FILMS D'ENSEIGNEMENT ET DESSINS ANIMÉS
Pour beaucoup de gens, le film d'enseignement est une œuvre de vulgarisation, destinée à donner des notions générales sur un sujet choisi.
Dès l'abord, il convient de faire une distinction entre le film, pure leçon de choses, et celui plus résolument scientifique. Dans le premier cas, le cinéaste est guidé par le désir de renseigner, alors que dans le second, c'est le souci d'instruire qui prévaut.
i\ous avons tous observé, durant des jours ou des semaines, la lente éclosion des fleurs, et parfois même avons-nous regretté que cette manifestation de la vie végétale ne puisse être observée à l'œil nu dans la continuité de son développement. Or, le cinéaste est venu nous renseigner sur cette continuité, grâce à l'image animée, qui possède le privilège insigne de montrer, en un temps très court, et avec une accé-
LE CTNÉMA
lération convenable, ce que la nature demande plus de temps à achever.
Les livres de l'entomologiste Fabre nous ont familiarisés avec la vie des insectes. Opportunément, le cinéma a caché son objectif dans le feuillage, pour montrer en un raccourci vivant leur existence et leurs métamorphoses, ajoutant ainsi à l'observation de l'esprit le langage direct de la nature.
De nombreuses expériences de physique amusante ont précisé à l'écran les effets de l'air liquide, de la pression atmosphérique ou de la dilatation des métaux.
A ces films, le public a toujours gardé sa faveur. Il suffit d'en renouveler quelque peu les formules de présentation pour en entretenir constamment l'intérêt. Un des modes les plus plaisants qu'il nous fut donné de voir à l'écran était l'étude de la nature sous l'aspect de promenades d'un groupe d'enfants, accompagnés de leur maître, qui prenait prétexte de la curiosité de l'un, de l'observation d'un autre, pour faire un court exposé, et préciser, en les développant, les notions acquises dans les livres.
Sans déplaisir, le spectateur participait à cette promenade, en auditeur libre.
Vient ensuite le film d'enseignement proprement dit, ou plus précisément le film éducatif, qui s'adresse à l'enfance.
Or, une des premières difficultés est de ne pas rebuter l'esprit de l'enfant par des considérations trop abstraites, dont il cherche en vain une représentation concrète. Cette partie concrète, on la demande au Cinéma. Enfin, le film
FILMS D'ENSEIGNEMENT
éducatif ne devra, en aucun cas, se substituer à la leçon du maître, mais la compléter.
On devine tout de suite dans quel sens ces films sont faits. Il ne s'agit plus de donner des notions générales, mais de lïmiter le film à l'objet de la leçon, en l'illustrant pour préciser à l'élève les points trop abstraits.
Après l'explication, la vue du réel. Et c'est à la fin de cetfe projection qu'on demandera à l'enfant de résumer ses impressions et de démontrer qu'il a compris et la leçon du maître, et la leçon du film.
Prenons comme premier exemple un sujet emprunté à l'agriculture : le blé en France.
L'analyse du film (i) donnera une idée du soin avec lequel les scènes ont été choisies :