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FINANCEMENT DE LA PRODUCTION

manière rationnelle aura d'impérieuses obligations vis-à-vis de ses commanditaires ou de l'organisme de crédit qui lui aura fait confiance, mais, en revanche, il pourra suivre plus librement l'exploitation de son film et imposer, si nécessité il y a, ses vues aux distributeurs auxquels il confiera ce soin.

Un film est terminé, prêt à être mis sur le marché. Une maison de production importante peut assurer elle-même sa distribution, mais à côté des grandes sociétés qui procèdent ainsi, il existe des producteurs indépendants qui demandent à un organisme de distribution de se substituer à eux pour louer leurs films.

Cet organisme s'adresse à tous les propriétaires de théâtres cinématographiques, et loue le film pour une durée et à un taux déterminés, selon les modalités en usage dans l'exploitation.

Les théâtres encaissent des recettes plus ou moins importantes, sur lesquelles l'Etat prélève tout d'abord les taxes dont il a fixé le montant, sans préjudice de certains droits d'auteurs.

Sur les recettes nettes, c'est-à-dire déduction faite des taxes et droits d'auteurs, un pourcentage est retenu par l'exploitation, qui verse le surplus au distributeur.

A son tour, celui-ci prélève, sur les sommes qu'il encaisse, un pourcentage représentant sa commission pour avoir assuré la distribution du film, et il transfère enfin le reliquat de ces sommes au producteur.

Ainsi se termine, en territoire national, le cycle des opérations.

La distribution est une chose difficile. Elle sup

pose d'indéniables qualités de commerçant, et une connaissance approfondie du marché cinématographique français, d'autant plus nécessaire que, par le jeu des locations d'un film, on peut facilement obtenir des différences de rendement considérables — si la politique commerciale adoptée n'a en vue que l'intérêt du distributeur et non pas celui du producteur.

Il est en effet tentant pour un distributeur qui exploite à la fois plusieurs films de qualité différente de se servir du meilleur de ces films pour imposer, aux propriétaires des théâtres cinématographiques, la projection des autres.

Un film étant une œuvre cinématographique, on ne peut raisonnablement exiger qu'il en soit produit tous les ans un nombre déterminé, — au risque de vouloir industrialiser des qualités d'intelligence, des dons de création qui demandent à être mûris, travaillés, sans qu'on les oblige à s'exprimer dans un laps de temps défini.

Ici, il me faut tout de suite préciser ma pensée :

Si l'art cinématographique exige, pour créer une œuvre, le temps nécessaire à cette création, cela n'implique en aucune manière l'absence, même partielle, de méthodes de travail, de contrôle financier et d'une discipline qui est exactement le contraire d'un gaspillage de temps et d'argent, que rien ne saurait justifier.

Nous savons maintenant qu'une grande partie de l'insuccès du film est due à un travail préparatoire insuffisant. Nous savons aussi que ce travail préparatoire est de beaucoup le moins coûteux, puisqu'on peut à loisir modifier le dé-

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