FINANCEMENT DE LA PRODUCTION I7I
Le besoin d'argent liquide se fait rapidement sentir, et ils font alors appel au capital par une voie détournée, en demandant aux organismes de distribution régionaux de jouer le rôle de bailleurs de fonds...
En se basant sur la valeur commerciale du sujet choisi, sur les noms des principaux interprètes, ces distributeurs consentent à un producteur des avances sur les rentrées futures de recettes aux guichets des théâtres cinématographiques.
Ces avances sont généralement consenties sous forme de traites, et le producteur doit les escompter, à un taux plus ou moins onéreux, pour obtenir l'argent qui lui manque. C'est une première charge pour le film et un amoindrissement, dès le départ, des bénéfices éventuels.
Le producteur se retourne aussi vers le studio, vers le fournisseur de pellicule vierge, vers l'usine de développement et de tirage, pour solliciter du crédit...
Pour tout dire, le crédit est ainsi éparpillé sur une quantité de créances, qui sont autant de difficultés en puissance, d'embûches possibles.
On conçoit sans peine les risques sérieux qui menacent la vie commerciale d'un film lorsqu'il est grevé, dès avant son exploitation, de charges diverses nées pour la plupart de l'insuffisance trop manifeste du capital initial qui a servi à sa production.
Voilà une des formes actuelles du financement d'un film. Il en existe beaucoup d'autres...
Au regard d'un capitaliste averti, ces méthodes n'offrent aucune sécurité, et ne l'incitent
nullement à apporter son concours financier à une entreprise dans laquelle il discerne mal le contrôle qu'il peut légitimement exercer et dont les possibilités sont hypothéquées au départ.
Ceux qui ont le désir de créer une entreprise saine et rémunératrice pour tous — et il n'en manque pas dans le cinéma ! — sont seuls capables, en fournissant les garanties nécessaires, d'inspirer confiance aux capitalistes, en leur présentant, cela Va de soi, le compte détaillé des frais de production et un exposé précis de la politique commerciale qu'ils entendent suivre.
Si cette condition est remplie, on n'aura plus à redouter les concours financiers de la dernière heure, qui coûtent toujours très cher, en raison des exigences dont font preuve, la plupart du temps, ceux qui aident un producteur à terminer un film arrêté par manque d'argent.
Les récentes mesures adoptées pour assainir le marché cinématographique français ne pourront que contribuer à éliminer ces pratiques fâcheuses et nuisibles à l'essor de l'industrie cinématographique de notre pays. En particulier, la suppression du double programme est une mesure qui s'imposait. Elle permettra un meilleur rendement pour chaque film, en supprimant l'avilissement de la location, dû à la mise sur le marché de films médiocres, dits de « première partie ». Cet état de choses ne se justifiait qu'en raison du prix médiocre de location du film de « première partie », qui grevait par ailleurs d'autant le rendement réel du grand film.
Certes, le producteur d'un film financé de