fut trouvé aupiès du r^n m. c. ?. squelette 69. rim m. e. 7
Jeudi, 24 octobre. La matinée ne s'annonça pas sous de meilleurs auspices. J uvais lieu de croire que nous ne rencontrerions plus de tombes ' vers le sud; mais avant de quitter cette partie du terrain, je crus utile de faire ouvrir une tranchée de 10 mètres au moins dans cette direction. Rien ne fut trouvé (|ue des décombres évidemment rapportés d'ailleurs à une épo(|ue assez éloignée. Nous avons recueilli des restes de vases vernissés, entre autres un morceau représentant en relief une belle fleur de lis, de la poterie noire ordinaire et peu ancienne, des os de bœuf, quelques dents de sanglier, etc., mais pas un seul objet ayant pu appartenir à une tombe romaine.
A la grande satisfaction de mes pionniers qui, après les nombreuses !.«• piom.i..rs trouvailles recueillies pendant les semaines précédentes, ne pouvaient se le» irLiiXes fan*e a 1 idée d un travail sans résultat apparent, ordre fut donné d aban- leur i.-va.i donner la tranchée et de reprendre les fouilles près du sarcophage en briques 26 , dont les terres environnantes promettaient meilleure récolte. Je ne voulais pas leur faire cesser les travaux sous l'impression désagréable que leur avaient causée deux jours de malchance, assombris encore par les brouillards d'automne, qui changèrent fréquemment en pluie fine. Nous ne rencontrâmes dans l'après-midi que la tombe 60, orientée du sud au ri«niii. c.a. nord, entourée de nombreux clous de cercueil et renfermant un vase en argile, presque entièrement conservé.
iM^îîerîi Cependant la journée fut marquée par une découverte importante, du "*« plomb!" côté des nouveaux remparts. Au moment où je revenais de Kœnîgshofen, après rbeure du repas, on m'annonça que la face latérale d'un cercueil en plomb venait d'apparaître sur le flanc de la masse de terre, qui devait être mise au niveau du talus des remparts. Mon premier soin fut d'envoyer une dépêche à M. rarchitectc Salomon, pour solliciter son concours, car l'exlraclion du sarcophage, dont les dépressions étaient visibles et qui menaçait déjà de s'effondrer, me paraissait devoir offrir des difficultés sérieuses.
Dans l'intervalle, et pendant qu'on chercha à rendre Taccës de la sépulture moins diflicile, nous découvrîmes, à quelques mètres vers le nord, une urne en argile ordinaire avec anse, un gracieux carafon à bec, qui a pu servir de biberon ou de mamilla, et un coquillage étranger à nos contrées. Témoins touchants de la sépulture d'un enfant, comme on en a rencontré plusieurs sur les bords du Rhin* et en Normandie' (plan 44^ K; PI. IX, 3 et 9).
Trois heures avaient sonné quand nous pûmes commencer le dégagement du sarcophage (plan p. 44, 1). Le cercueil n'étant pas fermé, ou le couvercle s'étant effondré de longue date, il fallait extraire, avec les plus grandes précautions, la terre* qui l'emplissait jusqu'au bord. Nous étions menacés de la pluie, menacés surtout de Téboulement d'une immense masse de terre suspendue au-dessus de nous et sensiblement minée par le passage continuel de longues files de fourgons chargés de matériaux, que la locomotive traînait à peu de mètres du bord. Nous pouvions être ense-
1. Un vase en verre identique a été exhumé en février 1880 d'une tombe romaine découverte prés de la porte de l'Hôpital. Presque tous les musées et collections particulières (pie j'ai visités renferment des échantillons de ces vases à infuser, qui paraissent avoir servi à diverses Ans. J'en ai compté 25 au musée national de Saint-Germain, trouvés dans les départements du Nord, de la Somme, du Loir-et-Cher, de l'Oise, de la Seine- Inférioure, du Rhône, de Vaucluse, etc. La collection de Wiesbadcn en a réuni 21 (3 en verre et 18 en poterie). M. le colonel de Cohausen, président de la Société archéologique de Niissau , qui a bien voulu me faire les honneurs du riche musée de AViesbaden avec une amabilité dont je garde bon souvenir, vient de leur consacrer un article intéressant dans les annales de la Société archéologique de Nassau. Y. Annalen des Vereins fur natsauische Aller thumskxinde und Gesehicht/orschung ^ 1879, vol. XV, p. 273 et PI. VI, flg. 1—0.
2. A Neuviile-le-Pollet, dans le cimetière du Bois-dcs-Loges près Fécamp, à Lillebonne, à Tourville-la-llivicre, etc. Voy. La Normandie souterraine, par l'abbé Cochet; Les Pi'ocèS'Verbaux de la commission départementale de la Seine- I^fér ieu re , 11, 207.
vislis à tout moment. Aujourd'hui, que le danger est passée j'ai peine à comprendre le calme et l'assurance avec lesquels nous avons vaqué à notre œuvre, sans perdre une minute. II y avait, du reste, hâte; le jour baissait rapidement et l'examen de la tombe devait se Taire avec toute l'attention possible.
Comme l'attestaient les gros clous trouvés particulièrement aux angles, la pointe en dehors, excepté ceux du fond, le cercueil en plomb avait garni l'intérieur d'un cercueil en bois. Le squelette, de dimensions extraordinaires, car la léle et les pieds louchaient les extrémités du cercueil, qui mesurait en œuvre 1™,86, était étendu du nord au sud, la tête penchée vers le coucher du soleil et placée entièrement dans l'angle du sarcophage. Le bras gauche était étendu sur l'estomac. Près de la tête et entre les fémurs nous recueillîmes quelques parcelles de bronze et une rosette de même métal.
Malgré tous les soins que nous y mimes, le sarcophage ne put pas être retiré entier. 11 se composait, du reste, de cinq parties distinctes qui s'emboîtaient l'une dans l'autre moyennant des rebords, sans être liées par aucune soudure. Les petites faces seules purent être retirées à peu près entières. Il eût fallu, pour réussir complètement a notre gré, resserrer les parois entre des planches préparées d'avance, prendre une série de dispositions, rendues impossibles, faute de temps et de ressources, presque impraticables, du reste, à la place où nous travaillions.
Tous les fragments, parmi lesquels de fort considérables, ont été recueillis et transportés en ville en même temps que le ci âne, dont le temporal droit, par un effet de dislocation, offrait aux laï(|ues en anatomie une conformation étrange et fit les frais de stupéfiantes conversations. On n'avait vu dans l'os très-saillant ni plus ni moins qu'une corne, à laquelle l'imagination prêta bientôt des dimensions considérables.
Le cercueil a été trouvé a 4 mètres sous l'ancien niveau et à une distance du pont de 130 mètres.
Au pied, à l'angle sud-est, gisaient deux ollas en argile jaunâtre à long goulot d'une forme très-connue.
Vendredi y 25 octobre. Malgré le froid qui se faisait rudement sentir, les travaux furent continués aux anciens glacis, près du sarcophage en briques 26.
Une tombe intéressante (61) fut ouverte dans la journée. Le squelette, pi" m. c, 3. étendu du sud au nord, avait les mains jointes sur la poitrine, comme en signe de supplication; la tête inclinait légèrement vers la gauche; les
pieds, d'une parfaite conservation, étaient très-petits, vu les dimensions da squelette, qui mesurait 1d^,70. Il a été reconnu appartenir à une femme. Aucun objet, pas même un clou de cercueil, ne fut trouvé auprès de ces restes qu'on ne pouvait considérer sans émotion. Je les ûs recouvrir presque immédiatement, après en avoir fait un dessin. Ptaniii, G. 3. Un peu plus au nord, une bague en cuivre fut retirée de la tombe 62 (PI. XI, 6). Le squelette est enseveli du nord au sud.
Plan m. G. 4. Samedi^ 26 octobre. Une tombe (63), orientée comme la précédente, fut ouverte à 8 '/, heures. La tête reposait sur l'oreille droite, les bras étaient pendants. Nous retirâmes, près du crâne, un petit cruchon en terre cuite, aux pieds, un second cruchon en argile (PI. X, 3) et un flacon en verre; sur le milieu du corps se trouvait un quatrième vase en verre, mais tout en morceaux et une très-petite monnaie ébréchée, sur laquelle on lit
encore autour de la tète CONST , de l'autre côté, sous deux génies
PLC. Le type est celui de Constantin le Jeune.
La maoTai» temps Ce jour, la pluie nous força d'interrompre les fouilles, qu'il devenait
força (l'interrompra
latuavaai. impossiblc dc continuer avec fruit. Une halte me semblait nécessaire pour reprendre haleine après vingt jours, passés en plein air dans cette nécropole, au miheu d'émotions de toute nature. Il me tardait, du resté, de mettre au net les notes de mon journal ainsi que plusieurs dessins hâtivement exécutés sur place pendant la pluie et de classer les nombreux objets, munis seulement d'étiquettes provisoires. Au moment de quitter, vers 4 heures, je pus assister k l'exhumation
puniii. A.3. d'un squelette (64), un peu au delà de l'ancien chemin des glacis, dans la direction du nord au sud. Les ouvriers, employés pour les travaux des fortifications, venaient de le découvrir. 11 n'était accompagné que d'un petit vase en terre cuite très-grossière. Le crâne d'un très-beau type a été conservé et se trouve aujourd'hui au musée d'ethnographie (PI. Xl[ et XIII, 1). Il est constaté que le cimetière se prolongeait vers l'ouest jusque par delà les fortifications actuelles. Les sépultures que j'ai encore pu constater aux remparts en faisaient partie. Bon nombre de squelettes ont été exhumés au delà de l'ancien chemin des glacis, où j^ai recueilli moi-même un des crânes les plus remarquables de conformation (PI. XIV et XV, 4).
Plan m. A. 3. Il appartenait à la sépulture 65, orientée de l'ouest à l'est.
DEUXIÈME RAPPORT présenté à la séance dn Comité le 2 décembre 1878.
Messieurs,
Je ne pouvais être satisfait de l'état dans lequel nous avions laissé le terrain de nos fouilles à la fin du mois d'octobre.
Chassés par une pluie violente, qui détrempait la (erre au point de rendre toute recherche impossible, nous avions dû quitter la trace de plusieurs tombes et renoncer jusqu'à la satisfaction de mettre au moins un peu d'ordre, une certaine régularité dans les tranchées ouvertes. Aussi, quand le 18 novembre le ciel se rasséréna et parut promettre quelques beaux jours, les démarches pour la reprise des travaux furent faites. Le 20 novembre je devais retrouver mes pionniers, à Theure convenue, près la porte Blanche. Ils n'étaient cette fois qu'au nombre de cinq.
Mercredi, 20 novembre. Le beau temps fit défaut; mais en dépit d'un vent glacial dont les bourrasques ne nous incommodaient pas médiocrement, les fouilles furent reprises avec entrain, près de la sépulture 63. Plus d'une personne me taxait d'imprudence. Mes amis pouvaient avoir raison, à leur point de vue, mais ils étaient assurément loin de se douter, je ne dirai pas du charme qu'oiîient de pareilles recherches, une fois que les filons sont ouverts, mais de l'importance qu'une découverte peut avoir pour toute une étude entreprise avec des données insuffisantes et dans laquelle un seul objet, rencontré dans une tombe, pouvait subitement jeter un nouveau jour et amener une solution inattendue.
Le système d'inhumation, tel que j'avais pu l'étudier dès le premier jour des fouilles, la forme et la qualité des vases trouvés dans les tombes, les quelques monnaies, toutes les données enfin qui m'étaient fournies jusqu'ici me reportaient à une époque voisine de celle où le christianisme, prêché dans nos contrées par des apôtres venus de Rome, a pu se développer sans entraves. En levant les yeux de mon champ d'exploration, j'apercevais, à une distance de deux cents mètres au plus, l'antique église de Sainte-Aurélie, autrefois dédiée à saint Maurice, dont quelques légionnaires ont peut-être emporté le souvenir du fond de l'Helvétie et fixé le culte dans leur station d'Argentoral. Quatre cents
mèlreî plus loin, je Toyais sortir le cl:<her de Saiiii-PàerT-r-i--Vieix, »7tjî icapTae U pbce où saint Malerce a êl-rTé !e i»rerr.irr aute! «.'Kréiirn. en fare de la tïAc. En'Te les deux églises. la butte de Saint-MicLel. eclerée il j a an pea pins d*an siècle, renfermait la tombe de siiat .\ri''Dgast. le pins glorieai érèque de Tépoqae firanqae, enterré comi>e p^robablemeot £65 prédécesseurs de Tépo^jae nmaine près de la roale militaire qui traTersait notre nécnspole. Etait-il donc irap«j<5sible que mes recherches fassent récompensées par b mise aa joor (fan témoin aathenti*pe de DOS origines chrétiennes â Slrasbocrg ? Un titre en pierre. renTersé lors de rinvasion des bartiares, quelque monument couvert d*une ioscripdon enfoui dans le sol. ne p-ouTait-il pas tout â coup cous réTéler un com inconnu, ou vérifier et confirmer en quelque sorte par des indkatioifi plas précises le K-urenir de personnages, dont nos arnales ne nous ont conservé que les noms, comme il est arrivé (*«jar nos premiers évéques? Si ma confiance a été exagérée, «qui osera m>n bire on crime ? Du reste, outre la séduction qu'exerçait Tespoir d'une découvert? plus ou moins décisive, la crainte de voir bientôt le terrain envahi de matériaux pour les nouvelles constructions de la gare, m a poussé âtenlîr encore un effort avant l'arrivée des neiges.
ni.«. 4. Un seul s-quelette «661 fut rencontré ce j>xir. Deux vases en verre oot été trouvés si complètement brisés, ipi'il n'est plus guère possible d'en déterminer la forme: â la place de la main gisaient une bague en brome et une monnaie très- fruste de Constantin le Jeone. Le revers figure le labarum entre deux guerriers avec une légende qui n'est phis lisible. Le s«pelette lui-même était bien conservé et a pu être recueilli par M. le professeur Waldeyer pour le musée d'anatomie.
Lesjcntrnf^es dn Sleidu iihov^mbre n amenèrent pas de résultat seu- £11. ex sîMcl Toutefois les squelettes des tombes 67 et 68 furent conservés pour uLM^i. le musée, et une fiole en verre a été extraite de la tombe 69 sans brisure. Elle se trouvait au-dessus de Tépaule gauche. Un grand carafon entière* ment intact était placé entre les pieds, garnis de bonnes chaussures ao moment de Finhumation, à en juger par le nombre de clous trouvés en cet endroit. Le carafon était rempli au tiers d'eau d'infiltration. Ce fut b dernière tombe ouverte de ce côté. Le continuel passage des matériaux de construction et d'autres nécessités de service firent suspendre nos recherches sur cette partie du terrain. Ajoutons que les deux premières
((unbes précitées étaient placées de l'ouest à l'est; la troisième du nordouest au sud-est.
Samedi, 23 novembre. Les Iravaui furent repris à l'est du groupe de ti'ois sarcophages en pierre trouvés les 15 et 16 octobre. Une sonde, faite presque au hasard, nous fit rencontrer à peu de profondeur le squelette 70, d'une conservation rcmarriuable, mais sans vnscs funéraires. Il était dirigé vers l'est ainsi que la sépulture 71, une des plus importantes que
nous ayons eu l'occasion d'explorer jusqu'ici. Le squelette se trouvait placé sur un fond composé de dix briques, dont six étaient marquées de l'estampille de la VHP légion romaine. Les bords de ce fond étaient ch;)rgés d'une rangée de pierres brutes, formant en quelque sorte les parois d'un cercueil. Quelques madriers, consumés aujourd'hui, disposés à an^'le au-dessus du cadavre, rormaicnl-ils primitivement le couvercle protégeant les restes du défunt ou le soc de la charrue a-t-il brisé et enlevé les grands tuilots qui couvraient la caisse mortuaire? il faut te supposer, car les pierres d'un volume fort inégal n'avaient pas plus de
0«n,15 à 0™,20 d'épaisseur sur une largeur variable de 0™,30 à 0™,40, et semblaient n'avoir eu d'autre destination que d'élayer les parois du cercueil, peut-être comme au sarcophage 26 (page 32).
Le sépulcre s'amincissait de la tète au pied. A cet effet les briques inférieures ont été rognées latéralement. Voici les dimensions du sépulcre: longueur 1™,84; largeur, à la tête, 0™,50; aux pieds 0™,32. Le squelette, qui avait les bras croisés au-dessus de l'eslomac et dont les pieds avaient disparu presque sans (races, mesurait encore 1°^,60. Il portait un bracelet au bras. Un petit cruchon en terre cuite et une coupe en verre (brisée) se trouvaient au-dessus de l'épaule gauche.
Les pierres et les briques ont été numérotées et conservées avec soin. C'est la première fois que nous rencontrons dans nos fouilles l'estampille de la VIII® légion romaine, qui a stationné près de Kœnigshofen, probablement depuis l'an 70 jusqu'au commencement du quatrième siècle, et a laissé de nombreuses traces dans la contrée, surtout aux environs de la chartreuse, où la légion parait avoir établi une tuilerie.
Lundi, 25 novembre. Vers II heures, à environ 0™,40 sous terre. Plan III. F. 6. parut uu squelette (72) de belle conservation, orienté comme les précédents. Près du crâne se trouvaient deux vases en verre: à droite une coupe, à gauche une élégante aiguière. Bientôt nous vîmes une monnaie en bronze de Constantin le Jeune, posée sur la poitrine du défunt, puis entre les pieds une boucle en bronze (PI. XI, 20) et une petite Gole en verre (PI. IX, 1). De nombreux petits clous, provenant sans doute de la chaussure, furent recueillis à la même place. Une dizaine de gros clous marquaient, par leur position, la forme de l'ancien cercueil en bois, qui allait s'aniincissant de la tête aux pieds. Notons encore les traces de charbon, visibles tout le long du corps et provenant peut-être du cercueil.
La monnaie est de petit module. Sur l'avers on distingue la tète laurée
du souverain avec l'inscription: CONSTANTINVS IVN ; le revers est
entièrement oxydé et ne laisse rien reconnaître.
L'aiguière peut rivaliser avec les plus belles de son espèce que nous ayons rencontrées dans les musées. L'anse très-longue, de couleur verdâtre, est massive et pèse 100 gr., tandis que le poids du vase entier n'est que de 400 gr. Le col est orné de deux bourrelets, entre lesquels serpente un lacet de verre bleu, qui se détache à jour sur le fond du f^o\, marqué lui-même de striures régulières, contournant tout le vase en spirale. Celui-ci était étendu sur le flanc, l'ouverture inclinée vers le bas. Complètement engagé dans la terre qui l'enveloppait comme dans
un moule y et brisé en divers endroits, il ne put être extrait qu'avec beaucoup de peine, vu rexlrême finesse du verre. La lèvre supérieure du vase a dû êlre brisée au moment où il fut placé dans le sarcophage, car réclat a été trouvé dans l'intérieur du vase, au fond d'une petite quantité de lehm, que rinfillration des eaux y a successivement amené. Le vase a été reconstitué. Il mesure 0™,32 en hauteur (PL V, i)\
Dans l'après-midi nous ouvrîmes une tombe, orientée du nord au sud (73). Une coupe en \evre fut retirée de la sépulture, avec un nombre con- rion m, e, e. sidérable des clous du cercueil.
Mardiy 26 novembre. Une tombe intéressante (74) a été examinée ce runiii, e. s. jour, autant du moins que le permettaient la température et la pluie. Au côté gauche de la tête se trouvaient trois vases: un cruchon en terre ordinaire, une petite fiole en verre bien conservée et une gracieuse coupe renversée. Cette dernière présente une série de dépressions qui semblent faites pour les doigts et lui prêtent une élégance peu commune (PI, Vlll, 1). Les morceaux, car elle était écrasée dans le lehm, ont pu être réunis depuis, de manière à faire juger de l'ensemble. Diamètre: 0"^,125.
On voit au musée de Luxembourg un exemplaire complet, parfaitement identique de forme, d'un diamètre de 0"™,175. Un autre, plus petit et provenant d'une tombe romaine d'Obernai, fait partie de la collection de notre Société.
Mercredi, 27 novembre. Cette journée fut marquée par la découverte de trois tombes, renfermant chacune trois vases. Dans la première (76), naniii, e. s. deux carafons [PI V, 2; VIII, 4) étaient placés aux pieds du squelette; une coupe en beau verre de teinte bleuâtre entre les tibias. Dans la seconde (76), un carafon de grandes dimensions (hauteur : 0™,33), une belle ri.n m. e, s. lagène à deux anses, pareille à celle qui est figurée sur la planche VI, 4, et un petit vase en terre cuite se trouvaient au-dessus de ré[»aule gauche.
Les squelettes ont été exhumés et remis à M. le professeur VValdeyer.
L'anse du carafon se trouvait engagée dans l'os. L'altération que le verre a subie de ce côté, mérite constatation.
1. Le musée de NVicsbaden possède un vjise semldable, de dimeusioiis un peu plus grandes, mais aunelé d'unes manière plus simple et privé des striures en spirale. Il porte le n° 2i5l. Un autre exemplaire orne la collection des antiquilés conservées à la bibliothèque publique de Luxembourg. Il est plus petit que le nôtre (il ne mesure (lue 0™,23 de hauteur), d'un galbe moins gracieux, mais outre rorncmeut du col que nous avons décrit, il présente un lacet analogue tout le long de l'anse. L'ornement, qui est de couleur bleue sur notre aiguière, est d'un jaune opaque sur celle do Luxembourg.
pua in, E, 5. La tombe 77 renfermait un gobelet et deux carafons avec col en forme d'entonnoir, malheureusement brisés depuis longtemps. Le gobelet était près de la tête; les autres vases se trouvaient aux pieds, ainsi qu'une boucle en cuivre (PI. XI, 12) et une monnaie de Constantin de très-petit module, fort usée, mais laissant encore reconnaître le type du profil et sur l'avers un trophée (?) entre deux guerriers.
La pluie qui dura toute la journée du lendemain, ne permit pas ù mes intrépides travailleurs, qui avaient affronté le mauvais temps et poursuivi leurs opérations sans sourciller, de revenir aux fouilles. Ils les continuèrent le
Vendredi, 29 novembre, jour où nous dûmes clore la campagne, après rianiii, F, 5. avoir encore ouvert quatre sépultures. La tombe 78 nous valut la découverte d'un bracelet en bronze ainsi que des restes d'un vase en verre ; Plan iii.E, 7. près du squclelle 79 nous trouvâmes une hache en fer. La tombe voisine puniii.E. 7. go ef la tombe 81, rencontrées occasionnellement au sud de notre
Plao III. E, 7. '
cimetière, presque à fleur de sol, ne renfermaient que les squelettes. Les vases, s'il y en avait dans les tombes, ont dû être enlevés lors du nivellement de la place.
Résumé En somme 80 tombes non encore fouillées ont été ouvertes cl ont pu
des découver trs ^ .•«. •?• • 11 ,• t
faites pendant êtrc soufTuscs a notre examen jusqua ce jour, dans la section des
la cafBpnfftie
dei§78. remparts et sur les anciens glacis. Le nombre des vases rencontrés sur le terrain du chemin de fer depuis que les fouilles ont été confiées à la Société archéologique d'Alsace, s'élève à 86, dont 63 en verre. Les travaux des fortifications nous ont valu la découverte de 3 sépultures par inhumation et de 12 vases, dont trois seulement en verre. En y ajoutant ceux qui ont été remis par l'administration du chemin de fer et provenant des travaux exécutés avant le mois d'octobre, nous arrivons à ce jour au total de 120. Les frais ont élé relativement peu considérables, grâce à la générosité du génie militaire. Il reste encore 8 fr. de la somme de 600 fi*. qui a été mise à ma disposition par le Comité sur le crédit de 1000 fr. voté au budget pour fouilles; il fr. ont élé dépensés pour courses et recherches faites à Kœnigshofen, depuis octobre 1878, 545 fr. pour les fouilles de la nécropole.
Il est désirable. Messieurs, que les travaux puissent être repris à la belle saison. Un espace considérable, en ce moment couvert de matériaux de construction, sera le premier entamé, dans la supposition qu'il soit libre; nul doute qu'il ne nous fournisse d'utiles résultats pour nos investigations.
TROISIÈME RAPPORT présenté à la séance du Comité le 4 aoiit 1879,
Messieurs,
Huit mois se sont écoulés depuis que j*ai présenté mon dernier rapport sur les fouilles opérées près de la porte Blanche, et il y a peu de jours seulement que les travaux ont pu êlre repris dans Tantique nécropole, qui, sur plusieurs poinis, s'est dans ce long intervalle revêtu de verdure et de fleurs parasites. Je n'ai pas besoin de dire que les pluies prescpie continuelles, dont nous avons été affligés de|)uis le printemps, ont rendu impossible la continuation du travail sur le futur emplacement de la gare centrale. Ce n'est pas à dire que je n'y sois retourné, du moins pour voir si tout était resté en bon état et pour prendre des informations sur les trouvailles qui pouvaient avoir été faites dans les environs. Mon carnet ne marque pas moins de seize visites faites à des intervalles |)lus ou moins rapprochés, au champ des morts, aux nouveaux remparts et àlvœnigsliolen, d'où des correspondants sûrs venaient me renseigner prescpie cliaciue semaine de ce qui pouvait intéresser nos fouilles.
Dans la séance du 7 avril* jai eu riiormeur de vous entretenir de la découverte d'anciennes sépultures faite, il y a quelques années, à Kœnigshofen dans les maisons de M. Clausing (n^ 152) et de M. Miesmer père (n** 124-), et d'exposer celle de plusieurs tombes antiques rencontrées pendant le mois de mars dans la propriété Schneider, près du chemin de fer, à 00 mètres environ de la route. Le procès-verbal de juin renferme une communicalion sur une tombe trouvée la veille de l'Ascension, à Tomi.!» mmaino
troiivép piPK
Tangle sud-ouest de l'ancien corjis d(i garde de la porte lUanche, à ***" ^""^''•^"'"*''''' environ 200 mètres de la partie du cimetière romain que nous
1. V. rroccs-verl)al de la séance du Comité du 7 avril 1871», p. 3« (»( «uiv. — Procèsverbal du 5 mai, p. i3.
avons explorée en automne, et formant le premier jalon qui indique son prolongement vers Téglise de Saint-Pierre-le-Vieux. Elle était exactement orientée de l'ouest à Test et se trouvait à peine à 0",20 au-dessous des premières assises de la construction. Les restes d'une intéressante coupe en verre très-épais (PI. VIII, 7), d'un carafon en verre blanc et d'une gracieuse ampoule au cou contourné d'un filet en verre bleu et orné sur la panse d'un réseau de filigranes en verre, autrefois dorés, ne laissent aucun doute sur la provenance romaine. Le nombre et la position des clous trahissant l'existence d'un cercueil en bois, aujourd'hui disparu, font ranger celte sépulture dans les catégories de celles qui prédominent dans notre champ d'exploration ^ où j'ai installé mes pionniers au service de la science, à la date du 29 juilIeL
Une notable partie du terrain reste encore à explorer. Après quelques vérifications préliminaires, nous devions nous rapprocher le plus possible de l'extrémité orientale du cimetière, terrain en ce moment provisoirement couvert de rails et portant une double voie ferrée pour le transport des pierres et autres matériaux de construction. Disposant d'un nombreux personnel, — j'avais demandé et obtenu douze hommes — je devais, pour l'acquit de ma conscience, vérifiej* s'il n'existe pas une seconde rangée de sépultures plus antiques au-dessous de celles que nous avons pu examiner. La découverte faite en automne, du côté des remparts, d'un sarcophage en plomb à plus de deux mètres au-dessous d'urnes cinéraires et de corps inhumés, me commandait de faire au moins un essai sur l'un ou l'autre point de la nécropole, avant d'entretenir de mes fouilles les savants anthropologues qui vont se réunir prochainement dans notre ville.
A cet effet, une large tranchée fut commencée dans la direction nordouest et continuée les jours suivants jusqu'à une profondeur de 2™,90 à 3", 40 du niveau actuel, sur une longueur de près de 20 mètres. Aucune rangée inférieure de tombes ne fut rencontrée, ni ce jour, ni les suivants, où le travail fut poussé avec une grande vigueur.
Dans les journées du 30 et du 31 juillet trois tombes marquées sur le plan
rian m E. 5. par Ics u®* 82, 83 et 84 ont été ouvertes à proximité de la tranchée. Elles
se trouvaient à des profondeurs inégales, variant entre 1™,10 et 0°^,oO.
Près de la tête du squelette 82 parurent les débris d'un verre à essences