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FINANCEMENT DE LA PRODUCTION

coupage d'un scénario, sans que les frais qui en résultent se rapprochent, même de très loin, des sommes que représente une simple journée de travail en studio.

Plus le découpage d'un film sera travaillé, plus on aura de chances d'atteindre à cette qualité hautement désirable, qui ne peut être obtenue, en fin de compte, qu'en poussant à l'extrême, jusque dans ses moindres détails, le développement de l'idée et sa transposition cinématographique.

Peu importe que ce découpage nécessite six mois de travail, un an même, voire davantage.

Ce travail, qui, en grande partie, est responsable du succès du film est en outre le seul moyen d'éviter le gaspillage et la perte de temps, dès l'instant où les prises de vues commencent, accompagnées inévitablement de dépenses extrêmement élevées.

D'après des études qui ont été faites il appajraît que la production cinématographique française devrait se limiter à cent vingt films par an.

Ce qui vient d'être exposé semble indiquer [que le problème ne peut être résolu d'une mainière quantitative. Toute limitation, dans un |sens ou dans l'autre, serait arbitraire. Chaque film produit devant avoir d'indéniables qualités I artistiques, en dehors de la perfection de sa présentation technique, la production cinématographique ne peut s'identifier avec un travail en îsérie.

D'aucuns objecteront sans doute que les nécessités du marché cinématographique français per-

mettent de produire un nombre minimum de films par an pour satisfaire aux exigences de la clientèle. Mais croit-on sincèrement que cette clientèle se satisfera longtemps encore d'une production de qualité insuffisante, dans laquelle elle retrouvera chaque semaine les mêmes procédés, la même pauvreté de développement, en un mot l'aspect uniforme de ces films dont on dit que leur carrière est « difficile ? »

L'expérience est là pour démontrer le contraire, car comment expliquer le succès prodigieux de certaines productions praticulièrement réussies, ou de ces bons films qui reçoivent un ac4 cueil très favorable, si ce n'est que le public est heureux d'applaudir un film qui marque un réel effort...

N'est-ce pas là le meilleur argument à opposer aux partisans d'un nombre déterminé de films ?

Ne pourrait-on pas, dans le cadre de l'activité économique du pays, alléger les charges fiscales qui pèsent sur une industrie comme celle du cinéma ?

Ce n'est pas un secret que le montant total des taxes perçues aux guichets des théâtres cinématographiques grève lourdement la production, — et nous savons par ailleurs que les restrictions monétaires et autres rendent difficile l'exploitation de nos films en Europe.

Il semble donc qu'un effort doive être fait dans le sens d'une diminution de ces taxes, — ce qui donnerait aux producteurs français un revenu supplémentaire appréciable, et aurait une heureuse répercussion sur le Capital qui trouverait

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