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Chargement d'une charrette et rentrée du blé à la ferme

ik. Moissonneuse-batteuse en action.

15. Scène de battage à la ferme. Différents tableaux du travail des hommes et des machines.

16. Sortie du grain sur le côté de la batteuse et mise en sacs.

Précédé de la leçon du maître, ce film a le mérite de montrer sous une forme animée un des aspects de la vie rurale, non pas de façon incohérente, mais avec le souci d'initier l'enfant aux différentes phases de la production du blé, en mettant en relief le travail des hommes et l'utilisation des machines.

On imagine la difficulté qu'éprouve un jeune écolier à comprendre le mécanisme d'une machine à vapeur. Très adroitement, Jean Brérault, qui a renouvelé le film éducatif par l'apport d'idées nouvelles, a montré une vue d'ensemble d'une machine à vapeur fixe, en plein fonctionnement dans une usine d'élévation des eaux. Après quoi, la machine s'étant arrêtée, on a superposé un schéma animé à la vue réelle.

Ce schéma montre, en coupe à travers le cylindre et la boîte à vapeur, le mécanisme de distribution et d'échappement automatique. Le mouvement est d'abord très lent, pour permettre une bonne observation de la part d'élèves moyens et pour laisser à l'instituteur le temps de donner les explications nécessaires. Le mou-

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vement s'accélère ensuite jusqu'à retrouver le rythme normal du fonctionnement de la machine. La vue réelle revient se superposer au Schéma animé qui disparaît à son tour (i).

Grâce à l'ingéniosité de cette présentation, l'enfant voit se dissiper le mystère apparent d'un mécanisme simple, mais dont son jeune cerveau n'arrivait pas toujours à saisir le fonctionnement.

Un fleuve de l'importance du Rhône présente au point de vue étude un intérêt d'autant plus vif que son trajet, de la source à l'embouchure, montre — en dehors des grandes villes qu'il traverse — une grande variété de paysages, qu'il est intéressant pour l'enfant de connaître.

Au départ, le film fixe un glacier d'où s'échappe un ruisseau. C'est la source du Rhône. Premier émerveillement : trente kilomètres plus loin, déjà agrandi, le Rhône coule dans des gorges encaissées. Peu à peu, son lit s'élargit. Majestueux, il entre dans le lac Léman, puis redevient torrent. On discipline sa force, on utilise, au moyen de barrages, son énergie... Tout cela se matérialise sous les yeux de l'enfant, par des vues directes, adroitement filmées, qui mettent en valeur et la scène présentée, et la leçon de l'éducateur, qui, ne l'oublions pas, a précédé la projection.

Il est essentiel que ces films aient une durée assez courte, pour que l'attention de l'enfant

(0 Le Cinéma partout et pour tous.

ne soit pas distraite, même involontairement.

Enfin, ces projections ne nécessitent pas le déplacement des élèves. Elles ont lieu à l'école même, dans la classe où le matériel de projection, habituellement enfermé dans une armoire, est rapidement mis en ordre de marche. Il s'agit bien là d'enseignement, d'utilisation du cinéma dans un domaine nouveau, où il a pris sa place, pour aider, dans la mesure de ses moyens, les éducateurs, dont la tâche est' souvent ingrate.

La production de ces films, destinés au cours moyen, se généralisera-t-elle un jour pour les études secondaires ? Il faut laisser au Corps enseignant le soin de répondre. Or, un de ses arguments est qu'il est bon d'obliger l'esprit de l'élève à un certain travail personnel, sur les données et les explications du professeur. La valeur de cet argument n'est pas niable. Mais, en raison des résultats déjà obtenus par le cinéma, il est à prévoir que le Corps d'enseignement jugera intéressant, dans certains cas, de faciliter aux élèves la compréhension d'une question trop ardue.

A cet égard, j'ai assisté à la projection d'un petit film sur le pendule, qui montrait, d'une façon remarquable, le mécanisme des oscillations.

Le film d'enseignement, en particulier celui qui s'adresse à l'enfance, possède sa technique, qui tient compte de la jeunesse des cerveaux auxquels il est destiné.

Si ces films sont courts, chaque vue est relativement longue. A cela, deux raisons : en pre-

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mier lieu, l'enfant a tout loisir d'observer,- même dans une vue simple. De plus, le maître peut, s'il le désire, la commenter et solliciter l'attention de l'élève sur tel point qu'il désire lui faire bien comprendre.

On simplifie aussi la présentation de ces films en évitant d'y introduire ce qui pourrait distraire inutilement l'esprit de l'élève, ou le fatiguer, tel qu'un travelling trop long ou saccadé. Tous les plans s'enchaînent sans heurt.

En bref, cette vue du réel se présente à lui comme s'il le découvrait lui-même, mais l'on guide son imagination.

En France, depuis longtemps déjà, on a produis des films de court métrage, œuvres de vulgarisation scientifique. C'est Charles Pathé qui, le premier, eut l'idée de photographier les microbes, et il confia ce travail au Dr Comandon. A cette époque, le studio où avaient lieu les prises de vues faisait songer, par son ordonnancement, à un laboratoire d'alchimiste moderne, dont seul le Dr Comandon connaissait les secrets.

Certains de ses films s'adressaient à la grande foule anonyme des spectateurs. Les faits étaient traduits en langage cinématographique, sous une forme simple, accessible à tous. D'autres étaient plus résolument scientifiques et s'adressaient alors à des initiés : circulation sanguine, voies respiratoires, action, sur l'organisme, des infiniment petits...

L'élan était donné. On avait compris que le cinéma pouvait servir à d'utiles observations.

Plus tard, un jeune, Jean Painlevé, élargit

encore ce nouveau champ d'action. Après avoir produit des films tels que Hippocampe ou les chevaux marins, qui révélait un aspect inattendu de la faune sous-marine, ce cinéaste aborda des sujets plus difficiles, où le cinéma devenait moyen d'investigation analogue au microscope.

Devant les résultats obtenus, on reste émerveillé des possibilités de l'image animée et de l'aide qu'elle peut apporter à tous : au savant dans ses recherches, à l'industriel dans son entreprise, à l'éducateur dans sa mission.

La chirurgie se sert souvent du cinéma, et occasionnellement du ralenti. C'est un moyen commode pour permettre à tous les étudiants et étudiantes de bien suivre le détail d'une opération chirurgicale, d'autant mieux que les vues s'accompagnent quelquefois d'un schéma explicatif animé.

Ces schémas, on peut les développer pour en former un tout, qui se substitue totalement ou presque, aux vues directes. En partant dé cette idée, le cinéaste de Hubsch a créé ce moyen d'information schématique filmé dénommé : Les trois minutes.

Son premier film, si je ne me trompe, avait trait à la circulation routière, et plus particulièrement à la façon dont un accident peut se produire quand un automobiliste en double un autre.

Depuis lors, ces informations schématiques filmées se sont étendues à d'autres aspects de la vie sociale et internationale : le parachutiste, le problème de la natation, les secrets du vol à

DESSINS ANIMÉS l5l

voile... Toujours conçus selon la même formule, ces petits films, tournés image par image, selon le principe adopté par les réalisateurs de dessins animés, sont d'authentiques chefs-d'œuvre. Sans doute est-ce là la formule qui se rappro-

' che le plus du film d'enseignement pris au sens d'œuvre de vulgarisation, destinée à donner des

, notions générales sur un sujet déterminé.

C'est au Chat Noir, le célèbre cabaret montmartrois, fondé par Rodolphe Salis, qu'est né le dessin animé.

Son inventeur, Emile Cohl, eut un jour l'idée d'animer cinématographiquement les ombres chinoises, une des principales attractions de la maison. Bien entendu, il n'était pas question de décors. Ce premier perfectionnement fut l'œu-

I vre du dessinateur américain Bray, dont le personnage, Mentoultant, sorte de Tartarin perpétuellement interloqué, se mouvait dans des paysages fantasmagoriques.

Une pléiade de dessinateurs américains suivit la voie tracée par Emile Cohl et Bray. Pat Sullivan créa Félix-le-Chat, animal à l'âme de philosophe, dont le succès fut immense. Max Fleischer mit au monde le clown Koko, et imagina le premier d'être lui-même le partenaire à l'écran de l'éternel mécontent qu'était son personnage. Avant de délaisser Koko pour créer Popeye — le célèbre Mathurin — Max Fleischer agrémenta certaines mélodies populaires de petites illustrations dessinées sur chaque mot. Une petite boule blanche rebondissait alors au rythme de la chanson. Vers la même époque, Walt Disney délaissait, lui aussi, sa première

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